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Comment faire baisser son stress: Où se situe la médecine dans tout cela?

Vous êtes ici : » » Comment faire baisser son stress: Où se situe la médecine dans tout cela? ; écrit le: 27 janvier 2014 par Hela modifié le 15 mai 2018

Où se situe la médecine dans tout cela

Où se situe la médecine dans tout cela?

Tout cela est donc connu, prouvé, étudié. Est-ce à dire que les médecins vont se précipiter pour vous aider à faire diminuer votre stress? Vous donner des directives pour le faire diminuer? Vous prescrire des exercices, vous donner des conseils pour réduire votre stress? Absolument pas! C’est même un phénomène éton­nant. Certains faits démontrés sont très rapidement intégrés aux pratiques médicales, et d’autres non. La différence est souvent liée à la difficulté de le mettre en place. Il est nettement plus simple d’écrire une ordonnance que de prendre du temps à expliquer à quelqu’un comment faire baisser son stress d’autant que, bien souvent, la Faculté ne leur a jamais appris ce genre de choses ! Et puis, il y a l’argent ! Un laboratoire qui a des intérêts financiers à vendre un médicament en fera la promotion. Une méthode anti­stress, elle, ne trouvera pas grand monde pour en faire la promo­tion car elle ne rapportera d’argent qu’à des individus isolés qui n’ont pas les moyens de la faire connaître.



À moins de tomber dans un service d’exception, on peut même parier que votre séjour en unité de soins intensifs sera même l’un des moments les plus stressants de votre vie… Vous déprimez?

Vous êtes le client idéal pour les antidépresseurs. Il vous arrive de souffrir d’attaques de panique? On vous diagnostiquera une spas­mophilie et l’on vous incitera peut-être à suivre des traitements quasi inefficaces (sauf effet placebo) comme du magnésium. Si votre médecin se penche un peu sur votre stress, il vous orientera peut-être vers une psychanalyse qui ne vous sera a priori d’aucune aide et vous laissera seul face à vos crises. Serait-ce une carica­ture ? Pas vraiment. Ces exemples sont représentatifs de la majo­rité des pratiques en France.

Il y a quelques années, l’un de nos amis psychologue voulait passer une thèse pour devenir docteur en psychologie. Le sujet qui le passionnait, c’était la psychothérapie dans les cancers du sein. Il a voulu lancer une vaste enquête. Il s’agissait, chez des femmes atteintes de cancer du sein, de comparer l’effet de différentes méthodes de psychothérapie (hypnose, sophrologie, thérapie de soutien, psychanalyse, thérapie de groupe…). Il voulait étudier la mortalité en fonction de la méthode suivie. Il a cherché un service de cancérologie pour lancer cette étude. Il l’a trouvé. Puis, après environ six mois, le professeur agrégé de médecine qui avait accepté cette étude s’est rétracté. « Vous comprenez, a-t-il expli­qué, je vais me ridiculiser vis-à-vis de mes collègues. Cela n’a pas l’air sérieux ! » Pourtant, qu’y a-t-il de plus sérieux que de cher­cher à aider des personnes malades à vivre plus longtemps ? Nous aimerions bien qu’on nous l’explique ! Et même si les résultats avaient été nuls, il aurait été intéressant de le savoir !

La médecine actuelle ne prend pas assez en compte l’effet nocif des problèmes psychiques sur la santé ; il est du ressort de chacun de s’en occuper.

Nous ne sommes pas seulement des corps et la prévention ne devrait jamais ignorer nos esprits. Le corps et l’esprit sont un tout et nos émotions comme nos pensées sont essentielles à notre santé. Pensées négatives et émotions négatives rendent malade, ce que nous a très bien rappelé David Servan-Schreiber dans son livre Guérir.

Mais comment agir en pratique pour connaître notre propre état de santé mentale? Comment travailler à améliorer notre propre niveau de santé psychique?

Nous avons choisi d’étudier l’état psychique dans trois dimen­sions différentes :

— Celle des maladies psychiques,

— Celle de l’excès de stress,

—  Celle de notre personnalité, heureuse, triste, hos­tile…

Cela signifie qu’il y a trois axes à examiner pour trouver une harmonie psychique bénéfique à la santé, donc trois questions à se poser ;

—  Est-ce que je souffre d’une maladie psychique? Et si oui, comment la soigner?

—  Quel est mon niveau de stress et comment le faire baisser?

—   Quelle est ma personnalité, et comment la cultiver pour la faire fructifier dans la bonne direction?

Ces trois axes sont relativement indépendants. On peut être très stressé, mais avoir une personnalité joyeuse ou ne souffrir d’aucune anxiété et avoir une personnalité plutôt triste… Toutes les possibilités sont représentées.

Les maladies psychiques : En France, elles concernent pratique­ment une personne sur quatre dont les principales souffrances sont les suivantes :

  1. épisodes dépressifs : 11 % (dont 5,6% de troubles chro­niques),
  2. anxiété généralisée : 12,8 %,
  3. phobies sociales et agoraphobie : 4,3 %,
  4. trouble panique : 4,2 %,
  5. psychoses : 2,8 %,
  6. etc.

La dépression, tout le monde connaît plus ou moins. Il s’agit d’un trouble de l’humeur qui fait voir la vie en noir, enlève tout intérêt aux plaisirs de la vie, réduit l’énergie dont on dispose et augmente la fatigabilité. On « touche le fond ».

L’anxiété généralisée est très pénible à vivre. Elle entraîne une nervosité permanente, des tremblements, des tensions musculaires, une transpiration excessive, une sensation de « tête vide », des pal­pitations, des étourdissements, un poids sur l’estomac. Une per­sonne anxieuse passe aussi beaucoup de temps à craindre le pire pour elle-même ou pour ses proches. C’est l’angoisse ! Les ori­gines de cette angoisse sont très diverses et personnelles.

Michèle s’est découvert un degré d’anxiété important après son infarctus, anxiété néfaste pour son cœur. C’est pourquoi il est essentiel de s’occuper de cette émotion très négative pour sa santé.

« Même si j’ai eu la chance de m’en sortir, après mon infarctus, ma vie a été totalement transformée. Cela fait bientôt trois ans, et je passe encore des nuits blanches. Je revois cette horrible nuit où j’ai failli mourir. Je n’avais pourtant aucun problème particulier qui pouvait laisser penser que, cette nuit-là, je ferais un infarctus. Je fumais un peu, c’est vrai, je prenais la pilule, mais à 36 ans, en pleine forme cela paraît de la science-fiction, non? Depuis, j’ai peur de m’endormir, j’ai peur que ça recommence. Dans la jour­née, quand j’ai un moment d’inactivité, mon esprit pense encore à cette expérience et il m’arrive même de transpirer d’angoisse ! J’ai souvent peur que mon cœur s’arrête quand je suis un peu active. Mes rapports avec mon mari ont changé notamment sur le plan amoureux, car je n’ose pas me lâcher. Si je sens mon cœur s’accé­lérer, ça m’angoisse. Pourtant, après mon infarctus, j’ai fait de la rééducation cardiaque. J’étais bien entourée par une équipe médi­cale. Mais quand je me suis retrouvée seule, j’ai ressenti un poids dans la poitrine, sans doute dû à l’anxiété, j’en suis consciente, mais depuis, la moindre douleur m’inquiète. Je suis sans doute trop à l’écoute de mon coips, alors que je n’étais pas du tout comme ça auparavant. Si je m’écoutais, il faudrait que je consulte mon car­diologue quasiment toutes les semaines. Vu la brutalité de mon infarctus qui est venu sans prévenir, j’ai l’impression de vivre avec une épée de Damoclès sur la tête. »

Les phobies sociales sont très handicapantes, car on évite les autres de peur d’être dévisagé, mésestimé, ridiculisé ou critiqué. L’image que l’on a de soi est très dévalorisée… L’agoraphobie, c’est la peur de quitter son domicile, de voyager seul en train, en avion, ou en bus. C’est aussi la peur des foules, des magasins, des endroits publics. Certaines phobies nous emmurent à la maison…

Anita souffre de phobie sociale. Jeune, jolie, agréable, elle vit pourtant une solitude terrible qui la rend prisonnière :

« J’ai peur des autres, au point parfois de ne pas oser entrer dans une boulangerie pour acheter du pain. Du coup, je rentre chez moi seule et je mange ce qui reste dans mon frigo. A mon travail, quel

quefois, quand quelqu’un vient vers mon bureau, je me cache dans un grand placard pour l’éviter! Cela paraît aberrant, mais c’est ainsi. Et ce n’est pas moi qui abuse des pauses à la machine à café ! J’évite mes collègues qui me croient hautaine, alors que je suis simplement morte de peur d’être mal jugée, nulle par rapport à eux. Je vis un enfer de solitude et de désespoir. »

Si Anita raconte son histoire, c’est qu’elle a fini par ne plus sup­porter sa phobie des contacts humains et qu’elle consulte actuelle­ment un psychiatre comportementaliste ! Elle a décidé de se soigner.

Les attaques de panique frappent à tout moment : tout à coup, la mort semble imminente, le cœur galope, on étouffe, la poitrine explose, on va s’évanouir et tout semble irréel. La plupart du temps un individu en proie à ce type de crises file aux urgences en priant le ciel !

Laurent, 22 ans, explique :

« La première fois, j’ai cru que j’avais un infarctus et que j’allais mourir. Je me suis précipité chez mon médecin qui a appelé le Samu. J’étouffais littéralement. Je ressentais une douleur comme un écrasement dans la poitrine. Comme je fumais beaucoup, j’ai vraiment cru ma dernière heure arrivée comme une punition du ciel… Les médecins m’ont fait un électrocardiogramme et je n’avais absolument rien de cardiaque. Un demi-comprimé de Lexomil plus tard, on m’a expliqué qu’il s’agissait d’une crise de panique typique. Je suis sorti hébété de l’hôpital, et il m’a fallu à la fois beaucoup de temps et un médecin ouvert et compréhensif pour comprendre et prendre en charge ces crises de panique qui sont revenues très souvent. »

Les psychoses enfin, dont la schizophrénie, sont des états psy­chiques caractérisés par la perte du contact avec la réalité, une désorganisation de la personnalité et une transformation délirante du vécu.

Tous ces troubles ont un effet direct sur notre durée de vie et, pour la plupart, ils peuvent être très nettement soulagés… Cela vaut donc la peine de comprendre quel est leur impact et comment se « guérir ».

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