Anatomie corps mamillaires
Les corps mamillaires (en latin corpora mammillaria) sont deux petites saillies arrondies de substance grise situées à la face inférieure du cerveau, à l’arrière de l’hypothalamus. Ils reçoivent les fibres du fornix venues de l’hippocampe et participent aux circuits de la mémoire.
Situation
Les corps mamillaires appartiennent au diencéphale. Ils font saillie à la base du cerveau, dans l’espace compris entre les deux pédoncules cérébraux, appelé fosse interpédonculaire. Ils forment la limite postérieure de l’hypothalamus.
- En avant : le tuber cinereum et la tige de l’hypophyse (infundibulum).
- En arrière : la substance perforée postérieure.
- Au-dessus : le plancher du troisième ventricule.
Leur nom vient de leur forme, comparée à de petits mamelons. Ils sont visibles à l’œil nu à la base d’un cerveau retiré du crâne, juste en arrière de la tige de l’hypophyse, de part et d’autre de la ligne médiane.
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Constitution
Chaque corps mamillaire contient un noyau médial, volumineux et arrondi, formé de petites cellules, et un noyau latéral, plus réduit, qui le coiffe en dehors.
Connexions
- Afférences : la principale vient de l’hippocampe par les piliers du fornix, qui se terminent dans les corps mamillaires. Ils reçoivent aussi des fibres du tronc cérébral.
- Efférences : le faisceau mamillo-thalamique (faisceau de Vicq d’Azyr) gagne les noyaux antérieurs du thalamus ; le faisceau mamillo-tegmental (faisceau de Gudden) se dirige vers le tegmentum du mésencéphale.
Fonction : un relais du circuit de Papez
Les corps mamillaires sont une étape du circuit décrit en 1937 par le neurologue américain James Papez : hippocampe, fornix, corps mamillaires, faisceau mamillo-thalamique, noyaux antérieurs du thalamus, cortex cingulaire, puis retour vers l’hippocampe. Ce circuit, d’abord proposé comme base des émotions, est aujourd’hui surtout associé à la mémoire épisodique, celle des événements vécus. L’atteinte des corps mamillaires ou du faisceau mamillo-thalamique perturbe surtout l’acquisition de souvenirs nouveaux, alors que les souvenirs plus anciens sont en partie préservés.
Chez l’animal, le noyau latéral participe aussi au codage de la direction de la tête, utile à l’orientation dans l’espace, en relation étroite avec les noyaux du tegmentum mésencéphalique.
Intérêt clinique
Les corps mamillaires sont particulièrement sensibles au manque de vitamine B1 (thiamine). Ce manque, observé notamment dans l’alcoolisme chronique et dans certaines dénutritions sévères, peut provoquer l’encéphalopathie de Gayet-Wernicke : confusion, troubles de l’équilibre et anomalies des mouvements des yeux. Il s’agit d’une urgence médicale. Sans traitement rapide, elle peut évoluer vers un syndrome de Korsakoff, marqué par une grave difficulté à retenir les informations nouvelles, souvent associée à des fabulations.
À l’imagerie par résonance magnétique, une atrophie des corps mamillaires peut être observée dans ces situations. Le diagnostic et le traitement relèvent d’un médecin.
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