Condylomes ano-génitaux

Les condylomes ano-génitaux, aussi appelés verrues génitales ou « crêtes de coq », sont des excroissances bénignes de la peau et des muqueuses des organes génitaux et de la région anale. Ils sont dus à une infection sexuellement transmissible par certains papillomavirus humains (HPV), le plus souvent les types 6 et 11. Fréquents, ils se soignent, mais récidivent souvent.
Une infection à papillomavirus
Les papillomavirus humains forment une grande famille de virus, dont certains types infectent la peau et les muqueuses génitales. On distingue les types dits « à bas risque », comme les HPV 6 et 11, responsables de la grande majorité des condylomes, et les types « à haut risque », comme les HPV 16 et 18, en cause dans le cancer du col de l’utérus et dans d’autres cancers. L’infection à HPV est l’une des infections sexuellement transmissibles les plus répandues ; le plus souvent, l’organisme élimine le virus de lui-même, sans qu’aucun symptôme n’apparaisse.
Transmission et symptômes
La transmission se fait surtout par contact direct, peau contre peau ou muqueuse contre muqueuse, lors des rapports sexuels, même sans pénétration. Le préservatif réduit le risque sans le supprimer, car il ne couvre pas toutes les zones exposées. Entre la contamination et l’apparition des lésions, il peut s’écouler plusieurs semaines à plusieurs mois, ce qui rend souvent impossible de dater l’infection.
Les condylomes forment de petites excroissances couleur chair, rosées ou grisâtres, isolées ou groupées en amas ; certains sont plats et peu visibles. Ils siègent sur la vulve, le vagin, le col de l’utérus, le pénis, le scrotum, autour de l’anus ou dans le canal anal. Habituellement indolores, ils peuvent provoquer démangeaisons, gêne ou petits saignements. Pour une présentation détaillée : Que sont les condylomes ?.
Diagnostic
Le diagnostic repose le plus souvent sur l’examen clinique par un médecin généraliste, un dermatologue ou un gynécologue. Selon les cas, un examen du col de l’utérus ou du canal anal est proposé, ainsi qu’un dépistage des autres infections sexuellement transmissibles. Les partenaires peuvent aussi être invités à consulter. Une biopsie n’est utile qu’en cas de doute sur la nature d’une lésion.
Traitements
Le traitement vise à faire disparaître les lésions visibles ; il n’élimine pas toujours le virus, d’où des récidives fréquentes. Selon le nombre, la taille et l’emplacement des condylomes, le médecin peut proposer :
- des traitements locaux appliqués par le patient, comme la podophyllotoxine (par exemple Wartec) ou l’imiquimod ;
- la cryothérapie, qui détruit les lésions par le froid ;
- l’électrocoagulation, le laser ou l’ablation chirurgicale pour les lésions étendues.
Ces produits ne s’utilisent que sur avis médical, notamment pendant la grossesse.
Prévention
La vaccination contre les papillomavirus protège contre les types les plus en cause dans les condylomes et dans plusieurs cancers ; elle est d’autant plus efficace qu’elle est faite avant le début de la vie sexuelle. En France, elle est recommandée aux filles et aux garçons à partir de 11 ans, avec un rattrapage possible chez les jeunes ; ces recommandations évoluent, mieux vaut se renseigner auprès d’un médecin ou d’un pharmacien. Le préservatif, le dépistage régulier du cancer du col chez la femme et la consultation devant toute lésion inhabituelle complètent la prévention. Les condylomes ne sont pas liés à un manque d’hygiène : ils sont cousins des verrues de la peau, elles aussi dues à des papillomavirus.



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