Les dysfonctionnements de la thyroïde : les nodules thyroïdiens



> > Les dysfonctionnements de la thyroïde : les nodules thyroïdiens ; écrit le: 6 avril 2012 par aboura modifié le 20 janvier 2018


Il est fréquent que des petites grosseurs, pour des raisons que l’on ne connaît pas toujours très bien, apparaissent sur la glande thyroïde. Ces petites protubérances appelées nodules (du latin nodulus qui signifie petit nœud) touchent environ 5 % de la population. Visibles à l’œil nu ou palpables, ces nodules peuvent parfois passer inaperçus puisque de récentes études montrent que près d’une personne sur deux posséderait au moins un nodule thyroïdien sans le savoir. Quatre fois plus fréquent chez la femme que chez l’homme, les nodules thyroïdiens peuvent être simples ou multiples.
Si les nodules thyroïdiens sont, la plupart du temps, asymp-tomatiques, il est cependant indispensable de faire des exa¬mens approfondis car environ 5 % à 10 des masses palpables sont cancéreuses. Le cancer est plus probable dans le cas d’un nodule unique que de nodules multiples.

Si on utilise la scintigraphie, les différents types de nodules sont:

  • les nodules hypofixiants
  • les nodules isofixants
  • les nodules hyperfixiants

Les nodules hypofïxants


Les nodules hypofixants ou nodules froids représentent 80 % des nodules. Ils se présentent comme des zones qui ne fixent pas le radiotraceur ou qui le fixent peu. Cette absence de fixation montre alors la présence de tissu thyroïdien fonc­tionnant anormalement. Le problème posé par ce type de nodule est son risque de malignité (10 % des nodules opé­rés).

On distingue deux familles de nodules froids à l’écbographie :


  • Les nodules froids liquidiens :

                     –    les kystes thyroïdiens

Le contenu de ce kyste est clair, presque acellulaire. Après une ponction, une surveillance médicale est assurée.


                    –    l’hématocèle

D’évolution rapide, ce nodule s’accompagne de douleurs cervicales. Le traitement de ce genre de nodule se fait par ponction en cas de douleur et s’il y a récidive par chirurgie.


  • Les nodules froids solides à l’échographie

                 –     Ce nodule froid nécessite une ponction avec un examen cytologique qui peut mettre en évidence :

. un adénome thyroïdien dans la grande majorité des cas


. une thyroïdite

. un cancer thyroïdien


. très rarement des métastases intrathyroïdiennes, un lym- phome.

  • Les nodules isoflxants

Les nodules isofixants représentent de 10 à 15 % des nodules. Il s’agit, la plupart du temps, de lésions froides situées au sein du parenchyme thyroïdien. Entourés de tissus sains, ces nodules sont considérés comme des nodules froids.


  • Les nodules hyperfîxants

Les nodules hyperfixants ou nodules chauds représentent entre 5 et 10 % des nodules. Ils se présentent comme des  zones fixant le radiotraceur de façon plus forte que le reste de la glande.

Dans la majorité des cas, les nodules chauds sont des nodules bénins puisqu’ils représentent moins de 1 % des can­cers.

On peut rencontrer, en fonction du tissu thyroïdien intra- nodulaire et de la production hormonale :

  •  Un nodule chaud extinctif avec hyperthyroïdie. Il s’agit dans ce cas d’un adénome toxique qui s’observe le plus sou­vent chez des personnes âgées ou des personnes présentant des signes cardiovasculaires.

Le traitement le plus approprié pour ce type de nodule est la chirurgie ou l’iode radioactif.

  • Un nodule chaud extinctif sans hyperthyroïdie. L’évo­lution de ce type de nodule vers la toxicité n’est pas systéma­tique.

Le traitement le plus approprié pour ce type de nodule est la chirurgie ou l’iode radioactif à titre préventif ou, en fonc­tion de l’âge du patient, une simple surveillance médicale.

Compte tenu que les nodules sont froids à la scintigraphie dans la quasi totalité des cas et que les autres nodules dits chauds entraînent une perturbation de la TSH, la place de la scintigraphie dans l’exploration des nodules est de plus en plus discutée et beaucoup de spécialistes ne la demandent plus. De nos jours c’est l’échographie et la cytoponction (en particulier des nodules solides hypoéchogènes de plus de dix mm) qui permettent vraiment de différencier les nodu­les bénins les plus fréquents des cancers qu’il faudra opérer.

Les symptômes:

La plupart des nodules n’entraînent pas de symptômes même si on peut, parfois, observer :

  • une gêne à la déglutition
  • une gêne respiratoire
  • une sensation de pression dans le cou
  •  une douleur dans le cou pouvant s’étendre jusqu’à la mâchoire
  • une perte de poids
  • une certaine nervosité
  • des troubles du sommeil
  • des palpitations cardiaques
  •  une faiblesse musculaire

Les personnes à risque:

  •  Les personnes âgées
  • Les personnes déjà soignées pour un trouble de la thy­roïde
  •  Les personnes ayant un parent proche déjà porteur d’un nodule thyroïdien
  •  Les personnes ayant subi une radiothérapie du cou ou de la tête.

Il existe plusieurs facteurs qui rendent le nodule suspect et qui doivent conduire à un acte chirurgical comme :

  • la fermeté du nodule,
  • l’augmentation de volume du nodule
  •  un nodule hypoéchogène à l’échographie
  • un nodule hypofixant à la scintigraphie
  •  le jeune âge du patient
  • des cellules atypiques et abondantes à la ponction

À quel moment consulter ?

La découverte d’un nodule thyroïdien est, la plupart du temps, fortuite. Elle a souvent lieu lors d’une visite de routine

chez le médecin ou d’un bilan complémentaire suite à une analyse sanguine montrant une perturbation des hormones thyroïdiennes.

La palpation de la thyroïde s’effectue en se plaçant derrière le patient qui a la tête en position anatomique.

Quels sont les examens à pratiquer ?

•  La prise de sang

La prise de sang permet de doser le taux sanguin de la TSH, certains nodules provoquant une hyperthyroïdie.

•  L’échographie

L’échographie permet de voir les nodules (taille et caracté­ristiques) et est maintenant l’examen de référence.

• La scintigraphie

La scintigraphie, qui se fait par injection intraveineuse de produits radioactifs capables de se fixer dans la glande thy­roïde, permet de différencier les nodules chauds des nodules froids.

• La cytoponction

La cytoponction, qui se fait à l’aide d’une petite aiguille montée sur une seringue, permet de prélever des cellules qui seront ensuite déposées sur la lame d’un microscope puis analysées. Cette analyse permettra de préciser le caractère bénin ou malin du nodule.

La ponction permet également d’extraire le liquide qui se trouve à l’intérieur des kystes thyroïdiens.

Même si la seule façon de garantir la nature d’un nodule thyroïdien est la chirurgie, la cytoponction permet dans à peu près 90 % des cas, de faire un diagnostic précis et de distin­guer une tumeur bénigne d’une tumeur maligne. C’est, de nos jours, l’examen de référence.

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