L’asthme d'effort ou induit par l’exercice


L’asthme d’effort, que les médecins appellent aujourd’hui bronchoconstriction induite par l’exercice, est un rétrécissement passager des bronches déclenché par une activité physique. Il peut toucher des personnes asthmatiques comme des personnes qui n’ont aucun autre symptôme d’asthme, y compris des sportifs de haut niveau. Bien diagnostiqué et pris en charge, il n’empêche pas de faire du sport.
Les symptômes
La gêne apparaît typiquement pendant un effort soutenu ou, plus souvent, dans les minutes qui suivent son arrêt :
- essoufflement inhabituel et difficulté à reprendre son souffle ;
- toux sèche ;
- sifflements à l’expiration ;
- sensation d’oppression dans la poitrine.
La crise atteint en général son maximum quelques minutes après l’effort et disparaît le plus souvent spontanément en moins d’une heure. Après une crise, il existe souvent une période réfractaire de quelques heures pendant laquelle un nouvel effort provoque une gêne moindre, voire aucune ; cette protection est toutefois inconstante.
Pourquoi l’effort déclenche-t-il la crise ?
Pendant un exercice intense, on respire plus vite et souvent par la bouche. L’air n’est plus suffisamment réchauffé ni humidifié par le nez : il refroidit et dessèche la muqueuse des bronches, qui réagit en libérant des substances provoquant la contraction des muscles bronchiques. L’asthme d’effort n’est donc pas déclenché par une allergie, même s’il s’associe fréquemment à un asthme allergique.
Les conditions extérieures comptent beaucoup. L’air froid et sec est le facteur le plus classique, ce qui explique la fréquence de l’asthme d’effort dans la course à pied en hiver ou les sports de neige. La pollution atmosphérique, les pollens et, dans les piscines, les dérivés du chlore peuvent aussi irriter les bronches. La natation en atmosphère chaude et humide est en revanche souvent mieux tolérée.
Le diagnostic
Les symptômes ne suffisent pas : un essoufflement à l’effort peut avoir d’autres causes, cardiaques notamment, ou tenir simplement à un manque d’entraînement. Le médecin, souvent un pneumologue, mesure le souffle par spirométrie au repos, puis après un test d’effort ou un test de provocation ; une baisse significative du débit expiratoire après l’exercice confirme le diagnostic. Comme l’asthme d’effort peut révéler ou accompagner un véritable asthme, il doit être pris au sérieux.
Prévenir et traiter
Plusieurs mesures permettent de pratiquer une activité physique dans de bonnes conditions :
- un échauffement progressif, qui réduit souvent l’intensité de la crise ;
- par temps froid, respirer par le nez et protéger la bouche par une écharpe ou un masque ;
- éviter l’effort intense lors des pics de pollution ou de pollens ;
- suivre le traitement prescrit, qui peut comporter un médicament inhalé à prendre avant l’effort, et un traitement de fond si un asthme est associé.
Le choix du traitement et de sa dose relève du médecin. Une crise qui ne cède pas, s’aggrave ou s’accompagne de difficultés à parler impose de consulter en urgence.



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