Ligatures des trompes

La ligature des trompes est une intervention chirurgicale qui consiste à obturer ou à sectionner les trompes de Fallope afin d’empêcher la rencontre entre l’ovule et les spermatozoïdes. C’est une méthode de contraception définitive pour les femmes, très efficace, qui ne modifie ni les règles, ni les hormones, ni la vie sexuelle. Elle doit être considérée comme irréversible et ne se décide donc qu’après mûre réflexion, avec un professionnel de santé.
Le principe
Les trompes de Fallope relient les ovaires à l’utérus : c’est dans la trompe que l’ovule est habituellement fécondé. En les bloquant, on empêche la fécondation. Les ovaires continuent de fonctionner normalement et l’ovulation se poursuit, mais l’ovule est résorbé par l’organisme. La ménopause survient à l’âge habituel.
Les techniques
Aujourd’hui, l’intervention se fait le plus souvent par cœlioscopie, sous anesthésie générale : le chirurgien introduit une petite caméra et des instruments par de courtes incisions de l’abdomen, notamment au niveau du nombril. Les trompes peuvent alors être :
- fermées par des clips ou des anneaux ;
- coagulées par un courant électrique ;
- sectionnées ou retirées en totalité (salpingectomie), technique de plus en plus pratiquée.
La ligature peut aussi être réalisée au cours d’une césarienne. Une méthode qui consistait à placer de petits implants dans les trompes par les voies naturelles n’est plus proposée en France depuis 2017. Les articles Ligaturer les trompes et Cycle menstruel et moyen de contraception complètent ces informations.
Ce que prévoit la loi en France
La stérilisation à visée contraceptive est autorisée en France depuis la loi du 4 juillet 2001. Elle est réservée aux personnes majeures, et la loi n’impose aucune condition liée au nombre d’enfants ou à la situation de couple. La personne doit exprimer une volonté libre et motivée, après une information claire sur les conséquences et les alternatives. Un délai de réflexion de quatre mois est obligatoire entre la première consultation et l’intervention, et le consentement est confirmé par écrit. Un médecin n’est jamais tenu de pratiquer lui-même l’intervention, mais il doit en informer la patiente dès la première consultation. Ces règles peuvent évoluer : il convient de se renseigner auprès d’un professionnel.
Avantages et limites
- Efficacité : très élevée, sans geste à répéter au quotidien.
- Pas d’effet hormonal : le cycle et la libido ne sont pas modifiés par l’intervention.
- Irréversibilité : une chirurgie de réparation est parfois tentée, avec un succès incertain, et une fécondation in vitro peut être envisagée ; il ne faut pas compter sur ces recours.
- Risques : ceux d’une chirurgie et d’une anesthésie ; en cas d’échec rare, la grossesse a un risque plus élevé de se développer hors de l’utérus (grossesse extra-utérine), ce qui impose de consulter rapidement en cas de retard de règles ou de douleur.
- Infections sexuellement transmissibles : la ligature n’en protège pas ; le préservatif reste nécessaire.
Bien réfléchir avant de décider
Avant de choisir cette méthode, il est utile d’évoquer avec un médecin, un gynécologue ou une sage-femme les contraceptions de longue durée réversibles, comme le stérilet ou l’implant, ainsi que la vasectomie pour le partenaire, intervention plus simple. Un changement de situation de vie peut faire naître plus tard un désir d’enfant : le délai de réflexion légal sert précisément à prendre cette décision en toute connaissance de cause.



vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter