Traitement scoliose

Le traitement de la scoliose dépend de l’importance de la courbure, de l’âge et de la croissance restante, ainsi que du risque d’aggravation. Il va de la simple surveillance au corset et, pour les déformations sévères, à la chirurgie. La décision est toujours prise par un médecin spécialiste, après un examen clinique et des radiographies.
Qu’est-ce qu’une scoliose ?
La scoliose est une déformation de la colonne vertébrale dans les trois plans de l’espace : la colonne s’incurve latéralement et les vertèbres tournent sur elles-mêmes, ce qui peut créer une gibbosité, bosse visible quand la personne se penche en avant. On parle de scoliose lorsque l’angle de la courbure, mesuré sur une radiographie selon la méthode de Cobb, atteint au moins 10 degrés. Il faut la distinguer de l’attitude scoliotique, simple inclinaison sans rotation des vertèbres, souvent liée à une différence de longueur des jambes.
Dans la grande majorité des cas, la scoliose est dite idiopathique : sa cause n’est pas connue. Elle apparaît le plus souvent à l’adolescence, et les formes qui s’aggravent touchent davantage les filles. Les autres scolioses sont secondaires, par exemple à une maladie neurologique ou neuromusculaire, ou à une malformation des vertèbres.
Ce qui oriente le traitement
- l’angle de Cobb et son évolution d’un contrôle à l’autre ;
- la croissance restante, appréciée notamment par l’âge, la survenue des premières règles chez les filles et le degré de maturation osseuse, visible sur la radiographie du bassin (test de Risser) ;
- la localisation et la forme de la courbure ;
- la cause de la scoliose et l’état général.
Une scoliose risque surtout de s’aggraver pendant la croissance, en particulier lors de la poussée pubertaire. Chez l’adulte, les courbures modérées évoluent peu, alors que les courbures importantes peuvent continuer à progresser lentement.
Surveillance, kinésithérapie et corset
Les petites courbures font l’objet d’une surveillance clinique et radiographique régulière jusqu’à la fin de la croissance. La kinésithérapie, avec des exercices spécifiques de correction posturale et de renforcement, est souvent proposée en complément : elle entretient la souplesse et la musculature, mais ne remplace pas le corset lorsqu’il est indiqué.
Chez l’enfant ou l’adolescent en croissance dont la courbure progresse au-delà d’une vingtaine de degrés environ, le médecin peut prescrire un corset orthopédique. Son but est de freiner l’aggravation jusqu’à la fin de la croissance, plus que de corriger durablement la courbure. Son efficacité dépend largement du temps pendant lequel il est réellement porté, ce qui demande un accompagnement de l’enfant et de sa famille. L’électrostimulation musculaire nocturne, proposée autrefois, a été abandonnée faute d’efficacité démontrée.
La chirurgie
Lorsque la courbure est importante, en général au-delà de 45 à 50 degrés, ou qu’elle continue de s’aggraver malgré le corset, une intervention peut être proposée. La technique la plus courante est l’arthrodèse vertébrale : le chirurgien corrige la courbure à l’aide de tiges et de vis fixées aux vertèbres, puis obtient la soudure osseuse de la zone opérée. Les scolioses d’origine neuromusculaire demandent souvent des interventions plus étendues, préparées par une équipe pluridisciplinaire.
Vivre avec une scoliose
L’activité physique et sportive est en règle générale encouragée chez les jeunes atteints de scoliose, y compris pendant le port du corset, selon les conseils du médecin. Un suivi régulier reste nécessaire jusqu’à la fin de la croissance, et parfois au-delà. Toute question sur une scoliose, chez l’enfant comme chez l’adulte, doit être discutée avec un médecin, qui adaptera la prise en charge à chaque situation.

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