Le Cancer du sein : Les préalables à la reconstruction mammaire

> > Le Cancer du sein : Les préalables à la reconstruction mammaire ; écrit le: 17 février 2012 par Mahfoudhi modifié le 4 mars 2015

Quelles sont les conditions incontournables pour pouvoir entreprendre une reconstruction mammaire après une mastectomie ?

•  1°- Il faut avant tout l’accord du cancérologue.

• 2°- La patiente doit réellement en éprouver l’envie, pour elle-même et non pas pour faire plaisir à quelqu’un d’autre.

•  3°- Il faut que cette patiente se sente prête à assumer une opération chirurgicale, avec ses contraintes, ses suites et ses conséquences.

.

.

• 4°- Il est impératif qu’elle soit en bon état général.

Après cette ablation du sein, combien de temps faut-il attendre pour pouvoir envisager une reconstruction ?

Trois à six mois si la mastectomie n’a pas été suivie d’un trai­tement de radiothérapie, et six mois à un an (après la dernière séance) si elle a été administrée.

.

.

Lorsque la patiente a été traitée par chimiothérapie, il faut attendre que la formule sanguine ait été restaurée et que l’état général soit redevenu bon.

Dans quels cas spécifiques peut-on reconstruire un sein tout de suite après mastectomie ?

Quand peut-on envisager une reconstruction immédiate ?

Ces indications sont extrêmement limitées, car il faut s’assurer qu’après l’ablation du sein, la patiente n’a pas besoin d’un traitement complémentaire, de chimiothérapie ou de radiothérapie. Des séances d’irradiation réalisées après une reconstruction immédiate abîment le résultat de la chirurgie réparatrice, en raison des réactions inflammatoires locales et de leur conséquence fréquente : la rétraction des tissus autour de la prothèse, ce qui rend le sein trop dur et trop rond.

.

.

Le problème de la chimiothérapie est inverse : si une chimio­thérapie doit être réalisée après le temps chirurgical (mastec­tomie et reconstruction immédiate), la technique de reconstruction, si elle risque d’entraîner des retards de cicatrisation, risque en même temps de retarder la mis en route de la chimiothérapie.

Il est inutile de tenter de « brûler » les étapes pour gagner quelques mois : la patiente risquerait de devoir supporter un mauvais résultat, peut-être jamais rattrapable. Mieux vaut respecter toutes les règles de sécurité et se retrouver finalement avec un buste harmonieux.

.

.

Outre ces empêchements de reconstruction immédiate dus aux traitements complémentaires, existe-t-il d’autres contre-indications ?

Oui, et elles sont liées à la morphologie de la patiente et de son sein (par exemple un volume mammaire trop important). La plupart du temps, il est préférable d’effectuer cette reconstruction quelques mois après la mastectomie.

Lorsque cette reconstruction peut être envisagée dans un même temps opératoire que la mastectomie, est-ce le même chirurgien plasticien qui effectuera les deux interventions ?

Oui, quand il a la formation nécessaire et qu’il est à la fois chirurgien cancérologue et plasticien. Sinon, deux chirurgiens peuvent travailler en équipe.

.

.

En quoi un bon contact entre le chirurgien plasticien et sa patiente est-il particulièrement important ?

Le choix du chrirgien

En ce qui me concerne, quand une patiente arrive dans mon bureau, me tend son dossier en me disant : « Tout est marqué là-dedans ! », je l’arrête et lui dis : « Je ne vais pas soigner une série de feuilles de papier, mais un être humain. Je préfère entendre votre histoire avec vos propres mots. Cela va me permettre de cerner votre personnalité. »

La façon dont cette femme a vécu ce qui lui est arrivé va me conduire à utiliser un certain langage plutôt qu’un autre pour que l’information passe et qu’elle comprenne ce que je peux  lui proposer. Il m’arrive d’éliminer d’emblée certaines techniques de reconstruction si j’ai senti que la patiente n’a pas la force de les assumer.

.

.

En revanche, je peux m’apercevoir que certains procédés chirurgicaux, a priori assez lourds, correspondent très bien au désir de la femme assise en face de moi et que celle-ci les sup­portera probablement sans difficulté. Ainsi, chez celle qui a la phobie d’un corps étranger, au lieu de la mise en place d’une prothèse, mieux vaut, dans certains cas, envisager une tech­nique plus lourde mais où l’on utilisera ses propres tissus.

Et que pouvez-vous dire à une femme qui envisage une reconstruction pour lui insuffler courage et espoir ?

Je lui dis que même si une reconstruction ne peut effacer le traumatisme vécu par une mastectomie, le fait de se réveiller le matin avec un volume à la place d’un thorax plat aide énormément à« remonter la pente ».Je lui dis aussi qu’après l’étape (ou les étapes) suivante(s), lorsque son buste aura été har­monisé grâce à une retouche de l’autre sein, elle aura retrouvé sa féminité, même si le buste n’est pas parfait, et que sa vie quotidienne en sera facilitée.

← Article précédent: La chirurgie du cancer du sein : Le curage ganglionnaire Article suivant: Le Cancer du sein : Les techniques de reconstruction mammaire


Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles