Décalcifications osseuses
Les décalcifications osseuses désignent, dans le langage courant, une diminution du contenu de l’os en minéraux, principalement en calcium et en phosphate. Les médecins parlent plutôt de déminéralisation ou de perte de densité osseuse. Ce n’est pas une maladie unique : plusieurs affections, de mécanismes très différents, rendent l’os plus fragile et exposent aux fractures.
Comment l’os se minéralise
L’os est un tissu vivant, constamment renouvelé : des cellules (ostéoclastes) le résorbent, d’autres (ostéoblastes) le reconstruisent. Il est constitué d’une trame de protéines, surtout de collagène, sur laquelle se déposent des cristaux de phosphate de calcium qui lui donnent sa dureté. Le calcium est un métal et non un « métalloïde », contrairement à ce qu’on lit parfois. La vitamine D, qui favorise l’absorption intestinale du calcium, et l’hormone parathyroïdienne règlent cet équilibre.
Les principaux mécanismes
- L’ostéoporose : la quantité d’os diminue et sa microarchitecture se dégrade, mais l’os restant est normalement minéralisé. Elle est fréquente chez la femme après la ménopause et chez les personnes âgées ; certains médicaments, comme les corticoïdes au long cours, peuvent la favoriser.
- L’ostéomalacie : la trame osseuse est présente mais mal minéralisée, l’os devient « mou ». La cause la plus fréquente est une carence en vitamine D. Chez l’enfant, le trouble équivalent est le rachitisme.
- L’hyperparathyroïdie : un excès d’hormone parathyroïdienne accélère la résorption osseuse.
- Les ostéolyses tumorales : certains cancers détruisent localement l’os, par exemple des métastases osseuses ou le myélome.
Les signes
L’ostéoporose est longtemps silencieuse : elle se révèle souvent par une fracture survenue lors d’un choc minime, au poignet, à une vertèbre ou au col du fémur. Les fractures vertébrales peuvent entraîner des douleurs du dos, une perte de taille ou une voûte du dos. L’ostéomalacie donne plutôt des douleurs osseuses diffuses et une faiblesse des muscles proches du tronc, avec une marche difficile. Toute douleur osseuse inexpliquée ou persistante mérite un avis médical.
Le diagnostic
La densité de l’os se mesure par ostéodensitométrie, un examen radiologique rapide et peu irradiant. Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé, un T-score inférieur ou égal à -2,5 correspond à une ostéoporose. Des analyses de sang (calcium, phosphore, vitamine D, hormone parathyroïdienne, fonction rénale, parfois électrophorèse des protéines) aident à distinguer les différentes causes, car le traitement en dépend.
Prévention et prise en charge
Plusieurs mesures contribuent à préserver le capital osseux tout au long de la vie :
- des apports suffisants en calcium, notamment par les produits laitiers, certaines eaux minérales et certains légumes ;
- un statut correct en vitamine D, apportée par l’exposition au soleil et l’alimentation ;
- une activité physique régulière, en particulier les exercices en charge comme la marche ;
- l’arrêt du tabac et une consommation d’alcool limitée ;
- la prévention des chutes chez les personnes âgées.
Le traitement dépend de la cause : supplémentation, médicaments qui freinent la perte osseuse, traitement d’une maladie hormonale ou tumorale. Il doit être décidé par un médecin après bilan ; aucune supplémentation ne doit être prise au hasard.

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