Les estrogènes-médicaments
Les estrogènes-médicaments (ou œstrogènes) sont des médicaments qui reproduisent l’action des hormones féminines naturelles, principalement l’estradiol. Ils sont surtout utilisés pour soulager les troubles de la ménopause et, associés à un progestatif, dans la contraception hormonale. Comme tout traitement hormonal, ils ont des bénéfices réels mais aussi des risques, et leur prescription relève toujours d’un médecin.
Les estrogènes naturels
L’organisme produit trois estrogènes principaux : l’estradiol, le plus actif, sécrété surtout par les ovaires avant la ménopause ; l’estrone, qui devient l’estrogène prédominant après la ménopause ; et l’estriol, produit en grande quantité pendant la grossesse. Ces hormones agissent sur l’utérus, les seins, les os, la peau, les vaisseaux et le cerveau.
Les différents produits utilisés
Les médicaments estrogéniques se répartissent en plusieurs familles :
- l’estradiol, identique à l’hormone naturelle, ou l’un de ses dérivés comme le valérate d’estradiol, utilisé surtout dans le traitement de la ménopause ;
- l’éthinylestradiol, estrogène de synthèse très puissant, présent dans de nombreuses pilules contraceptives combinées ;
- d’autres molécules plus récentes, comme l’estétrol, introduit dans certaines pilules.
Ils existent sous plusieurs formes : comprimés, gels ou patchs appliqués sur la peau (voie transdermique), et préparations vaginales (crèmes, ovules, anneaux) destinées à un effet local.
Les principales indications
Le traitement hormonal de la ménopause vise à soulager les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et la sécheresse vaginale ; il contribue aussi à prévenir la perte osseuse. Chez une femme qui a encore son utérus, l’estrogène est associé à un progestatif, car l’estrogène seul augmente le risque de cancer de l’endomètre. Les estrogènes locaux traitent la sécheresse et l’atrophie vulvo-vaginale. Dans la contraception, l’estrogène est toujours combiné à un progestatif.
Risques et précautions
Les grandes études publiées à partir de 2002, dont l’étude américaine WHI (Women’s Health Initiative), ont conduit à une prescription plus prudente. Les principaux risques connus sont :
- les thromboses veineuses (phlébite, embolie pulmonaire), plus fréquentes avec les estrogènes pris par voie orale ;
- une augmentation du risque d’accident vasculaire cérébral ;
- une augmentation du risque de cancer du sein avec le traitement combiné de la ménopause, qui dépend notamment de sa durée.
Les estrogènes sont contre-indiqués en cas d’antécédent de cancer du sein ou de l’endomètre, de thrombose, d’accident vasculaire ou de maladie grave du foie, entre autres. Les recommandations actuelles invitent à utiliser la dose efficace la plus faible, pendant une durée réévaluée régulièrement. Les choix de molécule, de voie et de dose sont propres à chaque patiente : seul un médecin ou une sage-femme peut les déterminer, après un examen et un bilan adaptés. Les recommandations évoluent avec les études : le professionnel de santé reste la référence.


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