Diététique
Les objectifs des diétothérapies sont divisés en trois parties :
— La première traite des règles générales, théoriques et pratiques à appliquer au cours de toute prescription de régime.
— La deuxième concerne les maladies de la nutrition, définies comme celles où le régime est l’unique ou la principale thérapeutique. Seule cette partie comporte pour chaque syndrome une étiopathogénie et des critères de diagnostic.
— La troisième partie concerne des syndromes où la diétothérapie a un rôle adjuvant.
Un cas particulier est constitué par les avitaminoses ; pour éviter les répétitions, celles-ci ne sont pas traitées dans les maladies nutritionnelles, mais uniquement dans les vitamines.
Comment préscrire un régime
Les habitudes alimentaires se créent tout au long de la vie ; dès l’enfance, tel ou tel aliment acquiert une connotation positive ou négative qui s’enrichira au fil des années, des circonstances dans lesquelles l’aliment est consommé, de sa valeur de prestige social et du confort digestif qui accompagne sa consommation. II faudra en tenir compte pour la prescription de régime. Ainsi la prescription d’un régime de même valeur nutritionnelle sera très différente selon les habitudes du sujet.
Régle générale
La prescription d’un régime modifie le comportement alimentaire du patient et réalise ainsi une contrainte bien plus sévère que celle d’un traitement médicamenteux. De plus, les régimes sont les plus souvent prescrits pour une longue période, ce qui légitime un investissement de temps de la part du médecin et du patient : il faut en pratique prévoir, selon la nature du régime et la structure psychique du patient, entre 1 et 2 heures, et prévoir aussi plusieurs contrôles d’approximativement 1/ 2 heure chacun.
Deux règles générales sont impératives :
— le régime prescrit ne doit pas être nocif, ce qui signifie qu’il doit apporter tous les nutriments plastiques et énergétiques en quantité adéquate et qu’en d’autrès termes sa valeur nutritionnelle soit bonne ;
— les modifications apportées aux habitudes et aux goûts du sujet, tels qu’ils sont déterminés par l’interrogatoire alimentaire, doivent être aussi prudentes que possible, afin de ne pas créer des frustrations inutiles. Les résultats seront contrôles périodiquement, et si l’évolution le permet les contraintes pourront être allégées.
D’une façon générale, la prescription devra être positive, c’est-à-dire consister en la prescription de ce qu’il faut manger et non de ce qui est interdit.
Ainsi, l’interrogatoire alimentaire fait au cours d’un entretien prolongé ou par un questionnaire écrit, aura-t-il non seulement pour but de définir les niveaux calorique et protéique initiaux, mais aussi d’établir la liste des
aliments que le sujet aime consommer, de ceux qu’il consomme rarement ou pas du tout, de ceux qu’il considérera comme mauvais pour sa santé. Cet interrogatoire sera long, il portera au moins sur une semaine pour apprécier les fréquences diverses de prises alimentaires, devra inventorier repas sur repas, faire des recoupements par groupe d’aliments, ne pas omettre les boissons et le grignotage, noter les portions chiffrées. Le mode de préparation est une cause particulière d’imprécision : pour apprécier la quantité de graisse, il sera parfois utile de se renseigner sur la consommation hebdomadaire ou mensuelle par la famille de beurre et d’huile de table.
Les quantités d’aliments consommés par 24 h seront traduites en termes de nutriments à l’aide de tables de composition des aliments.
La précision de la valeur chiffrée sera fonction de la patience et de l’entraînement de celui, ou celle, qui mène l’interrogatoire, et aussi de l’intelligence du patient.
Le mensonge systématique est très facile à dépister. En fait, les seuls interrogatoires inchiffrables sont ceux de sujets n’ayant pas d’habitudes alimentaires stables, par exemple, ceux des » grignoteurs ». Ces cas mis à part, l’erreur habituelle est de l’ordre de grandeur de plus ou moins 10%.
En pratique, deux types de prescriptions diététiques sont possibles :
— Le premier qui ne constitue qu’un pis-aller comprend une prescription positive de tous les aliments indispensables et de leurs équivalences approximatives laissant aux sujets la nécessité de les adapter à leurs goûts et à leurs habitudes.
— Le second qui consiste à prescrire entièrement un régime personnalisé présente l’inconvénient de nécessiter énormément de temps (c’est pour cette raison qu’ont été mis au point des programmes informatiques qui, à partir d’une prescription médicale, prennent en compte la presque totalité des habitudes alimentaires du sujet, habitudes qu’il fait connaître à travers le questionnaire alimentaire qu’il remplit).
Une fois le régime prescrit, il est nécessaire de reprendre périodiquement l’interrogatoire, d’une part pour vérifier qu’il n’y ait pas eu glissement dans son application susceptible de détériorer la valeur nutritionnelle de la ration, d’autre part que l’acceptation des aliments prescrits, leur organisation en repas, et la possibilité sociale de consommer de tels repas soient aussi bonnes que possible.
Au total, pour être efficace, la prescription diététique doit être modeste, c’est-à-dire ne doit modifier que :
— le taux d’un seul nutriment ;
— ou redresser des erreurs alimentaires qui, à l’évidence, seraient pathogènes.
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