INFLAMMATIONS
Les inflammations des glandes salivaires, appelées sialadénites ou sialites, sont des atteintes des glandes qui produisent la salive : les parotides, situées en avant des oreilles, les glandes sous-mandibulaires, sous la mâchoire, et les glandes sublinguales, sous la langue. Elles peuvent être d’origine virale, bactérienne, liées à un calcul, granulomateuses ou auto-immunes, et se manifestent le plus souvent par un gonflement douloureux de la glande.
La parotidite ourlienne (les oreillons)
Les oreillons sont dus à un virus de la famille des Paramyxoviridae. L’infection touche typiquement les parotides, souvent des deux côtés, parfois aussi les glandes sous-mandibulaires et sublinguales. Le signe le plus visible est une tuméfaction de la région parotidienne, qui déforme le visage et rend la mastication douloureuse, avec parfois une gêne à l’ouverture de la bouche.
À l’examen microscopique, on observe un œdème du tissu de soutien de la glande, un infiltrat de cellules inflammatoires, notamment des lymphocytes, et des lésions des cellules sécrétrices. La guérison est habituellement spontanée, mais le virus peut atteindre d’autres organes : testicules (orchite), méninges, pancréas. La vaccination, associée à celles contre la rougeole et la rubéole, a fortement réduit la fréquence de la maladie.
La sialadénite à cytomégalovirus
Le cytomégalovirus (CMV), de la famille des herpèsvirus, peut infecter les glandes salivaires, en particulier chez le nouveau-né contaminé avant la naissance et chez les personnes immunodéprimées. L’infection peut se généraliser à plusieurs organes. Au microscope, elle se reconnaît à des cellules nettement augmentées de volume, porteuses de grosses inclusions dans le noyau entourées d’un halo clair, aspect classiquement décrit « en œil de hibou ».
La sialadénite bactérienne aiguë
La sialadénite aiguë suppurée est une infection bactérienne, le plus souvent due au staphylocoque doré ou à des streptocoques venus de la cavité buccale, qui remontent par le canal excréteur. Elle touche surtout la parotide. Elle est favorisée par une baisse du flux salivaire : déshydratation, grand âge, suites d’une intervention chirurgicale, certains médicaments, mauvaise hygiène bucco-dentaire. La glande est gonflée, chaude et douloureuse, et du pus peut sourdre de l’orifice du canal. Elle nécessite une consultation médicale rapide.
La sialadénite chronique
La forme chronique fait souvent suite à des poussées aiguës répétées, en particulier lorsqu’un calcul salivaire gêne l’écoulement de la salive ; c’est la lithiase salivaire, plus fréquente dans la glande sous-mandibulaire. Au fil du temps, le tissu glandulaire se fibrose, les acini sécrétoires s’atrophient et sont en partie remplacés par de la graisse.
Les sialadénites granulomateuses et auto-immunes
Certaines maladies générales peuvent toucher les glandes salivaires en formant des granulomes :
- la tuberculose ;
- la sarcoïdose ;
- l’actinomycose, qui peut donner des abcès qui se fistulisent à la peau ;
- plus rarement la syphilis.
Le syndrome de Gougerot-Sjögren, maladie auto-immune, provoque quant à lui une inflammation chronique des glandes salivaires et lacrymales, à l’origine d’une sécheresse de la bouche et des yeux.
Un gonflement d’une glande salivaire, surtout s’il est douloureux, accompagné de fièvre ou persistant, doit faire consulter un médecin ou un dentiste, qui en recherchera la cause.


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