Conduite à tenir devant une crise hystérique aux urgences médicales: crise d'hystérie conduite à tenir

La crise dite hystérique désigne, dans le langage courant des urgences, une crise spectaculaire sans cause organique : agitation, pleurs, malaise, mouvements anormaux ou perte de contact apparente. Le terme « hystérie » n’est plus employé dans les classifications médicales actuelles, qui parlent de troubles neurologiques fonctionnels, de crises non épileptiques psychogènes ou d’attaques de panique selon le tableau. La conduite à tenir repose avant tout sur un principe : ne jamais conclure à une origine psychique avant d’avoir éliminé une cause organique.
Ce que recouvre l’expression
Sous cette étiquette ancienne se rangent des situations différentes :
- des crises non épileptiques psychogènes, qui ressemblent à des crises d’épilepsie mais ne s’accompagnent pas d’une activité électrique anormale du cerveau ;
- des malaises avec perte de contact apparente, chute ou rigidité ;
- des attaques de panique, avec sensation d’étouffement, respiration rapide, palpitations, vertiges, sueurs, fourmillements ou spasmes des mains ;
- des crises de pleurs ou d’agitation dans un contexte de forte charge émotionnelle.
Ces troubles sont réels : le patient ne simule pas. Ils ne doivent pas être confondus avec la simulation, qui est volontaire.
Première étape : éliminer une cause organique
De nombreuses urgences médicales peuvent prendre l’apparence d’une crise « nerveuse ». Le médecin recherche notamment :
- une crise d’épilepsie ou une autre affection neurologique ;
- une hypoglycémie ou un autre trouble métabolique ;
- un trouble du rythme cardiaque, un syndrome coronarien, une embolie pulmonaire ou un manque d’oxygène ;
- une intoxication ou un sevrage, en particulier liés à l’alcool ou aux drogues ;
- un trouble psychiatrique d’une autre nature, comme un épisode psychotique ou un trouble de l’humeur.
L’examen clinique, la mesure de la glycémie, l’électrocardiogramme et, selon le contexte, d’autres examens permettent de faire ce tri.
Les signes de gravité
Certains éléments imposent une prise en charge particulièrement attentive : contact impossible, violence que l’on ne parvient pas à apaiser, propos délirants, angoisse massive ou idées suicidaires. Ils orientent vers une évaluation psychiatrique en urgence.
L’attitude aux urgences
- installer la personne dans un endroit calme, à l’écart de l’agitation et des spectateurs ;
- adopter une attitude rassurante, sans jugement ni moquerie, et expliquer ce qui est fait ;
- éviter les gestes douloureux ou brutaux destinés à « tester » le patient ;
- si un traitement médicamenteux est nécessaire pour apaiser une anxiété intense, c’est au médecin d’en décider, au cas par cas.
Après la crise
Une fois la crise passée et le bilan rassurant, il est important d’expliquer au patient ce qui s’est produit, en termes clairs, et de l’orienter vers une consultation adaptée : médecin traitant, psychiatre, psychologue ou neurologue selon le tableau. Les psychothérapies, notamment cognitivo-comportementales, ont leur place dans la prise en charge des troubles fonctionnels et des attaques de panique. Devant tout malaise, en cas de doute, il faut appeler le 15 ou le 112.


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