Erotisme
L’érotisme, du grec ancien erôs, « le désir amoureux », désigne l’ensemble des phénomènes qui suscitent le désir sexuel, ainsi que les manifestations, notamment culturelles et artistiques, qui expriment cette attirance ou cherchent à la provoquer. Il se distingue de la sexualité au sens strict, qu’il précède et accompagne, et de la pornographie, dont il diffère par la place laissée à la suggestion et à l’imaginaire. Notion à la fois psychologique, culturelle et esthétique, l’érotisme fait partie d’une vie affective et sexuelle équilibrée.
Définition et origine du mot
Éros est, dans la mythologie grecque, le dieu de l’amour et du désir ; les philosophes, Platon en tête, ont fait de l’erôs la force qui pousse vers ce qui manque et vers le beau. L’adjectif « érotique » et le nom « érotisme » ont conservé cette idée de désir, en la centrant sur l’attirance sexuelle. L’érotisme n’est pas l’acte sexuel lui-même : c’est ce qui l’entoure, l’annonce, le met en scène ou le remplace dans l’imagination.
Érotisme, sexualité et pornographie
La sexualité désigne l’ensemble des comportements et des fonctions liés à la reproduction et au plaisir sexuel. L’érotisme en est la dimension imaginaire et culturelle : il tient au regard, au vêtement qui dévoile en cachant, au geste esquissé, au mot, à l’attente. La pornographie, elle, montre explicitement l’acte sexuel dans le but principal d’exciter ; elle est encadrée par la loi, notamment pour protéger les mineurs. La frontière entre érotisme et pornographie varie selon les époques et les sociétés : une œuvre jugée obscène à sa parution peut devenir un classique.
La dimension psychologique
L’érotisme est souvent lié à la stimulation de l’imagination provoquée par la vue ou l’évocation d’une autre personne. Une tenue qui révèle une partie du corps, une voix, un parfum, une situation peuvent être perçus comme érotiques, mais cette perception dépend de l’histoire de chacun, de sa culture et de ses fantasmes. La psychanalyse a décrit sous le nom de libido l’énergie du désir ; la psychologie contemporaine insiste sur le rôle de l’anticipation, de la nouveauté et de la sécurité affective dans l’entretien du désir au sein d’un couple.
L’érotisme dans l’art et la littérature
Toutes les civilisations ont produit un art érotique : le Kâmasûtra indien, les estampes shunga du Japon de l’époque d’Edo, la poésie de Sappho, L’Art d’aimer d’Ovide, le Cantique des cantiques. La peinture européenne, de Titien à Courbet, a fait du nu un sujet majeur. La littérature libertine du XVIIIe siècle, de Laclos à Sade, puis, au XXe siècle, Histoire d’O de Pauline Réage ou les journaux d’Anaïs Nin ont exploré le désir sous toutes ses formes. Le philosophe Georges Bataille, dans L’Érotisme (1957), y voit une expérience intérieure liée à la transgression des interdits et à la conscience de la mort.
Érotisme et santé
Le désir varie naturellement au cours de la vie : âge, fatigue, stress, grossesse, maladie, dépression et certains médicaments peuvent le diminuer. Une baisse durable du désir qui fait souffrir la personne ou le couple mérite d’en parler à un médecin ou à un sexologue, car elle a souvent une cause identifiable et accessible à un accompagnement. L’érotisme partagé suppose le consentement, le respect et la communication ; entretenu par la parole, le jeu et l’attention à l’autre, il contribue au bien-être et à la solidité du lien affectif.
Une notion relative aux cultures
Ce qui est érotique ici ne l’est pas ailleurs : la pudeur, les normes vestimentaires, la religion et la censure façonnent les représentations. L’histoire de l’érotisme est ainsi inséparable de celle des mœurs, des interdits et de leur transgression.


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