Anatomie muscle sartorius
Le muscle sartorius (musculus sartorius, sartorius muscle en anglais), autrefois appelé muscle couturier, est le muscle le plus long du corps humain : il est situé dans la loge antérieure de la cuisse, juste sous la peau, et s’étend en écharpe de la hanche jusqu’à la face interne du genou. Il participe à la flexion de la hanche et du genou et intervient dans le mouvement qui consiste à croiser une jambe sur l’autre, d’où son ancien nom, en référence à la position assise des tailleurs (sartor en latin).
Définition et situation
Le sartorius est un muscle superficiel, mince et rubané, qui traverse obliquement la face antérieure de la cuisse. Il s’étend de l’ilium, partie supérieure de l’os coxal, jusqu’à l’épiphyse proximale du tibia. Son trajet en diagonale, de haut en bas et de dehors en dedans, en fait un repère anatomique important : son bord médial forme la limite latérale du triangle fémoral (triangle de Scarpa), où passent l’artère, la veine et le nerf fémoraux.
Description
Le muscle naît de l’épine iliaque antéro-supérieure, saillie osseuse que l’on sent facilement à l’avant du bassin. Ses fibres, réunies en un ruban de quelques centimètres de large, descendent en bas et en dedans, croisant obliquement le muscle ilio-psoas puis le muscle quadriceps fémoral, dont elles recouvrent la partie médiale. Elles deviennent ensuite verticales, contournent en arrière le condyle médial du fémur et se terminent par un tendon aplati qui s’étale largement sur la partie supérieure de la face médiale du tibia.
Cette terminaison est commune avec celle de deux autres muscles : le muscle gracile, venu du pubis, et le muscle semi-tendineux, venu de l’ischion. Les trois tendons réunis forment la patte-d’oie, dont l’insertion tibiale est doublée d’une bourse séreuse. L’inflammation de cette bourse, ou tendinopathie de la patte-d’oie, est une cause classique de douleur sur la face interne du genou.
Innervation et vascularisation
Le sartorius est innervé par le nerf fémoral, issu du plexus lombaire (racines L2 et L3), qui lui envoie une ou deux branches pénétrant dans son tiers supérieur. Sa vascularisation provient principalement de branches de l’artère fémorale et de l’artère circonflexe latérale de la cuisse. Le nerf saphène, branche sensitive du nerf fémoral, chemine sous le muscle avant de devenir superficiel près du genou.
Fonction
Parce qu’il croise deux articulations, le sartorius agit à la fois sur la hanche et sur le genou :
- à la hanche, il fléchit la cuisse sur le bassin, l’écarte (abduction) et la tourne vers l’extérieur (rotation latérale) ;
- au genou, il fléchit la jambe sur la cuisse et, genou fléchi, participe à la rotation médiale de la jambe.
La combinaison de ces mouvements amène le talon vers le genou opposé : c’est la position du tailleur assis en tailleur. Le sartorius est cependant un muscle d’appoint, peu puissant, qui accompagne les muscles principaux (ilio-psoas pour la flexion de hanche, ischio-jambiers pour la flexion du genou). Il intervient dans la marche, la course et la montée des escaliers.
Intérêt clinique
Les lésions isolées du sartorius sont rares. On rencontre plus souvent des douleurs de son insertion tibiale (patte-d’oie) chez les sportifs et les personnes atteintes d’arthrose du genou, ou des arrachements de l’épine iliaque antéro-supérieure chez l’adolescent sportif, lors d’une contraction brutale. Une douleur persistante de la hanche ou de la face interne du genou justifie l’avis d’un médecin, qui pourra prescrire un examen adapté.


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