L'ostéoporose : L'utilisation clinique de l'ostéodensitométrie

Accueil » Orthopédie » L'ostéoporose : L'utilisation clinique de l'ostéodensitométrie écrit le: 14 février 2012 par admin

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Si le diagnostic de fracture ne fait appel qu’à la simple lecture d’une radiographie, l’objectif des mesures de densité minérale consiste à établir un diagnostic précoce d’ostéoporose, avant la survenue d’une fracture. Par conséquent, il est nécessaire de définir un mode d’expression des résultats, de déterminer chez quels sujets doit être pratiquée la mesure de la masse osseuse, de choisir la technique et le site de mesure les plus appropriés et d’apprécier la nécessité de répéter ou non les mesures au cours du temps.

Les techniques utilisées et les sites de mesures

La DXA représente en France la technique la plus largement utilisée depuis quelques années.

Concernant le(s) site(s) de mesure, on retiendra qu’en pratique :

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  • la mesure de la densité minérale osseuse (DMO), quel que soit le site (colonne lombaire, col fémoral, radius), permet une évaluation fiable du risque fracturaire global, car l’ostéoporose est une maladie systémique caractérisée par une perte osseuse qui affecte l’ensemble du squelette ; le risque fracturaire d’un site donné est cependant apprécié de façon optimale si la mesure est réalisée au niveau de ce site ;
  • après 65 ans, la fréquence de l’arthrose lombaire doit faire préférer au rachis un autre site de mesure comme le fémur (ou éventuellement le radius) pour la détermination du risque fracturaire ;
  • dans la majorité des cas, une mesure en un seul site s’avère suffisante, bien que la mesure en deux sites augmente légèrement la sensibilité des résultats pour l’identification des patients présentant une ostéoporose.

Quelle est la signification d’une mesure ?

Il existe une relation étroite entre le contenu minéral d’un os et sa résistance mécanique. En effet, les études prospectives effectuées ces dix dernières années montrent une augmentation exponentielle du risque de fracture ostéoporotique parallèlement à la diminution de la DMO (CtlMMlNGS et coll., 1995). D’après ces étu­des, le risque relatif de survenue d’une fracture, pour chaque dimi­nution de 1 écart type de masse osseuse, est de 2 environ (il varie de 1,7 à 2,4). Ce gradient de risque est supérieur à celui établi dans l’étude entre l’hypercholestérolémie et la pathologie coronaire, et comparable à la relation entre l’hypertension artérielle et la pathologie vasculaire cérébrale (Kanis et coll., 1994). Cette relation qui est à la base de l’utilisation et de l’interprétation de l’ostéodensitométrie, est retrouvée pour tous les sites de mesure (radius, calcanéum, fémur, rachis) et pour les principales techniques d’ostéo- densitométrie.

Enfin, une seule mesure effectuée entre 30 et 50 ans reste pré­dictive du risque de fracture 25 ans après, en notant qu’il existe une grande variabilité individuelle dans la cinétique de l’évolution de la DMO après la ménopause, comme nous le verrons plus loin.

Mode d’expression et interprétation des résultats

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Le mode d’expression d’un résultat est en gramme d’hydroxya-patite par cm2, caractérisant la DMO (ou 15MD, Bone Minerai Density pour les Anglo-Saxons). On mesure la quantité d’hydroxy- apatite par unité de surface de projection osseuse. Celle-ci dépend

a la fois de la quantité cie matrice osseuse présente et de son degré de minéralisation. Cette densité surfacique contrairement à une vraie densité par unité de volume, est en partie dépendante du dia­mètre antéro-postérieur de l’os. Ceci a pour conséquence de sures- limer la DMO chez les sujets ayant de grosses vertèbres et de le sous-estimer dans le cas contraire. Cette dépendance explique la corrélation positive entre la taille et la densité osseuse mesurée par DliXA. Elle doit être prise en compte dans l’interprétation des résultats chez les sujets de taille extrême ou dont les caractéristiques se modifient dans le temps (enfant).

L’interprétation des résultats se fait par comparaison aux valeurs normales définies pour le sexe et l’âge, et par rapport à la valeur maximale atteinte à l’âge adulte. La différence peut être exprimée en nombre d’écarts types (score T et 2). La relation étroite avec le risque fracturaire a conduit logiquement à redéfinir l’ostéoporose en terme de diminution de la DMO. Cette définition, valable uniquement chez la femme, permet le diagnostic de la maladie à un stade précoce, bien avant la survenue des complications fracturaires. Cette classification proposée par Lin comité d’experts mandatés par l’Organisation Mondiale de la Santé est acceptée très largement.

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Du fait notamment de l’influence de facteurs génétiques et d’environnement, il est indispensable que ces courbes de normalité correspondent exactement à la population étudiée (les normes de la population américaine ne sont pas extrapolables en France).

Ces normes sont également spécifiques à chaque appareil DXA car ceux-ci ne sont pas standardisés. Il existe des formules de conversion qui définissent un BMD standardisé dont l’utilisation réduit en moyenne de 5 % les différences inter-appareils. En pratique, cette différence même mineure, reste supérieure à la reproductibilité des mesures, ce qui ne permet pas d’envisager un changement de marque d’appareil lors d’un suivi individuel. Les appareils d’une même marque donnent des résultats très proches et interchangeables mais il est toujours préférable de réaliser un suivi individuel sur le même appareil, effectué si possible par le même technicien.

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