Plus de sécurité pour le consommateur des des compléments alimentaires
La sécurité du consommateur de compléments alimentaires repose, dans l’Union européenne, sur un ensemble de règles communes : composition encadrée, étiquetage obligatoire, allégations contrôlées et surveillance après la mise sur le marché. Ces règles rappellent un principe essentiel : un complément alimentaire est une denrée alimentaire, pas un médicament.
Qu’est-ce qu’un complément alimentaire ?
La directive européenne 2002/46/CE définit les compléments alimentaires comme des denrées destinées à compléter un régime alimentaire normal, constituant une source concentrée de nutriments (vitamines, minéraux) ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique. Ils se présentent sous forme de doses : gélules, comprimés, ampoules, sachets de poudre. En France, ce texte a été transposé par un décret de 2006.
Une composition encadrée
La directive établit une liste positive des vitamines et des minéraux autorisés, ainsi que des formes chimiques sous lesquelles ils peuvent être utilisés : ce qui n’y figure pas ne peut pas être employé à ces fins. Des critères de pureté s’appliquent à ces substances. Les plantes et autres ingrédients relèvent de règles complémentaires, en partie nationales, et un ingrédient sans historique de consommation en Europe doit être autorisé comme « nouvel aliment » avant d’être commercialisé.
Ce que l’étiquette doit indiquer
- la dénomination « complément alimentaire » ;
- le nom des nutriments ou substances caractérisant le produit, et leur quantité ;
- la portion journalière recommandée et l’avertissement de ne pas la dépasser ;
- la mention que le produit ne doit pas se substituer à un régime alimentaire varié ;
- l’indication que le produit doit être tenu hors de portée des jeunes enfants ;
- la liste des ingrédients, avec les allergènes mis en évidence.
Les allégations : ce qui est permis et interdit
L’étiquetage, la présentation et la publicité des compléments alimentaires ne peuvent pas leur attribuer des propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d’une maladie. Les allégations thérapeutiques sont donc interdites. Seules sont permises, dans le cadre du règlement européen 1924/2006 :
- les allégations nutritionnelles, qui portent sur la composition (par exemple « source de vitamine C ») ;
- les allégations de santé, qui décrivent le rôle d’un nutriment dans le fonctionnement normal de l’organisme (par exemple « le calcium est nécessaire au maintien d’une ossature normale »), à condition de figurer sur la liste européenne des allégations autorisées après évaluation scientifique.
La surveillance après la mise sur le marché
En France, les produits doivent être déclarés aux autorités avant leur commercialisation, et la DGCCRF contrôle leur conformité. Depuis 2009, l’Anses gère un dispositif de nutrivigilance qui recueille les effets indésirables signalés par les professionnels de santé et les consommateurs. Quelques réflexes limitent les risques :
- respecter la dose indiquée et éviter de cumuler plusieurs produits contenant les mêmes substances ;
- se méfier des produits vendus en ligne hors de l’Union européenne, qui peuvent échapper aux contrôles ;
- demander conseil à un médecin ou à un pharmacien en cas de grossesse, de maladie chronique ou de traitement en cours, car certains compléments interagissent avec des médicaments.
La réglementation évolue régulièrement : les listes d’ingrédients et d’allégations autorisés sont mises à jour par les autorités européennes et nationales.

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