Maladie de basedow


La maladie de Basedow est une maladie auto-immune de la glande thyroïde : le système immunitaire produit des anticorps qui stimulent la thyroïde en permanence, ce qui provoque une hyperthyroïdie. C’est la cause la plus fréquente d’hyperthyroïdie, et elle touche surtout des femmes. Elle porte le nom du médecin allemand Karl Adolph von Basedow ; les pays anglophones parlent de maladie de Graves, d’après le médecin irlandais Robert Graves.
Mécanisme
Normalement, la thyroïde produit ses hormones, la T3 et la T4, sous le contrôle de la TSH, une hormone sécrétée par l’hypophyse. Dans la maladie de Basedow, des anticorps dirigés contre le récepteur de la TSH imitent l’action de cette hormone. La glande, stimulée sans frein, grossit et fabrique trop d’hormones ; l’hypophyse réduit alors sa production de TSH, qui devient très basse. Des facteurs génétiques et environnementaux, comme le tabac, favorisent la maladie.
Signes et symptômes
Les signes sont ceux de l’hyperthyroïdie, auxquels s’ajoutent des manifestations propres à la maladie :
- accélération du cœur, palpitations, tremblement des mains ;
- amaigrissement malgré un appétit conservé, chaleur mal supportée, sueurs ;
- nervosité, troubles du sommeil, fatigue musculaire ;
- goitre diffus, c’est-à-dire une augmentation de volume de toute la glande ;
- atteinte des yeux, ou orbitopathie : yeux saillants, irrités, parfois vision double ;
- plus rarement, épaississement de la peau à l’avant des jambes (myxœdème prétibial).
Diagnostic
Le diagnostic repose sur une prise de sang : la TSH est effondrée et les hormones thyroïdiennes libres sont élevées. La présence d’anticorps anti-récepteurs de la TSH confirme l’origine. L’échographie de la thyroïde, et parfois la scintigraphie, complètent le bilan et permettent d’écarter d’autres causes d’hyperthyroïdie, comme un nodule toxique ou une thyroïdite.
Traitements
Trois grandes options existent, choisies avec l’endocrinologue selon l’âge, la sévérité, l’atteinte des yeux et un éventuel projet de grossesse :
- les médicaments antithyroïdiens de synthèse, qui freinent la production d’hormones, souvent prescrits pendant plusieurs mois ;
- l’iode radioactif, qui détruit progressivement une partie de la glande ;
- la chirurgie, qui consiste à retirer la thyroïde.
D’autres médicaments, comme les bêtabloquants, peuvent soulager les symptômes au début. Après un traitement radical, un traitement hormonal de remplacement est généralement nécessaire à vie. L’arrêt du tabac est fortement conseillé, car il aggrave l’atteinte des yeux. Toute suspicion d’hyperthyroïdie justifie une consultation médicale.
Évolution et suivi
La maladie évolue souvent par poussées. Sous antithyroïdiens, une rémission est possible, mais une partie des patients rechute après l’arrêt du traitement, d’où un suivi biologique régulier. La grossesse demande une prise en charge spécialisée, car les anticorps de la mère peuvent traverser le placenta et agir sur la thyroïde du fœtus. L’atteinte des yeux évolue en partie indépendamment de la thyroïde et peut nécessiter l’avis d’un ophtalmologiste.

vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter