Les aliments anticancer au quotidien

> > Les aliments anticancer au quotidien ; écrit le: 13 mars 2012 par azza

L’assiette type

L’alimentation anticancer est constituée surtout de légumes et légumineuses accompagnés d’huile d’olive (ou d’huile de lin, ou de beurre bio), d’ail, d’herbes et d’épices. Au lieu de constituer le centre de l’assiette, la viande et les œufs sont optionnels et servent d’accompagnement pour le goût. C’est exactement l’inverse de l’assiette occidentale typique (une tranche de viande au centre avec quelques légumes autour…)

 Thé vert

Riche en polyphénols dont les catéchines, et particuliè­rement l’épigallocatéchine-3-gallate (EGCG), qui réduit la croissance des nouveaux vaisseaux nécessaires à la croissance des tumeurs et des métastases. C’est aussi un puissant antioxydant, un détoxifiant (active les enzymes du foie qui éliminent les toxines de l’organisme) et un facilitateur de la mort des cellules cancéreuses par apoptose. En laboratoire, il augmente les effets de la radiothérapie sur les cellules cancé­reuses.

.

.

Attention, le thé noir est fermenté. Ce procédé détruit en grande partie les polyphénols. Le thé Oolong est d’une fer­mentation intermédiaire entre le thé vert et le thé noir. Le thé vert décaféiné contient encore tous ses polyphénols.

Le thé vert japonais (Sencha, Gyokuro, Matcha, etc.) est encore plus riche en EGCG que le thé vert chinois.

.

.

La libération des catéchines nécessite une infusion pro­longée, au moins 5 à 8 minutes, de préférence 10 minutes.

Utilisation recommandée : infuser 2 g de thé vert pendant 10 minutes dans une théière et consommer dans l’heure qui suit (au-delà de cette durée, les polyphénols disparaissent). Il est recommandé de consommer 6 tasses par jour.

.

.

Attention : certaines personnes sont sensibles à la caféine du thé vert et peuvent souffrir d’insomnie si elles en consomment après 16 heures. Utiliser dans ce cas le thé vert décaféiné.

Curcuma-curry

Le curcuma (poudre jaune qui entre dans la composition du curry) est l’anti-inflammatoire naturel le plus puissant identifié à ce jour. Il contribue aussi à induire l’apoptose des cellules cancéreuses et à inhiber l’angiogenèse. En laboratoire, il aug­mente l’efficacité de la chimiothérapie et réduit la progression des tumeurs.

.

.

Attention : pour être absorbé par l’organisme, le curcuma doit être mélangé à du poivre noir (pas simplement à des piments). Idéalement, il doit aussi être solubilisé dans de l’huile (huile d’olive, ou huile de lin de préférence). Les diffé­rents mélanges de curry peuvent ne contenir que 1/5 ou moins de curcuma. Il est préférable d’obtenir directement de la poudre de curcuma.

Utilisation typique : une demi-cuiller à café de poudre de curcuma mélangée à une cuiller à café d’huile d’olive, à une bonne pincée de poivre noir et à un filet de sirop d’agave. Peut être ajouté aux légumes, aux soupes, aux vinaigrettes.

.

.

Gingembre

La racine de gingembre agit aussi comme un puissant anti­inflammatoire, un antioxydant (plus efficace par exemple que la vitamine E) et contre certaines cellules cancéreuses. Il contribue aussi à réduire la formation de nouveaux vaisseaux sanguins.

Une infusion de gingembre peut être utilisée pour réduire la nausée qui accompagne la chimiothérapie ou la radiothérapie.

.

.

Utilisation typique : râper un morceau de gingembre dans un mélange de légumes qui cuisent dans un peu d’huile au wok ou à la poêle. Ou laisser mariner des fruits avec du jus de citron vert et du gingembre râpé (peut être accompagné de sirop d’agave pour ceux qui préfèrent un goût plus sucré). En infusion : laisser infuser 10 à 15 minutes un doigt de gin­gembre découpé en tranches dans de l’eau bouillante. Peut être consommé chaud ou froid.

Légumes crucifères

Les choux (de Bruxelles, chinois, brocolis, choux-fleurs, etc.) contiennent du sulforaphane, des glucosinulates et des indole-3-carbinoles (I3C) qui sont de puissantes molécules anticancer. Le sulforaphane et les I3C ont la capacité de détoxifier certains carcinogènes. Ils empêchent l’évolution de cellules précancéreuses en tumeurs malignes. Ils agissent aussi en favorisant le suicide des cellules cancéreuses et en bloquant l’angiogenèse.

Attention : il faut éviter de bouillir les choux et brocolis car cela risque de détruire le sulforaphane et les I3C.

Utilisation typique : cuisson courte à la vapeur, à l’étuvée, ou passés rapidement dans un wok avec un peu d’huile d’olive.

Ail, oignons, poireaux, échalote, ciboulette

L’ail est une des herbes médicinales les plus anciennes (on trouve des ordonnances d’ail sur les tablettes sumériennes trois mille ans avant J.-C.). Pasteur a noté ses effets antibactériens en 1858. Pendant la Première Guerre mondiale, il était lar­gement utilisé dans le pansement des blessures et la prévention des infections. Puis à nouveau par les soldats russes de la Seconde Guerre mondiale qui manquaient d’antibiotiques, au point qu’on l’appelait « la pénicilline russe ».

Les composés soufrés de cette famille (les « alliacés ») réduisent en partie les effets cancérigènes des nitrosamines et composés N-nitroso qui se forment sur les viandes trop grillées, ou lors de la combustion du tabac. Ils induisent l’apoptose des cellules du cancer du côlon, du sein, du poumon, de la prostate, et de la leucémie.

Les études épidémiologiques suggèrent une réduction des cancers du rein et de la prostate chez les personnes qui en consomment le plus. En outre, tous les légumes de cette famille aident à maîtriser le taux de sucre dans le sang, ce qui réduit la sécrétion d’insuline et d’IGF et donc la croissance des cellules cancéreuses.

Attention : les molécules actives de l’ail sont libérées lors de l’écrasement de la gousse, et sont beaucoup mieux absorbées si elles sont solubilisées dans un peu d’huile.

Utilisation typique : ail et oignons hachés et revenus dans un peu d’huile d’olive, mélangés à des légumes cuits à la vapeur ou au wok, combinés avec du curry ou du curcuma. Ils peuvent aussi se consommer crus, mélangés à des salades, ou dans un sandwich fait avec du pain aux quatre céréales et du beurre fermier (ou de l’huile d’olive).

Légumes et fruits riches en carotènes

Carottes, patates douces, courges, citrouilles, potimarrons, tomates, kakis, abricots, betteraves, et tous les légumes ou fruits aux couleurs vives : orange, rouge, jaune, vert. Ils pos­sèdent de la vitamine A et du lycopène qui ont la capacité prouvée d’inhiber la progression de cellules cancéreuses de plusieurs lignées dont certaines des plus agressives (comme les gliomes du cerveau).

La lutéine, le lycopène, la phytoène, la canthaxanthine sti­mulent la multiplication des cellules du système immunitaire et augmentent leur capacité à attaquer les cellules tumorales. Ils rendent les cellules NK plus agressives. Une étude ayant suivi pendant six ans des femmes atteintes d’un cancer du sein a montré que celles qui consommaient le plus d’aliments riches en carotènes avaient une durée de vie plus longue que celles qui en consommaient moins.

Tomates

Le lycopène des tomates est associé à une augmentation de la survie dans le cancer de la prostate chez les hommes consommant au moins deux repas par semaine avec de la sauce tomate.

Attention :pour rendre le lycopène disponible, il faut que les tomates soient cuites (comme dans la sauce tomate), et son absorption est améliorée par les corps gras (comme l’huile d’olive).

Utilisation typique : sauce tomate en pot (à l’huile d’olive et sans sucre ajouté). Ou le faire soi-même : faire cuire des tomates dans une poêle avec un peu d’huile d’olive à feu doux. On peut y ajouter des oignons et de l’ail, du tofu, ou des œufs bio équilibrés en oméga-3, avec du cumin, du curcuma, du poivre, etc.

Soja

Les isoflavones du soja (dont la génistéine, la daidzéine et la glycitéine) bloquent la stimulation des cellules cancéreuses par les hormones sexuelles (comme les œstrogènes et la testo- stérone). Elles agissent aussi en bloquant l’angiogenèse. Les femmes asiatiques qui consomment du soja (depuis l’adoles­cence) ont beaucoup moins de cancers du sein. Quand elles en ont, il s’agit en général de tumeurs moins agressives avec des taux de survie plus élevés.

Attention : les suppléments d’isoflavone (en pilule) ont été associés à une aggravation de certains cancers du sein, mais non les apports nutritionnels.

Attention : les OGM sont interdits en France. Mais de nombreuses cultures de soja dans le monde sont maintenant faites à partir d’OGM. On ne connaît pas l’impact de ces plantes génétiquement modifiées sur le développement du cancer. Dans le doute, il est recommandé d’utiliser des sojas bio et non-OGM.

Soja et Taxol

Il semble que la génistéine du soja puisse interférer avec le Taxol. En attendant la confirmation de cette interaction dans des études sur l’homme, il est plus sage de ne pas consommer de produits à base de soja pendant la chimio­thérapie par le Taxol (arrêter quelques jours avant et ne reprendre que quelques jours après).

Utilisation typique : lait de soja, yaourts au soja au petit déjeuner en remplacement des produis laitiers conventionnels. Fèves de soja, tofu, tempeh, miso. Le tofu peut être consommé cru ou cuit, il prend le goût des aliments, oignons, ail, curry, etc., et des sauces avec lesquelles il cuit dans la poêle ou le wok. Il peut aussi facilement être ajouté à des soupes. C’est une excellente source de protéines complètes qui peut être uti­lisée pour remplacer la viande.

Champignons

Champignons shitaké, maïtaké, énokitaké, cremini, porto- bello, champignons de Paris, pleurote et pleurote du panicaut possèdent tous des polysaccharides et de la lentinane qui sti­mulent la multiplication et l’activité des cellules immunitaires. Ils sont fréquemment utilisés au Japon en accompagnement de la chimiothérapie pour soutenir le système immunitaire (le maïtaké exerce sans doute l’influence la plus marquée sur ce dernier).

Utilisation typique : dans une soupe de légumes ou un bouillon de volaille, grillés au four, cuits au wok avec d’autres légumes.

Herbes et épices

Les herbes de cuisine comme le romarin, le thym, l’origan, le basilic, la menthe sont très riches en huiles essentielles (aux­quelles elles doivent leur parfum) de la famille des terpènes.

Elles augmentent l’apoptose des cellules cancéreuses et réduisent leur prolifération en bloquant les enzymes néces­saires à l’invasion des tissus voisins.

Le camosol du romarin est aussi un puissant antioxydant et anti-inflammatoire. Sa capacité à augmenter l’efficacité de certaines chimiothérapies est démontrée, y compris sur des lignées de cellules cancéreuses devenues résistantes au traite­ment.

Le persil et le céleri contiennent de l’apigénine qui est anti­inflammatoire, induit l’apoptose, et bloque l’angiogenèse selon un mécanisme comparable à celui du Glivec.

Algues

Plusieurs algues marines consommées couramment en Asie contiennent des molécules qui ralentissent la croissance du cancer, en particulier du sein, de la prostate, de la peau et du côlon. Les algues brunes rallongent aussi la durée des cycles menstruels par un effet antiœstrogène. Le fucoïdane qu’on trouve dans le kombu et le wakamé aide à provoquer la mort des cellules par apoptose et stimule les cellules du système immunitaire, comme les cellules natural killer. La fucoxan- thine donne leur couleur brune à certaines algues. C’est un earoténoïde (de la même famille que le lycopène de la tomate) encore plus efficace que son cousin le lycopène sur l’inhibition de la croissance des cellules du cancer de la prostate.

Les principales algues alimentaires sont : le nori, le kombu, le wakamé, l’aramé et la dulse.

Le nori est une des très rares espèces végétales qui contiennent des acides gras oméga-3 à longues chaînes – les plus efficaces sur l’inflammation et indispensables au fonction­nement des neurones.

Utilisation courante : les algues peuvent être utilisées dans les soupes, les salades, ou ajoutées à la cuisson des légumineuses comme les haricots et les lentilles (en particulier, le kombu a la réputation d’abréger le temps de cuisson des légu­mineuses et de les rendre plus digestes).

Fruits rouges

Fraises, framboises, myrtilles, mûres, airelles contiennent de l’acide ellagique et de multiples polyphénols. Ils stimulent les mécanismes d’élimination des cancérigènes et inhibent l’angiogenèse. Les anthocyanidines et proanthocyanidines facilitent aussi l’apoptose des cellules cancéreuses.

Utilisation typique : au petit déjeuner, mélangés avec du lait de soja et des céréales multigrains qui, contrairement aux céréales commerciales de type corn flak.es, ne font pas monter le taux de sucre, insuline et IGF dans le sang (les meilleures céréales sont le muesli, ou les combinaisons avoine, son, lin, seigle, orge, épautre, etc.).

En salade de fruits ou en encas entre les repas, pour leur goût frais et sucré qui néanmoins ne déclenche pas de pic glycémique dans le sang. En hiver, on peut continuer à consommer les fruits rouges sous forme surgelée qui conserve les molécules anticancer sans les abîmer.

Agrumes

Oranges, mandarines, citrons, pamplemousses contiennent des flavonoïdes anti-inflammatoires. Ils stimulent aussi la détoxification des cancérigènes par le foie. Il a même été montré que les flavonoïdes de la peau des mandarines – la langéritine et la nobilétine – pénètrent les cellules du cancer du cerveau, facilitent leur mort par apoptose, et réduisent leur potentiel d’invasion des tissus voisins. (Attention, préférez des mandarines bio si vous mangez la peau.)

Utilisation typique : la peau des agrumes bio râpée peut être saupoudrée sur la vinaigrette, les céréales du petit déjeuner, la salade de fruits, ou encore infusée dans de l’eau chaude ou du thé.

Jus de grenade

Le jus de grenade est utilisé dans la médecine perse depuis des millénaires. Ses propriétés anti-inflammatoires et antioxy­dantes sont désormais prouvées, ainsi que sa capacité de réduire considérablement la croissance du cancer de la prostate (entre autres) y compris de ses formes les plus agressives. Chez l’homme, la consommation quotidienne de jus de grenade diviserait par trois la vitesse de propagation de cancers établis de la prostate.

Utilisation courante : un verre (225 ml ou 8 oz) par jour de jus de grenade (en vente dans les boutiques spécialisées), le matin au petit déjeuner.

Vin rouge

Le vin rouge contient de nombreux polyphénols, dont le fameux resvératrol. Ces polyphénols étant extraits par fermentation, leur concentration est plus importante dans le vin que dans le jus de raisin. Comme ils proviennent de la peau et des pépins du raisin, ils sont beaucoup moins présents dans le vin blanc. La conservation du vin – qui est protégé de l’oxygène – permet d’éviter leur oxydation rapide (ce qui n’est pas le cas des raisins secs, qui ont perdu leurs polyphénols).

Le resvératrol agit sur les gènes connus pour protéger les cellules saines du vieillissement (sirtuines). Il a aussi la capacité de ralentir les trois étapes de la progression du cancer – initiation, promotion et progression – en bloquant l’action du NF-kappaB .

Utilisation courante : ces résultats sont observés avec des concentrations comparables à celles obtenues par la consom­mation d’un verre de vin rouge par jour (une consommation quotidienne supérieure n’est pas recommandée, car elle entraî­nerait selon certaines études une augmentation des cancers). Le vin de Bourgogne, où le climat est plus humide, est particu­lièrement riche en resvératrol.

Le chocolat noir

Le chocolat noir (plus de 70 % de cacao) contient de nombreux antioxydants, des proanthocyanidines et beaucoup de polyphénols (un carré de chocolat en contient deux fois plus qu’un verre de vin rouge et presque autant qu’une tasse de thé vert bien infusée). Ces molécules retardent la croissance des cellules cancéreuses, et limitent l’angiogenèse.

Une consommation jusqu’à 20 g par jour (un cinquième de tablette) n’est pas un apport calorique excessif. La satisfaction ressentie est souvent plus forte qu’avec une confiserie ou un dessert, en même temps que la faim est coupée plus effica­cement. Son index glycémique (capacité à faire monter le taux de glucose dans le sang et à induire des pics néfastes d’insuline et d’IGF) est modéré, nettement inférieur à celui de la baguette de pain blanc.

Attention : le mélange du chocolat et du lait annule les effets bénéfiques des molécules contenues dans le cacao.

Utilisation courante : quelques carrés de chocolat à la place d’un dessert à la fin d’un repas (avec du thé vert !). Faire fondre du chocolat noir au bain-marie pour le verser sur des poires ou toute autre salade de fruits.

La vitamine D

La vitamine D est fabriquée par la peau lors de l’exposition au soleil. Les populations qui vivent loin de l’équateur en fabriquent moins et sont parfois déficitaires. C’est la raison pour laquelle on a longtemps recommandé aux enfants des pays du Nord de prendre une cuillerée d’huile de foie de morue tous les jours pour éviter le rachitisme. On sait aujourd’hui qu’un apport suffisant de vitamine D réduit consi­dérablement le risque de développer plusieurs cancers diffé­rents (de plus de 75 % dans une étude de l’université de Creighton publiée en 2007, pour un apport de 1 000 UI par jour de la forme 25 Hydroxyvitamine D). L’Association canadienne du cancer recommande désormais à tous les Cana­diens de consommer 1 000 unités de vitamine D pendant les mois d’automne et d’hiver (accès limité à la lumière du soleil), et toute l’année aux personnes âgées et à celles qui s’exposent rarement au soleil. Vingt minutes d’exposition au soleil de midi sur l’ensemble du corps apportent à elles seules près de 8 000 à 10 000 unités (mais attention aux dangers de la surex­position).

Les aliments qui contiennent le plus de vitamine D sont : l’huile de foie de morue (1 360 UI dans une cuiller à soupe), le saumon (360 UI pour 100 g), le maquereau (345 UI pour 100 g), les sardines (270 UI pour 100 g) et les anguilles (200 UI pour 100 g). Le lait enrichi en vitamine D ne contient que 98 UI pour un verre, un œuf 25 UI, et le foie de veau 20 UI pour 100 g.

Oméga-3

Les oméga-3 à longue chaîne présents dans les poissons gras (ou les huiles de poissons gras de bonne qualité) réduisent l’inflammation. En culture, ils retardent la croissance des cellules cancéreuses d’un large éventail de tumeurs (poumon, sein, côlon, prostate, rein, etc.)- Ils agissent aussi en réduisant la dissémination des tumeurs sous forme de métastases. De nombreuses études humaines montrent que le risque de plu­sieurs cancers (côlon, sein, prostate, ovaire) est considéra­blement réduit chez les personnes qui mangent du poisson au moins deux fois par semaine

Attention : plus les poissons sont gros (thon, mais surtout roussette ou espadon), plus ils sont hauts dans la chaîne ali­mentaire, et plus ils sont contaminés par le mercure, les PCB et la dioxine qui abondent au fond des océans. Les meilleures sources de poisson gras sont donc les petits poissons comme les sardines (y compris les sardines en boîte, à condition qu’elles soient conservées dans l’huile d’olive et non dans l’huile de tournesol, trop riche en oméga-6), les anchois entiers ou les petits maquereaux. Le saumon est aussi une bonne source d’oméga-3 et le niveau de contamination reste encore acceptable. Le thon germon est, semble-t-il, le moins contaminé des thons en boîte. Les poissons surgelés perdent progressivement de leurs oméga-3 avec la durée de la conser­vation.

Les graines de lin sont riches en oméga-3 végétaux (à « courte chaîne ») et en lignanes. Ces phytoestrogènes réduisent l’activité néfaste des hormones sur la croissance du cancer et peut-être aussi sur l’angiogenèse. Dans une étude récente de l’université de Duke, la consommation quotidienne de 30 g de graines de lin moulues ralentissait la croissance des tumeurs de la prostate de 30 à 40 %.

Utilisation typique : moudre les graines de lin (dans un moulin à café) et les mélanger avec du lait bio ou du lait de soja (ou un yaourt bio ou de soja). Cette poudre peut aussi être mélangée aux céréales du matin ou à une salade de fruits à laquelle elle donne un goût de noisette. L’huile de lin est aussi riche en oméga-3 végétaux et en lignanes. Mais attention de conserver cette huile au réfrigérateur, dans une bouteille opaque afin d’éviter l’oxydation (ainsi que l’odeur rance). Il est préférable de ne pas la conserver plus de trois mois.

Probiotiques

L’intestin contient normalement des bactéries « amies » qui participent utilement à la digestion et à la régularité du transit intestinal. Elles jouent aussi un rôle important dans l’équilibre du système immunitaire. Parmi les plus courantes, on trouve le Lactobacillus acidophilus et le Lactobacillus bifidus.

Il a été démontré que les probiotiques inhibent la croissance des cellules cancéreuses du côlon. L’accélération du transit intestinal réduirait aussi le risque du cancer du côlon en

limitant le temps d’exposition de l’intestin aux cancérigènes apportés par l’alimentation. Les probiotiques joueraient donc aussi un rôle de détoxification.

Les yaourts et le kéfir sont de bonnes sources de probio­tiques. Les yaourts de soja sont généralement enrichis en pro­biotiques. Ces précieuses bactéries sont aussi présentes dans la choucroute ou le kim chee.

Enfin, certains aliments sont des prebiotiques, c’est-à-dire qu’ils contiennent des polymères de fructose qui stimulent la croissance des bactéries probiotiques. Il s’agit de l’ail, de l’oignon, de la tomate, de l’asperge, de la banane et du blé.

Aliments riches en sélénium

Le sélénium est un oligoélément (présent dans la terre) qu’on retrouve en abondance dans les légumes ou les céréales cultivés en agriculture biologique (l’agriculture intensive vide le sol de son sélénium, qui est désormais très rare dans les pays européens). On le trouve aussi dans les poissons, les fruits de mer ou encore dans les abats. Le sélénium stimule l’activité des cellules immunitaires, et particulièrement des cellules NK (jusqu’à plus de 80 % d’augmentation d’activité selon une étude). Le sélénium est aussi un stimulant de l’ac­tivité des mécanismes antioxydants de l’organisme.

Aliments spécifiques contre certains cancers

Certains aliments inhibent spécifiquement la croissance des cellules de certains cancers. Le laboratoire du docteur Béliveau a pu tester des extraits bruts de différents aliments contre les cellules de plusieurs cancers.

Cela permet de dresser une liste d’aliments à privilégier au maximum dans une alimentation ciblée contre un cancer parti­culier. A noter que l’ail, les oignons et le poireau (la famille des alliacés) figurent en tête des aliments les plus efficaces pour tous les cancers de la liste qui figure dans le livret pra­tique joint à ce livre.

La dernière ligne de chaque tableau (« contrôle ») cor­respond à la croissance des cellules cancéreuses quand elles ne sont mises en présence d’aucun ingrédient particulier, ce qui permet de montrer l’efficacité de chaque ingrédient.

Cocktail de légumes utilisé dans l’expérience des souris du laboratoire de Richard Béliveau

Ail : 100 g

Choux de Bruxelles : 100 g Betterave : 100 g Airelles : 100 g Oignon vert : 100 g Brocolis : 100 g Épinard : 100 g Fèves vertes : 100 g Pamplemousse : 100 g

Curcuma dans huile de lin : 2 cuillers à café/10 ml d’huile Polyphénols de thé vert : 2,4 g (ce qui correspond à environ 6 tasses de thé et 2 g de feuilles)

Poivre noir : 2 cuillers à café

Les 900 g de fruits et légumes donnent 270 ml de potion. Les souris sont gavées avec 100 microlitres par jour, en plus de leur nourriture habituelle, ce qui correspond à peu près à 240 ml de cocktail pour un humain.

Vidéo : Les aliments anticancer au quotidien

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Les aliments anticancer au quotidien

← Article précédent: Les pannes de paupières: Article suivant: Asthme : Les mesures d’hygiène


Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles