Atteintes auditives de l’oreille interne:Surdité brusque

> > Atteintes auditives de l’oreille interne:Surdité brusque ; écrit le: 25 mars 2013 par imen

Cet intéressant phénomène n’est pas rare. Une étude récente estime qu’il y a 4 000 cas de surdité brusque par an aux États-Unis. Dans ma pratique per­sonnelle, j’ai vu 10 à 20 cas par an ces derniers temps. Le terme idiopathique est souvent utilisé dans ce cadre bien que des recherches en cours soutiennent différentes théories causales. On la rencontre souvent après des infections res­piratoires virales, et elle survient à n’importe quel âge bien que son incidence augmente considérablement dans la population plus âgée. Aucune prépon­dérance liée au sexe n’a été notée.

Beaucoup de cliniciens passent à côté de cette atteinte, la prenant pour un problème d’oreille moyenne. Typiquement, le patient se réveille avec une audition franchement diminuée dans une oreille. Si cela survient à l’état de veille, il peut y avoir un petit bruit de « claquement », suivi par un gronde­ment ou un bourdonnement avec une notable et brusque baisse de l’audi­tion. Il peut y avoir aussi, au début, déséquilibre ou vertige, mais ils sont habituellement transitoires ne durant qu’une heure ou moins. L’audition cependant reste significativement diminuée et accompagnée d’un acouphène persistant. Une notion différentielle importante dans l’histoire de l’atteinte : il n’y a pas d’autophonie parce que l’atteinte est cochléaire et pas transmissionnelle.

À l’examen le patient a une MT normale et les diapasons montrent une hypoacousie de perception substantielle, habituellement plus important^ sur les fréquences graves. Le Rinne doit être normal à 512 et le Weber se laté­ralisé du côté sain. Si le test de la fistule (voir Chapitre 5) est positif, alors il y a une fistule périlymphatique spontanée qui élimine l’étiologie idiopathique.

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Un audiogramme doit être fait et permettra de documenter l’hypoacousie de perception unilatérale. Une chute sur les aigus peut occasionnellement être rencontrée et s’associe à un pronostic plus sévère que celui des atteintes sur les fréquences graves et moyennes. L’évolution clinique est variable ; 35 à 50 p. 100 des patients gardent une hypoacousie définitive alors que les autres récupèrent spontanément. Certains facteurs influencent l’issue. L’âge avancé, une hypoacousie sévère et touchant surtout les aigus, un vertige persistant, le diabète et l’hypertension sont autant de facteurs qui aggravent le pronostic.

Les théories causales comprennent des maladies virales, vasculaires et auto- immunes. La maladie de Ménière (différente de la surdité brusque par son caractère récurrent) et la fistule périlymphatique spontanée (souvent baro- traumatique) doivent être éliminées. La plupart des investigateurs arrivent à la conclusion qu’il n’y a pas de cause unique bien que les indices les plus récents orientent vers une cause virale. On suppose qu’il y a perturbation de la microcirculation, d’origine virale, dans la cochlée avec spasme vasculaire et stagnation sanguine.

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De nombreux remèdes ont été utilisés dans ce type d’atteinte allant même jusqu’à l’oxygène hyperbare. Cependant, la corticothérapie associée ou non à d’autres médications a démontré sa capacité à améliorer l’évolution dans bon nombre d’études. Les patients qui se présentent pour traitement le plus tôt (dans les 10 premiers jours suivant le début des symptômes) ont une évo­lution bien plus favorable que ceux qui se présentent plus tard. Les recom­mandations thérapeutiques tirées d’articles récents de revue de la littérature incluent :

  • une corticothérapie orale dégressive sur au moins 10 jours ;
  • acyclovir 200 à 400 mg 5 fois par jour pendant 10 jours ;
  • des diurétiques légers tels que l’hydrochlorthiazide ;
  • des vasodilatateurs.

Résumé

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En l’absence de perspicacité clinique et d’évaluation de l’audition, la sur­dité brusque peut passer inaperçue. Elle est souvent prise pour un pro­blème tubotympanique ou un problème d’oreille moyenne. Si l’on connaît l’existence de cette pathologie, si l’on est à l’écoute du patient, si l’on recherche une mobilité de la MT et si l’on utilise les diapasons, on peut la déceler. Un audiogramme viendra la confirmer. Un diagnostic et un trai­tement précoce peuvent améliorer l’évolution. Le généraliste doit la recon­naître tôt et la traiter immédiatement avec des corticoïdes et des antiviraux. Un ORL suivra l’évolution.

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