L’hystérectomie

> > L’hystérectomie ; écrit le: 14 février 2012 par azza

Dans la même mesure où l’on plaide pour maintenir le plus longtemps possible les femmes en pré-ménopause, ou effacer la ménopause, il faut, quand on ne peut li s éviter, effacer les inconvénients de l’hystérectomie.

Pour beaucoup de femmes, l’ablation de l’utérus reste une catastrophe. Cet organe représente pour elles – à tort – toute leur féminité, et l’opération retentit beaucoup plus sur leur psychisme que sur leur organisme. Pour une grande part, la libido est une réaction cérébrale («Je n’éprouverai plus rien», disent-elles). Si un peu de psy­chologie suffit en général pour expliquer à une femme de cinquante ans ou plus qu’elle restera «comme avant», il est difficile de convaincre les femmes jeunes que ¡’hys­térectomie n’est pas la mort de toute vie sexuelle, qu’elle ne nuit en rien aux rapports sexuels ni à l’état psycholo­gique, qu’elle n’aura pas d’influence sur leurs réactions. L’utérus ne joue aucun rôle dans la jouissance.

Pour une femme qui garde ses ovaires (ou même seu­lement une partie d’un ovaire sécrétant), source d’hor­mones, et son vagin, tout est exactement comme par le passé. Quand elle dit: «C’est fini, je ne me sens plus femme», cela ne correspond à aucune réalité. Il faut lutter contre l’idée que, puisque l’on a «tout enlevé», on n’a « plus de libido ».

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Même l’ablation des ovaires ne supprime pas totale­ment la sécrétion d’hormones, et la carence hormo­nale ne diminue la libido qu’à la longue – et encore: nombre de femmes ménopausées la conservent. Et quand, à terme, elle l’influence, on donne un traite­ment hormonal de substitution.

Les femmes qui disent, au bout de quelques semaines: « Je ne sens plus rien, je n’ai plus de rap­ports avec mon mari », ce ne peut être une réaction physiologique. Tout se passe dans leur tête.

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Quand une femme dit: «On m’a fait une totale », cela sonne pour elle le glas de sa féminité, le vieillissement précoce.

Mais une totale, qu’est-ce que c’est? L’ablation de la totalité des organes génitaux: ovaires, trompes et uté­rus (corps et col). On la pratique de plus en plus rare­ment. La tendance actuelle est de conserver les ovaires, sauf quand ceux-ci sont malades.

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Même chez les femmes déjà ménopausées, on pense aujourd’hui que les ovaires jouent peut-être encore un iule de faible sécrétion, dont on ignore le pouvoir exact. On les conserve donc, dans la mesure où ils sont sains, et même quand on doit les retirer, en cas de kyste, par exemple, on laisse une lame de tissu ova­rien, n’aurait-elle que quelques millimètres. Ces quelques millimètres contiennent encore de très nom­breux follicules, suffisants pour assurer l’ovulation pen­dant des années. De très jeunes femmes, opérées des ovaires, ont ainsi eu une vie féminine normale et ont <‘lé ménopausées à quarante-huit, cinquante ans, comme la plupart des femmes.

La chirurgie n’a plus le caractère grave, un peu désespéré, qu’elle avait il y a trente ans, et l’on peut envisager des opérations multiples, ne pas pratiquer d’emblée une ablation complète.

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L’hystérectomie, ablation de l’utérus, peut elle- même être totale (corps et col) ou partielle (corps seu­lement). Les uns préfèrent tout retirer. L’utérus, disent-ils, ne joue aucun rôle dans la sexualité ni dans l’orgasme, et le col, s’il n’est pas surveillé régulière­ment, peut se cancériser un jour. Les autres préfèrent laisser celui-ci, signe extérieur de l’appareil génital, pour sa présence rassurante, aucune statistique ne permettant d’affirmer que, dans ce cas, les pourcentages de cancers augmentent. Il pourra éventuellement aussi, plus tard, faciliter une opération pour descente d’organes.

Mais, chez la jeune femme, il faut s’efforcer de i onserver l’utérus et parfois même les trompes: quand il s’agit d’un fibro-myome, masse de tissus fibreux, bien limité en des points précis du muscle utérin, lequel garde souplesse, élasticité et possibilité de fonctionner, on peut se contenter de retirer les « billes» dures ou fibromes. L’opération s’appelle une myomectomie. Elle n’est pas mutilante, on garde ses règles, ses possibili­tés de grossesse.

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S’il y a tendance à récidive, on pourra toujours, sans guère d’inconvénients, intervenir une seconde fois.

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