Allergie arachide

L’allergie à l’arachide, ou allergie à la cacahuète, est une réaction du système immunitaire contre certaines protéines de l’arachide, une plante de la famille des légumineuses. C’est l’une des allergies alimentaires les plus fréquentes chez l’enfant dans les pays occidentaux, et l’une des plus redoutées, car elle peut provoquer des réactions graves, jusqu’au choc anaphylactique, même avec de faibles quantités. Elle persiste souvent à l’âge adulte.
Pourquoi l’arachide est-elle si allergisante ?
L’arachide contient plusieurs protéines de réserve, désignées par les sigles Ara h 1, Ara h 2 ou Ara h 3, qui résistent à la chaleur et à la digestion. La sensibilisation à ces protéines est associée aux réactions les plus sévères. D’autres protéines, comme Ara h 8, ressemblent à celles du pollen de bouleau et provoquent en général des symptômes plus légers, limités à la bouche. Le dosage de ces différents composants aide l’allergologue à évaluer le risque. Bien que l’arachide soit une légumineuse, de nombreux allergiques le sont aussi aux fruits à coque, et des réactions croisées avec le lupin sont possibles. Voir aussi : Allergie aux noix.
Les symptômes
Ils apparaissent généralement dans les minutes ou les deux heures qui suivent l’ingestion :
- démangeaisons de la bouche et de la gorge, urticaire, gonflement des lèvres ou du visage ;
- nausées, vomissements, douleurs abdominales ;
- toux, sifflement respiratoire, gêne pour respirer, voix enrouée ;
- malaise, chute de tension, perte de connaissance dans les formes graves.
L’anaphylaxie est une urgence vitale : elle se traite par une injection d’adrénaline, avec le stylo auto-injecteur prescrit, puis par un appel immédiat au 15 ou au 112. Un asthme mal contrôlé augmente le risque de réaction grave. Pour en savoir plus : Allergie cacahuète.
Le diagnostic
Il est posé par un allergologue à partir du récit des réactions, de tests cutanés (prick-tests) et du dosage sanguin des anticorps spécifiques (IgE). Un test positif sans symptôme ne suffit pas à affirmer une allergie : en cas de doute, un test de provocation orale peut être réalisé en milieu hospitalier, sous surveillance. Voir : Allergie test.
Vivre avec une allergie à l’arachide
- L’éviction : supprimer l’arachide et ses dérivés, lire attentivement les étiquettes. Dans l’Union européenne, l’arachide fait partie des allergènes dont la présence doit obligatoirement être signalée ;
- la trousse d’urgence : avoir toujours sur soi les médicaments prescrits et savoir les utiliser ;
- l’école : en France, un projet d’accueil individualisé (PAI) organise la prise en charge de l’enfant ;
- la désensibilisation : une immunothérapie orale, qui consiste à faire consommer des doses très progressives, peut être proposée à certains patients, uniquement sous encadrement spécialisé.
Peut-on la prévenir ?
Des études, dont l’essai britannique LEAP publié en 2015, ont montré que l’introduction précoce de l’arachide, sous une forme adaptée et sans risque d’étouffement, réduit le risque d’allergie chez les nourrissons à risque. Il n’est donc plus conseillé de retarder son introduction ; pour un nourrisson atteint d’eczéma sévère ou déjà allergique à un autre aliment, un avis médical préalable est recommandé. Plus d’informations : Allergie alimentaire.



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