LES INFECTIONS BACTERIENNES ET PARASITAIRES DU FOIE:LES DISTOMATOSES HEPATIQUES

Accueil » Gastro-enterologie » LES INFECTIONS BACTERIENNES ET PARASITAIRES DU FOIE:LES DISTOMATOSES HEPATIQUES écrit le: 17 septembre 2013 par admin

les distomatoses sont des parasitoses dé­terminées par les douves, plathelmin- thes appartenant à l’ordre des Tréma- todes. Deux genres de douves peuvent être en cause : Fasciola et Opistorchis. En France, l’espèce essentiellement responsable de ce type de parasitose est Fasciola hepatica, ou grande douve.
LA DISTOMATOSE A FASCIOLA HEPATICA
Répandue dans le monde entier, cette distomatose sévit dans toute la France, avec une prédominance dans le Centre et le Sud.
Le cycle biologique du parasite
Fasciola hepatica est un ver plat de 2 à 3 cm de long qui parasite les voies biliaires du bétail (bœuf et mouton).
Les œufs, pondus dans les voies biliai­res, sont évacués dans l’intestin par la bile, puis éliminés dans le milieu extérieur avec les déjections. Après un séjour dans l’eau — élément indispensable à leur déve­loppement —, ils éclosent, et les embryons (miracidium) infestent un mollusque d’eau douce, la limnée, dans l’organisme duquel ils poursuivent leur évolution. Parvenus au stade de cercaires, les parasites quittent la limnée, leur hôte intermédiaire, et vont s’enkyster sur un support végétal, le cresson essentielle­ment : ce sont ces formes, dites « métacercai- res », qui sont infestantes.
L’homme s’infeste en mangeant du cresson sauvage, la période de plus intense contamination se situant en automne. Dans l’estomac, la jeune douve, libérée de sa coque, gagne les voies biliaires en traversant successivement la paroi digestive, le péri­toine, la capsule de Glisson et le parenchyme hépatique. A cette traversée correspond la phase d’invasion ; à la phase d’état, le para­site est installé dans les voies biliaires, et pro­voque donc des accidents obstructifs.
Les signes cliniques
La période d’invasion comme la période d’état s’accompagnent de perturba­tions plus ou moins importantes, et le dia­gnostic peut être posé à l’une et l’autre des deux phases.
A la phase d’invasion
La phase d’invasion, qui succède à une incubation d’une quinzaine de jours, est mar­quée par une altération progressive de l’état général avec asthénie, amaigrissement et par­fois fièvre. Il existe des douleurs de l’hypo- condre droit. Le foie est de taille normale, ou peu augmenté de volume, sensible ou fran­chement douloureux à la palpation.
On peut observer également des myal- gies et des arthralgies ainsi qu’une éruption urticarienne. Des troubles psychiques enfin peuvent être associés.
A la phase d’état
Pendant la phase d’état, qui s’annonce plusieurs mois après le contage, les troubles
observés pendant la période d’invasion régressent, remplacés par des symptômes témoignant d’une obstruction biliaire, notam­ment signes d’angiocholite et douleurs biliai­res. Capricieuse, l’évolution est marquée de rechutes. Le diagnostic le plus souvent évo­qué alors est celui de lithiase du cholédoque. Il n’est d’ailleurs pas exceptionnel que ce soit la découverte du parasite dans les voies biliai­res à l’occasion d’une intervention faite pour lithiase du cholédoque qui redresse le diagnostic !
Les examens complémentaires
Durant la phase d’invasion
A la phase d’invasion, la biologie retrouve une hyperleucocytose (de 10 000 à 20 000 globules blancs) avec une hyperéosi- nophilie importante puisque le nombre des éosinophiles excède le plus souvent 5 000 par millimètre cube.
Les réactions sérologiques (hémagglu­tination, immuno-fluorescence, immuno­diffusion) sont toujours positives.
Une laparoscopie objectiverait éven­tuellement à la surface du foie de petites éle- vures, retraçant le trajet de ia larve dans le foie.
La biopsie montrerait un granulome riche en éosinophiles.
La recherche des œufs dans les selles est évidemment négative à cette phase.
A la phase d’état
A la phase d’état, la numération for­mule sanguine met en évidence une hyper­leucocytose, avec une augmentation de l’éosinophilie, mais beaucoup moins impor­tante qu’à la phase précédente, le nombre des
éosinophiles étant de l’ordre de 500 à
1 500 par millimètre cube.
A ce stade surtout, la preuve irréfutable du diagnostic peut être obtenue avec la découverte d’œufs dans les selles ou dans la bile prélevée par tubage duodénal. Cepen­dant, leur nombre est faible et leur mise en évidence bien délicate.
Le traitement
Il  repose sur la déhydroémétine, par voie sous-cutanée à la dose quotidienne de 1,5 milligramme par kilo et par jour, pendant dix jours. Lorsque le diagnostic a été posé à la phase d’invasion, une seule cure suffit habi­tuellement à assurer la guérison.
A la phase d’état, l’efficacité de la déhydroémétine est moins grande, et il faut répéter les cures. Un intervalle de 20 jours entre celles-ci doit être respecté, avec une surveillance régulière de la pression artérielle, de l’électrocardiogramme et des réflexes ostéo-tendineux. Pendant cette période, on prescrira de la phanquinone à la dose de 4 à 500 mg par jour, pendant dix jours, ou du bithionol à la dose de 30 mg par kilo et par jour, également pendant dix jours. L’adminis­tration de ces deux médicaments se fera par voie orale. La guérison ne sera affirmée que sur la disparition des signes cliniques et de l’éosinophilie, et sur la négativité de la recher­che d’œufs dans le tube digestif. Les réactions sérologiques, elles, mettent de plusieurs mois à un an pour se négativer.
En cas d’obstruction des voies biliaires, il peut être indispensable de mettre égale­ment en œuvre un traitement chirurgical.
LES AUTRES DISTOMATOSES HEPATIQUES
D’autres espèces du groupe des.dou­ves peuvent aussi, mais plus rarement, être à l’origine de distomatose hépatique.
La distomatose à Fasciola Giganta
Observée dans les régions tropicales d’Afrique, d’Asie et d’Océanie, cette parasi- tose réalise un tableau clinique proche de celui de la distomatose à F. hepatica.
La distomatose à Clonorchis sinensis
Clonorchis sinensis, ou douve de Chine, se rencontre dans l’Est asiatique. La contamination humaine se fait par consom­mation de poissons crus, dans lesquels sont enkystés les métacercaires.
Le ver adulte peut atteindre 2 cm de long. La migration du parasite vers les voies biliaires s’accompagne habituellement de fiè­vre et d’une hyperéosinophilie sanguine.
L’installation des douves dans les canaux biliaires provoque à ce niveau une importante fibrose. La surinfection bacté­rienne est fréquente, et l’apparition d’abcès multiples est une complication non excep­tionnelle de la maladie, de même que la sur­venue de lithiases des voies biliaires intra- hépatiques. L’évolution est dominée par le risque de survenue, dans les suites de la para- sitose, d’un cancer des voies biliaires ou d’un cancer primitif du foie.
La distomatose à Opistorchis viverini
Succédant également à l’ingestion de
poissons crus contenant des cercaires, cette arasitose se rencontre au Laos, au Cam- odge et dans le nord-est de la Thaïlande. Le tableau clinique est comparable à celui que réalise l’infestation par la douve de Chine.
La distomatose à Opistorchis felineus
Opistorchis felineus, ou douve des chats, est une espèce eurasiatique. L’ingestion de poissons crus est encore ici source de con­tamination humaine. Cette forme est moins sévère que les deux précédentes, le nombre de vers parasitant le foie étant en effet moins important.
Il n’existe pas de traitement médical efficace à opposer à ces parasitoses. L’évolu­tion est lente, se faisant vers des complica­tions à type d’angiocholite, d’insuffisance hépatique et d’hypertension portale.

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Une réponse pour "LES INFECTIONS BACTERIENNES ET PARASITAIRES DU FOIE:LES DISTOMATOSES HEPATIQUES"

  1. Hanane  2 septembre 2017 at 0 h 15 min

    Bonjour
    J ai constater que le foie de notre mouton toucher par distomatose j ai détruit tous l organe ma question ci la viande peut être touché

    Répondre

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