Les minéraux et aligo-élément antioxydants : Zinc
Le zinc est un oligo-élément essentiel : le corps humain n’en contient que quelques grammes, mais ce minéral participe au fonctionnement de très nombreuses enzymes. On le range parmi les minéraux dits « antioxydants » parce qu’il entre dans la composition d’une enzyme de défense contre les radicaux libres, la superoxyde dismutase. Voici son rôle, ses sources alimentaires, les signes d’un manque et les précautions à connaître avant toute supplémentation.
Un oligo-élément au cœur de nombreuses enzymes
Le zinc sert de cofacteur à plusieurs centaines d’enzymes. Il intervient ainsi dans la synthèse de l’ADN, de l’ARN et des protéines, dans la division cellulaire, la croissance et la cicatrisation. Certaines protéines qui se fixent sur l’ADN pour régler l’expression des gènes possèdent même une structure appelée « doigt de zinc », stabilisée par un atome de ce métal.
Le zinc est également nécessaire au bon fonctionnement du système immunitaire, à la perception du goût et de l’odorat, à la reproduction (notamment à la production des spermatozoïdes) et au stockage de l’insuline dans le pancréas.
Un antioxydant indirect
Le zinc ne neutralise pas lui-même les radicaux libres. Son action antioxydante est indirecte : associé au cuivre, il forme le cœur de la superoxyde dismutase à cuivre et zinc, une enzyme qui transforme l’ion superoxyde, très réactif, en peroxyde d’hydrogène, ensuite éliminé par d’autres enzymes comme la catalase. Le zinc favorise aussi la production de métallothionéines, des protéines capables de piéger certains métaux et radicaux. Ces mécanismes contribuent à protéger les membranes et les constituants des cellules contre le stress oxydatif.
Où trouver le zinc ?
Une alimentation variée couvre en général les besoins. Les meilleures sources sont :
- les huîtres et les autres fruits de mer, particulièrement riches ;
- les viandes, surtout rouges, et les abats ;
- les fromages et les œufs ;
- les céréales complètes, les légumineuses, les graines et les oléagineux.
Dans les aliments végétaux, les phytates, présents notamment dans le son des céréales et dans les légumineuses, réduisent l’absorption du zinc. Le trempage, la germination ou la fermentation (comme dans le pain au levain) limitent cet effet. Les personnes végétariennes ou végétaliennes ont donc intérêt à soigner la variété de leurs apports.
Qui risque d’en manquer ?
Le déficit concerne surtout certaines situations : grossesse et allaitement, grand âge et alimentation pauvre, régimes végétaliens mal équilibrés, consommation excessive d’alcool, maladies digestives qui gênent l’absorption, maladies du foie ou des reins, et certains traitements au long cours. Un manque de zinc peut se traduire par une perte d’appétit, des troubles du goût et de l’odorat, une cicatrisation lente, des infections plus fréquentes, des lésions de la peau, une chute de cheveux et, chez l’enfant, un retard de croissance.
Ces signes ne sont pas spécifiques : ils peuvent avoir bien d’autres causes, et le dosage sanguin du zinc est d’interprétation délicate. Le diagnostic relève donc d’un médecin.
Les précautions avant de se supplémenter
Contrairement à une idée répandue, il n’est pas nécessaire d’ajouter du zinc à l’alimentation lorsqu’elle est variée. Un excès n’est pas anodin : pris à fortes doses et de façon prolongée, le zinc entrave l’absorption du cuivre et peut provoquer une carence en cuivre, avec anémie et troubles neurologiques ; il peut aussi causer nausées et troubles digestifs. Le zinc interagit en outre avec certains médicaments, dont des antibiotiques de la famille des tétracyclines et des quinolones, et avec l’absorption du fer.
Avant de prendre un complément, surtout en cas de grossesse, de maladie chronique ou de traitement en cours, il est recommandé de demander l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien, qui adaptera la durée et la dose à la situation.




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