Electroencéphalographie(EEG)
L’électroencéphalographie (EEG) est un examen qui enregistre l’activité électrique du cerveau grâce à des électrodes posées sur le cuir chevelu. Indolore et sans danger, elle produit un tracé, l’électroencéphalogramme, qui reflète au fil du temps le fonctionnement du cortex cérébral. Elle est surtout utilisée pour diagnostiquer et suivre l’épilepsie, mais aussi dans l’étude du sommeil et des troubles de la conscience.
Principe de l’examen
Les neurones communiquent par de petits courants électriques. Pris isolément, ils sont trop faibles pour être captés à travers le crâne ; mais lorsque de très nombreux neurones du cortex fonctionnent de façon synchrone, la somme de leurs activités produit des variations de potentiel mesurables à la surface de la tête, de l’ordre de quelques dizaines de microvolts. Le premier enregistrement chez l’être humain a été réalisé par le psychiatre allemand Hans Berger dans les années 1920.
Déroulement
Le patient est installé au calme, assis ou allongé. Une vingtaine d’électrodes sont fixées sur le cuir chevelu, le plus souvent à l’aide d’un casque ou d’une pâte conductrice, selon une disposition standardisée (système international dit « 10-20 »). L’enregistrement dure en général de vingt à trente minutes. Il est recommandé d’avoir les cheveux propres et sans produit coiffant. Selon la question posée, l’EEG peut être couplé à une vidéo, prolongé pendant le sommeil ou réalisé sur plusieurs heures.
Les rythmes cérébraux
Le tracé se décrit par la fréquence des ondes, exprimée en hertz (Hz) :
- delta (moins de 4 Hz) : ondes lentes du sommeil profond, normales aussi chez le jeune enfant ;
- thêta (environ 4 à 7 Hz) : présentes lors de la somnolence ;
- alpha (environ 8 à 12 Hz) : rythme de l’adulte éveillé, au repos, les yeux fermés, surtout à l’arrière de la tête (régions occipitales) ;
- bêta (environ 13 à 30 Hz) : rythmes rapides et de faible amplitude, prédominant en avant, liés à l’éveil attentif ;
- gamma (au-delà de 30 Hz) : surtout étudiés en recherche.
L’interprétation tient compte de l’âge, de l’état de vigilance et des médicaments pris.
Les épreuves d’activation
Pour faire apparaître des anomalies qui ne se manifestent pas au repos, le médecin demande souvent :
- l’ouverture et la fermeture des yeux : l’ouverture des yeux fait normalement disparaître le rythme alpha (réaction d’arrêt) ;
- l’hyperpnée, une respiration ample et rapide pendant quelques minutes, qui peut ralentir le tracé et révéler certaines épilepsies, notamment les absences de l’enfant ;
- la stimulation lumineuse intermittente, des éclairs à différentes fréquences, qui recherche une photosensibilité.
La privation de sommeil avant l’examen est parfois demandée pour augmenter les chances d’enregistrer une anomalie.
À quoi sert l’EEG ?
- diagnostiquer une épilepsie, en préciser le type et suivre le traitement ;
- explorer une confusion, un coma ou une encéphalopathie ;
- étudier le sommeil, au sein d’une polysomnographie ;
- contribuer, dans un cadre réglementé, au constat de la mort encéphalique ;
- la recherche en neurosciences cognitives.
Un EEG normal n’exclut pas une épilepsie, et certaines anomalies n’ont pas de signification pathologique : seul le médecin qui a prescrit l’examen peut en interpréter le résultat.


vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter