Le phénomène de l’urgence : L’alerte

> > Le phénomène de l’urgence : L’alerte ; écrit le: 18 avril 2012 par Sameh modifié le 2 mai 2018

Dans de nombreuses circonstances de la vie, l’événement déclencheur de la mise en urgence est d’emblée reconnu comme tel par celui qui en pâtit. Dans d’autres cas, cette reconnaissance n’est pas évidente. Seule l’éducation à la santé peut conduire à ce qu’une attention précise soit portée à certains signes révélateurs ou annonciateurs. Ainsi, la douleur dans la poitrine qui, lorsqu’elle présente certaines caractéristiques, est évocatrice de l’insuffisance coronaire aiguë ; ou encore, les modifications comportementales annonciatrices d’un passage à l’acte suicidaire chez l’adolescent. La compréhension sûre des symptômes requiert cependant un long apprentissage, et l’accès rapide au médecin capable d’assurer cette compréhension est une étape déterminante.
Mettre en relation, dans les délais les plus brefs, celui qui vit l’accident de santé menaçant et les ressources capables de lui venir en aide est donc une première étape cruciale pour l’efficacité de la réaction médicale urgente. Au coursier à pied ou à cheval a fait suite le véhicule automobile, mais l’efficacité maximale du point de vue de l’alerte est la mise en communication directe du malade et du médecin par le téléphone. Aujourd’hui, l’appel au 15, ou au 18 si les circonstances ont conduit à s’adresser d’abord aux pompiers, ou encore au 112, si l’on a déjà l’esprit européen, met en contact direct, tout d’abord avec un permanencier apte à recueillir les informations de base (lieu d’origine, heure et motif de l’appel) et à trier les trop fréquents appels illégitimes (recherche d’un vétérinaire, demande d’un renseignement du style SVP, voire plaisanterie ou insulte), puis avec un médecin régulateur. La tâche de ce dernier est difficile : par la seule écoute, en dehors de toute possibilité de voir, de palper, de sentir, il doit tenter de cerner le mal qui se cache derrière cet appel, sa gravité, la marge temporelle qu’il offre, les moyens qu’il impose de mettre en œuvre.

D ores et déjà, l’alerte est facilitée et accélérée grâce au développement de la téléphonie mobile. Celle-ci bouleverse les capacités de donner l’alarme, notamment pour les accidents survenant dans le contexte du sport extrême : un dévissage en haute montagne ou un panaris sous les quarantièmes rugissants, et l’alarme est partie, un conseil médical est donné et, si nécessaire, les secours sont en route. Aujourd’hui, c’est aussi le cas pour la prise en charge des urgences médicales survenant en zone très isolée, au Canada, en Australie ou à bord des navires au long cours. L’usage de la caméra et de l’ordinateur permet d adjoindre l’apport de l’image, utile au médecin pour scruter l’altération d’un faciès ou pour préciser la topographie d’une plaie.
L’alerte doit être particulièrement rapide en cas de trouble grave du rythme cardiaque. Elle est rendue possible par l’enregistrement permanent de ce rythme chez des malades ayant déjà été exposés à de tels troubles et susceptibles d’une récidive mortelle. La transmission en continu des signaux vers une centrale de télésurveillance permet aux médecins en charge de celle-ci de détecter le rythme anormal et de proposer sans retard au malade une modification du traitement médicamenteux. Dans les cas les plus graves, la détection en continu d’un trouble grave du rythme cardiaque permet, afin de rétablir un rythme normal, de déclencher automatiquement un choc
électrique à partir du défibrillateur implantable mis en place chez le malade quelque temps auparavant.
Faut-il imaginer dans l’avenir un être humain bardé de capteurs et connecté à un système de surveillance, afin que des signaux anormaux de toute nature puissent être enregistrés si précocement que le mécanisme correctif soit déclenché aussitôt ?

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