Anatomie vessie
L’anatomie de la vessie décrit un organe creux, musculaire et extensible, qui sert de réservoir à l’urine entre deux mictions. Située dans le petit bassin, derrière la symphyse pubienne, la vessie (en latin vesica urinaria, en anglais urinary bladder) reçoit l’urine des deux uretères et l’évacue par l’urètre.
Situation et forme
La vessie occupe la partie antérieure de la cavité pelvienne. Elle est sous-péritonéale : le péritoine ne recouvre que sa face supérieure. Sa forme varie avec son remplissage :
- vide, elle est aplatie, de forme pyramidale, et reste cachée derrière le pubis ;
- pleine, elle devient globuleuse et s’élève au-dessus du pubis vers l’abdomen, ce qui permet de la palper (« globe vésical ») en cas de rétention.
On lui décrit un sommet, relié à l’ombilic par l’ouraque (vestige embryonnaire devenu le ligament ombilical médian), une face supérieure, des faces inféro-latérales, une base (ou fond) tournée en arrière et un col, point de départ de l’urètre.
Rapports avec les organes voisins
En avant, la vessie répond à la symphyse pubienne, dont elle est séparée par l’espace rétropubien. Latéralement, elle est en rapport avec les muscles de la paroi pelvienne, dont le muscle élévateur de l’anus. Les rapports postérieurs diffèrent selon le sexe :
- chez l’homme, la base vésicale est en rapport avec les vésicules séminales, les ampoules des conduits déférents et, plus en arrière, le rectum ; le col repose sur la prostate ;
- chez la femme, l’utérus repose sur la face supérieure de la vessie et la base est en rapport avec le col de l’utérus et la paroi antérieure du vagin.
Au-dessus, par l’intermédiaire du péritoine, se trouvent les anses de l’intestin grêle et le côlon sigmoïde.
Structure de la paroi
La paroi vésicale comprend, de l’intérieur vers l’extérieur :
- une muqueuse tapissée d’urothélium, un épithélium capable de s’étirer, qui forme des plis quand la vessie est vide ;
- un chorion (sous-muqueuse) ;
- une musculeuse, le détrusor, faite de faisceaux de muscle lisse entrecroisés ;
- une adventice, remplacée par le péritoine sur la face supérieure.
Sur la face interne de la base se dessine le trigone vésical, zone lisse et triangulaire limitée par les deux orifices des uretères et l’orifice interne de l’urètre.
Vascularisation et innervation
Les artères proviennent de l’artère iliaque interne : artères vésicales supérieures, issues de la partie restée perméable de l’artère ombilicale, et artères vésicales inférieures chez l’homme, relayées chez la femme par des branches vaginales. Les veines forment un plexus veineux vésical qui se draine vers les veines iliaques internes. Les lymphatiques rejoignent les nœuds iliaques.
L’innervation passe par le plexus hypogastrique inférieur. Le système parasympathique (nerfs splanchniques pelviens, issus de la moelle sacrée) fait contracter le détrusor lors de la miction ; le système sympathique favorise au contraire le remplissage en relâchant le détrusor et en fermant le col. Le nerf pudendal commande le sphincter strié volontaire.
Fonction
La vessie assure deux fonctions alternées : stocker l’urine à basse pression pendant le remplissage, puis l’expulser lors de la miction par la contraction coordonnée du détrusor et l’ouverture des sphincters. La sensation de besoin naît de l’étirement de la paroi. Ce fonctionnement dépend d’une commande nerveuse complexe, ce qui explique que des maladies neurologiques puissent entraîner des troubles urinaires.


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