Maladie de gougerot

La maladie de Gougerot, ou syndrome de Gougerot-Sjögren, est une maladie auto-immune chronique dans laquelle le système immunitaire s’attaque aux glandes qui produisent les larmes et la salive. Elle se manifeste surtout par une sécheresse des yeux et de la bouche, souvent associée à une grande fatigue et à des douleurs articulaires. Elle touche majoritairement des femmes, le plus souvent autour de la cinquantaine.
Une maladie auto-immune des glandes exocrines
Dans cette maladie, des globules blancs, les lymphocytes, infiltrent les glandes salivaires et lacrymales et perturbent leur fonctionnement. Elle porte le nom du dermatologue français Henri Gougerot, qui l’a décrite en 1925, et de l’ophtalmologue suédois Henrik Sjögren, qui en a publié une étude détaillée en 1933.
On distingue deux formes : le syndrome primaire, qui survient isolément, et le syndrome secondaire, associé à une autre maladie auto-immune, comme la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus. C’est l’une des maladies auto-immunes systémiques les plus fréquentes, mais elle reste souvent diagnostiquée tardivement, car ses premiers signes sont banals.
Les symptômes
- Sécheresse oculaire : sensation de sable ou de brûlure dans les yeux, rougeur, gêne à la lumière.
- Sécheresse buccale : difficulté à avaler les aliments secs ou à parler longtemps, besoin de boire souvent, caries plus fréquentes.
- Autres sécheresses : peau, nez, gorge, muqueuses génitales.
- Fatigue souvent importante, et douleurs articulaires ou musculaires.
- Parfois, un gonflement des glandes parotides, situées devant les oreilles.
Chez une partie des patients, la maladie atteint d’autres organes : poumons, reins, nerfs, peau ou vaisseaux. Elle s’accompagne aussi d’un risque accru de lymphome, un cancer des ganglions, ce qui justifie un suivi médical régulier. Ce risque reste toutefois limité pour la majorité des malades.
Le diagnostic
Il s’appuie sur un ensemble d’éléments réunis par un médecin, souvent un rhumatologue ou un interniste :
- des tests mesurant la sécheresse, comme le test de Schirmer pour les larmes ou la mesure du débit salivaire ;
- une prise de sang à la recherche d’anticorps caractéristiques, notamment les anticorps anti-SSA ;
- une biopsie des glandes salivaires accessoires de la lèvre, un geste simple réalisé sous anesthésie locale, qui montre l’infiltration lymphocytaire.
Les traitements
Il n’existe pas de traitement guérissant la maladie, mais de nombreuses mesures soulagent les symptômes. Les larmes artificielles et les gels ophtalmiques compensent la sécheresse des yeux. Pour la bouche, on conseille de boire régulièrement, d’utiliser des substituts salivaires et de surveiller étroitement l’hygiène bucco-dentaire. Un médicament stimulant la sécrétion de salive peut être prescrit. Les douleurs articulaires sont prises en charge selon leur intensité, et les formes qui touchent d’autres organes peuvent nécessiter des traitements immunosuppresseurs. Ces choix relèvent du médecin spécialiste. Sur la sécheresse buccale, lire aussi : Le phénomène de bouche sèche est très fréquent.


vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter