Maladie basedow

La maladie de Basedow est une maladie auto-immune de la thyroïde et la cause la plus fréquente d’hyperthyroïdie. Le système immunitaire fabrique des anticorps qui stimulent en permanence la glande thyroïde : celle-ci grossit et produit trop d’hormones. Elle porte le nom du médecin allemand Karl von Basedow ; les anglophones l’appellent Graves’ disease, d’après l’Irlandais Robert Graves.
Le mécanisme
Normalement, la thyroïde est pilotée par une hormone de l’hypophyse, la TSH, qui se fixe sur des récepteurs à la surface des cellules thyroïdiennes. Dans la maladie de Basedow, des anticorps, appelés anticorps anti-récepteurs de la TSH, imitent son action et stimulent la glande sans aucun frein. Les hormones thyroïdiennes T3 et T4 sont produites en excès et accélèrent l’ensemble du fonctionnement de l’organisme. La maladie touche plus souvent les femmes et survient souvent entre 20 et 50 ans. Une prédisposition familiale existe, et le tabac en aggrave certaines manifestations.
Les symptômes
- signes d’hyperthyroïdie : cœur rapide, palpitations, amaigrissement malgré un bon appétit, tremblements, transpiration, intolérance à la chaleur, nervosité, troubles du sommeil, fatigue musculaire, selles plus fréquentes ;
- un goitre, c’est-à-dire une augmentation de volume de la thyroïde, en général diffuse et indolore ;
- chez une partie des patients, une atteinte des yeux propre à la maladie : yeux saillants (exophtalmie), rougeur, sensation de sable, larmoiement, parfois vision double ;
- plus rarement, un épaississement de la peau à l’avant des jambes.
Le diagnostic
Une prise de sang montre une TSH effondrée et des hormones T4 et T3 élevées. La présence d’anticorps anti-récepteurs de la TSH confirme le diagnostic. Une échographie ou une scintigraphie de la thyroïde peuvent compléter le bilan. Notre article Comment vérifier le bon fonctionnement de la thyroïde présente ces examens.
Les traitements
Le choix revient à l’endocrinologue, avec le patient. Trois grandes options existent :
- les antithyroïdiens de synthèse, des médicaments qui freinent la production d’hormones, pris en général pendant de longs mois ; une surveillance de la prise de sang est nécessaire en raison d’effets indésirables rares mais sérieux, notamment sur les globules blancs ;
- l’iode radioactif, avalé sous forme de gélule ou de liquide, qui détruit progressivement une partie du tissu thyroïdien ;
- la chirurgie, qui retire la thyroïde.
Des bêtabloquants peuvent soulager rapidement les palpitations et les tremblements en attendant l’effet du traitement. Après iode radioactif ou chirurgie, la thyroïde ne produit souvent plus assez d’hormones : un traitement hormonal substitutif est alors pris à vie. L’arrêt du tabac est fortement conseillé, surtout en cas d’atteinte des yeux.
Les conséquences à surveiller
Non traitée, l’hyperthyroïdie fatigue le cœur et favorise les troubles du rythme ; elle fragilise aussi les os (voir l’hyperthyroïdie et les traitements thyroïdiens). Elle retentit souvent sur l’humeur et l’anxiété, comme l’explique notre article sur les affections thyroïdiennes et le psychisme. Ces informations ne remplacent pas l’avis d’un médecin.


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