L’anémie est la première cause de pertes de cheveux chez la femme


L’anémie, et surtout la carence en fer qui en est la cause la plus répandue, figure parmi les causes fréquentes de pertes de cheveux chez la femme. La présenter comme la « première cause » est une simplification, car la chute de cheveux féminine a de nombreuses origines ; mais le manque de fer fait partie des premières pistes que le médecin explore. Comprendre le lien entre fer, hémoglobine et cheveux aide à savoir quand consulter et quels examens attendre.
Qu’est-ce que l’anémie ?
L’anémie se définit par une baisse du taux d’hémoglobine dans le sang, la protéine des globules rouges qui transporte l’oxygène. Selon les seuils retenus par l’Organisation mondiale de la santé, on parle d’anémie en dessous de 12 g/dl chez la femme adulte non enceinte et de 13 g/dl chez l’homme adulte ; les laboratoires peuvent utiliser des valeurs de référence légèrement différentes. Une anémie n’est pas une maladie en soi mais un signe : elle peut venir d’un manque de fer, d’une carence en vitamine B12 ou en folates, d’un saignement chronique, d’une maladie inflammatoire ou d’une affection de la moelle osseuse. Sa cause doit donc toujours être recherchée.
Les signes qui doivent alerter
- une fatigue persistante et un essoufflement à l’effort ;
- une pâleur de la peau et des muqueuses ;
- des vertiges, des palpitations, des maux de tête ;
- des ongles fragiles ou cassants ;
- des cheveux ternes, cassants, et une chute plus abondante que d’habitude.
Aucun de ces signes n’est spécifique : chacun peut avoir d’autres origines, et seule une prise de sang permet de confirmer une anémie ou une carence en fer.
Pourquoi le manque de fer fait tomber les cheveux
Le follicule pileux compte parmi les tissus qui se renouvellent le plus activement dans l’organisme. Lorsque les réserves de fer s’épuisent, une partie des cheveux peut quitter prématurément la phase de croissance pour entrer en phase de repos, puis tomber quelques semaines plus tard : on parle d’effluvium télogène. La chute est alors diffuse, sur l’ensemble du cuir chevelu, sans plaque dégarnie. Il est normal de perdre chaque jour une cinquantaine à une centaine de cheveux ; c’est une chute nettement plus abondante et durable qui justifie un avis médical. Le lien entre carence en fer sans anémie et chute de cheveux reste discuté dans la littérature médicale, mais la correction d’une carence avérée fait partie de la prise en charge habituelle.
Les examens et les autres causes possibles
Devant une chute de cheveux, le médecin peut demander une numération formule sanguine, qui mesure l’hémoglobine, et un dosage de la ferritine, qui reflète les réserves de fer. D’autres bilans sont parfois utiles, notamment celui de la thyroïde. Les causes de chute de cheveux chez la femme sont nombreuses : alopécie androgénétique, qui relève d’une prise en charge spécifique ; chute après un accouchement ; stress important, maladie ou intervention récente ; régime restrictif ; certains médicaments ; maladies auto-immunes comme la pelade. Seul un professionnel de santé peut faire la part entre ces causes.
Grossesse, alimentation et prévention
Les besoins en fer augmentent pendant la grossesse, et les femmes qui ont des règles abondantes sont plus exposées à la carence. Le fer le mieux absorbé, dit fer héminique, se trouve dans les viandes, les abats, les volailles et les poissons. Les légumineuses, certains légumes verts et les céréales complètes apportent du fer non héminique, moins bien absorbé ; la vitamine C consommée au même repas en favorise l’absorption, tandis que le thé et le café pris au moment du repas la réduisent. Contrairement à une idée répandue, les produits laitiers sont pauvres en fer. Un complément ne se prend pas au hasard : un excès de fer est nocif, et la dose comme la durée doivent être fixées par un médecin après un bilan sanguin.


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