Traitement hyperthyroïdie

Le traitement de l’hyperthyroïdie repose sur trois grandes options, les médicaments antithyroïdiens, l’iode radioactif et la chirurgie, choisies selon la cause du trouble, l’âge, les souhaits du patient et une éventuelle grossesse. L’hyperthyroïdie correspond à une production excessive d’hormones par la glande thyroïde, qui accélère le fonctionnement de tout l’organisme : palpitations, perte de poids malgré l’appétit, tremblements, nervosité, transpiration, intolérance à la chaleur et fatigue. Elle se soigne bien, à condition d’être diagnostiquée et suivie par un médecin.
Identifier la cause d’abord
Le diagnostic repose sur une prise de sang mesurant la TSH, hormone de commande produite par l’hypophyse, et les hormones thyroïdiennes. Il faut ensuite déterminer l’origine du trouble, car le traitement en dépend. Les causes les plus fréquentes sont :
- la maladie de Basedow, maladie auto-immune, cause la plus fréquente chez l’adulte jeune, parfois associée à une atteinte des yeux ;
- le nodule toxique ou le goitre multinodulaire toxique, où un ou plusieurs nodules produisent des hormones de façon autonome ;
- les thyroïdites, inflammations de la thyroïde, par exemple après un accouchement ou une infection virale, qui sont souvent passagères ;
- un excès d’iode, notamment lié à certains médicaments comme l’amiodarone ou à des produits de contraste iodés.
Les traitements médicamenteux
Les antithyroïdiens de synthèse, comme le thiamazole, le carbimazole ou le propylthiouracile, bloquent la fabrication des hormones par la thyroïde. Ils constituent souvent le premier traitement de la maladie de Basedow, sur plusieurs mois, avec des prises de sang régulières. Leur effet indésirable le plus redouté, rare mais grave, est l’agranulocytose, une chute des globules blancs : toute fièvre ou angine pendant le traitement impose d’arrêter le médicament et de faire immédiatement une numération sanguine, sur avis médical. En attendant leur effet, des bêtabloquants peuvent soulager les palpitations et les tremblements.
Dans les thyroïdites, les antithyroïdiens sont en général inutiles : le traitement vise surtout les symptômes, en attendant la guérison spontanée.
L’iode radioactif et la chirurgie
L’iode radioactif, pris par la bouche, se concentre dans la thyroïde et détruit progressivement les cellules qui produisent trop d’hormones. Il est souvent proposé pour les nodules toxiques, les goitres multinodulaires ou les rechutes de maladie de Basedow. Il est contre-indiqué pendant la grossesse et l’allaitement, et nécessite quelques précautions de radioprotection les jours suivants.
La chirurgie, ou thyroïdectomie, retire tout ou partie de la glande. Elle est envisagée en cas de goitre volumineux, de nodule suspect, de contre-indication aux autres traitements ou d’atteinte oculaire importante. Ses complications rares concernent les nerfs de la voix et les glandes parathyroïdes, qui régulent le calcium. Après une thyroïdectomie totale, et souvent après l’iode radioactif, il faut prendre à vie une hormone thyroïdienne de remplacement, la lévothyroxine.
Suivi et précautions
Quel que soit le traitement, un suivi régulier par prises de sang est indispensable, car l’hyperthyroïdie peut récidiver ou évoluer vers une hypothyroïdie. L’arrêt du tabac est fortement conseillé, en particulier en cas de maladie de Basedow avec atteinte des yeux. Le choix du traitement se fait avec un médecin généraliste ou un endocrinologue, et les recommandations évoluent : seul le médecin peut adapter la stratégie à chaque situation.



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