Allergie proteine lait vache

L’allergie aux protéines du lait de vache (APLV) est une réaction anormale du système immunitaire dirigée contre certaines protéines du lait de vache. C’est l’une des allergies alimentaires les plus fréquentes chez le nourrisson et le jeune enfant ; elle apparaît le plus souvent dans les premiers mois de vie, lors de l’introduction du lait de vache ou d’un lait infantile fabriqué à partir de lait de vache. Elle guérit dans la majorité des cas au cours de l’enfance.
Les protéines en cause
Le lait de vache contient deux grandes familles de protéines : les caséines et les protéines du lactosérum, dont la bêta-lactoglobuline et l’alpha-lactalbumine. L’enfant peut réagir à une ou plusieurs d’entre elles. Les protéines des laits de chèvre et de brebis sont très proches de celles du lait de vache : ces laits ne constituent donc pas une solution de remplacement.
Deux grandes formes
- La forme immédiate, liée aux anticorps IgE, se manifeste dans les minutes ou les deux heures qui suivent la prise de lait : urticaire, gonflement du visage ou des lèvres, vomissements, toux ou gêne respiratoire, et dans les cas graves choc anaphylactique.
- Les formes retardées, qui ne font pas intervenir les IgE, apparaissent plusieurs heures ou plusieurs jours après : régurgitations importantes, diarrhée, sang dans les selles, coliques, eczéma, mauvaise prise de poids.
Une gêne respiratoire, un malaise ou un gonflement du visage chez un enfant après une prise de lait sont une urgence : il faut appeler le 15 ou le 112.
Ne pas confondre avec l’intolérance au lactose
L’intolérance au lactose n’est pas une allergie : elle résulte d’un manque de lactase, l’enzyme qui digère le sucre du lait, et provoque surtout des ballonnements et des diarrhées. Elle est rare chez le nourrisson et plus fréquente chez l’adulte. La conduite à tenir est totalement différente : un enfant allergique doit éviter les protéines du lait, même dans un produit sans lactose.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic repose sur l’histoire des symptômes et sur l’avis du médecin ou de l’allergologue, qui peut demander des tests cutanés (prick tests) ou un dosage sanguin d’IgE spécifiques dans les formes immédiates. Une éviction du lait de vache pendant quelques semaines, suivie d’une réintroduction sous surveillance médicale, permet de confirmer le diagnostic.
Le traitement consiste à supprimer les protéines de lait de vache de l’alimentation. Chez le nourrisson non allaité, le médecin prescrit une préparation adaptée, le plus souvent à base de protéines de lait fortement hydrolysées, ou, dans certains cas, à base d’acides aminés. Les boissons végétales du commerce ne conviennent pas pour nourrir un bébé. En cas d’allaitement, la mère doit parfois supprimer elle-même les produits laitiers, sur avis médical. Les étiquettes doivent être lues avec attention : dans l’Union européenne, le lait fait partie des allergènes dont la présence doit être signalée sur les emballages.
Évolution
La plupart des enfants finissent par tolérer le lait au cours des premières années ; les formes immédiates persistent plus souvent que les formes retardées. La réintroduction doit toujours être décidée et encadrée par le médecin, parfois à l’hôpital lorsqu’une réaction sévère est à craindre.


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