Le cancer du sein : Guérir physiquement et psychologiquement

> > Le cancer du sein : Guérir physiquement et psychologiquement ; écrit le: 17 février 2012 par Mahfoudhi modifié le 4 mars 2015

Lorsqu’une mastectomie est incontournable pour sauver la vie, comment s’y préparer ?

La mastectomie une épreuve à surmonter

Cette opération entraîne un traumatisme à la fois physique et psychique, quel que soit le mode d’adaptation de la patiente. Cependant, la façon dont on va envisager cette étape douloureuse aura son importance sur les moyens psychologique de foie face. Par exemple, se représenter  son corps comme soigné, la partie  malade ayant été retirée pour protéger les  parties saines, est souvent moins difficile que de ne voir que l’aspect de mutilation ou le corps blessé. Une mastectomie doit être comprise et acceptée dans un choix médical partagé et non pas seulement vécue comme une contrainte.

Il importe aussi de se renseigner sur les possibilités de la future reconstruction mammaire. Il existe aujourd’hui différentes techniques chirurgicales qui permettent d’obtenir des résultats esthétiques remarquables. Un bon niveau d’information permet à la fois d’être mieux préparée et de ne pas s’attendre à un résultat parfait : le nouveau sein sera sans doute différent de l’ancien, mais en harmonie avec le sein opposé. Le buste apparaîtra souvent modifié, mais la patiente pourra s’y adapter et vivre aussi bien qu’« avant ». Et s’il ne faut pas attendre la perfection, il faut aussi rester optimiste. Bien souvent, l’idée que les femmes se font des résultats d’une mastectomie est pire que la réalité.

Comment préserver sa féminité, malgré les conséquences  ou les séquelles parfois lourdes des traitements ?

Préserver sa féminité et sa sexualité

Le corps peut changer au cours du traitement, surtout s’il y a eu mastectomie. Mais il est important de continuer à en prendre soin : certaines patientes choisiront, par exemple, de mettre particulièrement en valeur une autre partie d’elles- mêmes ou modifieront leurs habitudes esthétiques. L’objectif est de continuer à vivre en bonne entente avec son corps. Parmi les « recettes » que rapportent fréquemment les patientes, il y a l’achat  nouveaux vêtements, le choix de nouvelles couleurs, les dépenses qu’on ne s’autorisait pas toujours (nouvelle lingerie, par exemple), la reprise progressive d’une activité physique, des soins de beauté… Il faut aussi du temps pour s’adapter à ces modifications, et il est important que chaque femme puisse évoluer à son rythme.

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Et que pourrait-on conseiller pour préserver la sexualité ?

Parler de sexualité amène forcément à parler du partenaire (ce passage peut d’ailleurs être lu en couple) car ce dernier risque, aussi bien que sa partenaire, d’éprouver des difficultés à conserver ou à reprendre une vie sexuelle satisfaisante. C’est des deux que dépendra le maintien de rapports harmonieux.

Continuer à désirer avoir des relations sexuelles alors qu’on se sent fatiguée, nauséeuse, triste ou anxieuse n’est pas évident et une « pause » est fréquente, au moins durant le temps du traitement. Il y a heureusement de multiples façons de s’exprimer l’un à l’autre ses sentiments ou son désir, même si, pendant un temps, cela ne va pas jusqu’à une relation sexuelle ou si celle-ci est différente des habitudes. Et il faut quelquefois du temps pour se retrouver.

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D’autre part, l’évolution du couple n’est pas toujours synchrone et l’un des deux est parfois prêt avant l’autre. L’important est de pouvoir en parler tout simplement : il ne faut pas que la sexualité devienne un sujet tabou que chacun évite pour ne pas blesser l’autre.

Certaines difficultés physiques peuvent aussi être directement liées au traitement sans pour autant être considérées comme une fatalité (la sécheresse vaginale, par exemple) : il ne faut pas hésiter à en parler à son médecin. Il existe souvent des remèdes simples.

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Apprendre qu’on a une récidive de sa maladie, c’est dur.De quelle façon pouvez-vous aider une femme à y faire face ?

Faire face aux récidives

Médicalement, une récidive locale et une métastase sont deux situations différentes. Mais, psychiquement, pour la patiente, cette annonce est ressentie comme le signe de la persistance d’une menace avec, en perspective, une nouvelle fois, l’épreuve d’une thérapie.

Il est capital, à ce moment-là, d’informer les femmes sur les progrès obtenus avec les derniers traitements : il existe aujourd’hui de nombreuses possibilités thérapeutiques qui permettent d’obtenir de bons résultats. (Par exemple, la chirurgie peut rester possible et curative, même dans certaines formes métastatiques.) L’évolution vers une maladie métastatique veut souvent dire, pour la patiente, apprendre à vivre avec une maladie devenue chronique : c’est certes une situation nouvelle et un handicap majoré que chacun voudrait éviter mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas s’adapter !

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Mais comment s’y prendre pour y parvenir ?

Cette situation n’est pas à envisager comme une perte « de la vie d’avant » mais comme la découverte d’une autre existence, où l’on donnera peut-être plus de temps à ses proches, où l’on mettra au point un nouveau rythme de travail, où l’on s’adonnera à des hobbies nouveaux. Souvent, les patientes disent redécouvrir les petits bonheurs de la vie, de l’instant

précis, tels que certaines joies de la nature, certains plaisirs quotidiens. Les pressions habituelles de rentabilité, de la compétitivité ne sont plus les mêmes : il faut essayer de trouver d’autres valeurs dans l’existence.

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Lorsque les traitements sont finis, après ce passage douloureux, comment reprendre une vie normale ?

Reprendre une vie normale

L’après-traitement n’est pas la phase la plus facile, et de loin. Cette dernière étape est paradoxale : l’entourage est tenté de « lâcher », voudrait ne plus parler de la maladie, a l’impression que tout est terminé, et cela, alors que pour la patiente, des problèmes peuvent apparaître avec la reprise.                des charges quotidiennes : la fatigue, une sexualité parfois difficile à retrouver, une nouvelle place à prendre ou à reprendre au sein de la vie familiale et professionnelle. Les traitements, certes, sont arrêtés, mais bien souvent la crainte de la récidive demeure. Il s’agit d’une phase particulièrement à risque pour la survenue d’une dépression.

 Là, quels sont vos conseils ?

L’objectif ne doit pas être d’essayer « d’oublier », mais d’intégrer cette épreuve passée à sa vie, la considérer comme un nouveau bagage. La femme ressort souvent plus forte d’avoir été confrontée à cette épreuve inattendue. Mais elle est aussi paradoxalement plus fragile et doit parfois continuer à se ménager, quitte à faire comprendre à son entourage qu’elle peut ne plus souhaiter remplir toutes les tâches qu’elle remplissait auparavant, ou établir d’autres choix, d’autres priorités. Les femmes qui ont traversé cette épreuve ne doivent pas hésiter à s’autoriser ces réaménagements, à essayer de mieux vivre dans le présent. Apprécier chaque instant permettra de se projeter à nouveau dans un futur qui ne représente pas une menace permanente mais une source de joies et de plaisirs à venir.

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