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Les maladies de l’oreille : Les signes physiques accessibles

Vous êtes ici : » » Les maladies de l’oreille : Les signes physiques accessibles ; écrit le: 24 avril 2012 par chiraz modifié le 14 janvier 2018

Les maladies de l'oreille : Les signes physiques accessiblesQuelle est la valeur d’un écoulement d’oreille ?

Cette valeur indicative est largement fonction de l’aspect de cet écoulement.

• Si l’écoulement est clair, il peut s’agir :



-dans un contexte inflammatoire ou infectieux, après une période de « gratte » et un gonflement du conduit auditif externe, de l’écoulement séreux d’une otite externe unique ou répétitive ;

-après un épisode viral/grippal et une période douloureuse, c’est l’éclatement d’une vésicule tympanique d’une otite grippale générateur de soulagement ;

-dans un contexte d’accident, avec trauma crânien et éventuellement fracture du rocher, un écoulement répétitif de liquide clair par l’oreille doit faire soupçonner une fissure méningée avec écoulement de liquide céphalo-rachidien, et donc possibilité de méningite. L’analyse du liquide renforcera le diagnostic.

  • Si l’écoulement est sanglant ou sanguinolent, les contextes sont un peu les mêmes que ceux précédemment énoncés :

-survenant lors d’un état grippal, après une période douloureuse, un écoulement sanglant par l’oreille correspond à la rupture d’une vésicule d’otite grippale dont le contenu est souvent séro-sanglant ;

-après un accident de la route et un trauma crânien, l’existence d’un écoulement de sang par l’oreille peut signaler une fracture du rocher, qui sera précisée par le scanner.

  • Si l’écoulement est purulent et qu’il survient sans aucune douleur et de manière répétitive :

–             consécutivement ou non à un rhume ou à une rhino-pharyngite, il évoque la poussée de « réchauffement » d’une otite chronique avec une perforation tympanique permanente dont la gravité est fonction de l’existence ou non d’une infection osseuse ou d’un cholestéatome ;

-succédant à une période de douleur plus ou moins intense, il fait penser, dans les mêmes conditions de départ, à l’existence d’une otite moyenne aiguë purulente spontanément extériorisée.

Dans les deux cas, le prélèvement du pus pourra apporter des renseignements sur les plans du diagnostic et de la thérapeutique : quel germe ? Quel antibiotique ?

Dans quel cas retrouve-t-on un gonflement inflammatoire ou ganglionnaire ?

Une affection inflammatoire ou infectieuse de l’oreille externe ou moyenne va pouvoir donner lieu à un gonflement inflammatoire ou ganglionnaire qui, quelle que soit sa situation par rapport à l’oreille, aura pour caractéristiques d’être plus ou moins rouge, chaud au toucher et sensible, sinon douloureux.

Situé à l’avant de l’oreille, ce gonflement correspondra à une cellulite inflammatoire qui est en quelque sorte l’extériorisation d’une otite externe ou d’un furoncle du conduit auditif.

Situé en arrière de l’oreille, un gonflement inflammatoire et douloureux, surtout chez l’enfant, doit faire soupçonner l’existence d’une mastoïdite débutante et instaurer en urgence un traitement énergique.

Situé au-dessus de l’oreille, dans un contexte infectieux avec ou sans écoulement purulent, on peut soupçonner l’existence d’une complication cérébrale ou cérébroméningée débutante : méningite, abcès du cerveau. Là encore, le scanner précé­dera de peu un traitement extrêmement énergique, médical et/ou chirurgical.

Quel rapport y a-t-il entre une paralysie/anesthésie faciale et une maladie d’oreille ?

Le siège de ces deux signes est le même : la face, mais la paralysie se traduit par une déformation faciale liée à la perte du tonus musculaire, alors que l’anesthésie ne se voit pas et se traduit par une insensibilité cutanée par rapport au côté opposé.

Dans les deux cas, ces signes peuvent survenir dans un contexte soit infectieux, soit neurologique.

  • La paralysie faciale :

-dans un contexte neurologique, elle apparaît progressivement, associée à une baisse d’audition et éventuellement à des vertiges. Elle évoque avant tout l’existence d’une tumeur du nerf auditif, ou neurinome de l’acoustique ;

-dans un contexte infectieux, avec douleur et écoulement, elle peut évoquer la complication d’une otite chronique avec atteinte de la coque osseuse qui entoure le nerf ;

-enfin, survenant de manière brutale, avec parfois une discrète douleur de l’oreille, elle peut évoquer une paralysie faciale d’origine virale : le nerf congestionné est comprimé dans son canal osseux.

Dans tous les cas, là encore, le scanner précédera de peu un traitement énergique, médical ou chirurgical.

  • L’anesthésie faciale :

-dans un contexte neurologique, avec baisse d’audition, vertiges, etc., elle peut évoquer un neurinome de l’acoustique étendu hors du conduit auditif interne ;

-dans un contexte infectieux, souvent accompagné de névralgies de la face, elle peut évoquer une infection de la pointe du rocher, le plus souvent complication d’une otite chronique.

Dans les deux cas, la solution est chirurgicale, associée à un traitement médical de complément.

Qu’est-ce qu’un nystagmus ?

Le nystagmus est une secousse saccadée et répétitive des yeux en rapport avec une atteinte labyrinthique et souvent retrouvée à l’occasion d’un vertige.

Il reflète les connexions entre l’oreille interne et les muscles des yeux.

Le déplacement des yeux peut être horizontal, vertical ou rotatoire (les yeux tournent sur eux-mêmes). Ces divers déplacements peuvent se combiner entre eux.

Lors d’une consultation, un nystagmus peut être observé directement à l’œil nu ou par l’intermédiaire de lunettes grossissantes et éclairantes.

Qu’appelle-t-on « déviations segmentaires » ?

Ce sont des déviations globales ou partielles du corps, en général latéralisées, témoignant d’une lésion labyrinthique et souvent contemporaines d’un vertige.

Elles reflètent les connexions entre l’oreille interne et les muscles des membres.

Elles peuvent être limitées à la déviation d’un ou des deux index tendus du côté du labyrinthe déficient, ou se retrouver sur un individu debout les pieds joints ou effectuant une marche alternée avant-arrière ou un piétinement sur place les yeux fermés ; toutes ces manœuvres vont déporter l’individu du côté du labyrinthe lésé.

L’étude de ces différentes déviations, en particulier leur cohérence ou non par rapport au type du nystagmus, donne des renseignements sur le type du vertige.

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