Allergie alimentaire enfant

L’allergie alimentaire de l’enfant est une réaction excessive du système immunitaire à un aliment normalement inoffensif, le plus souvent à l’une de ses protéines. Elle peut être immédiate, en quelques minutes à deux heures après l’ingestion, ou retardée de plusieurs heures. Fréquente chez le jeune enfant, elle demande un diagnostic par un médecin, car ses formes vont de la simple gêne à l’urgence vitale.
Allergie ou intolérance ?
Il ne faut pas confondre allergie et intolérance. L’allergie met en jeu le système immunitaire, souvent par l’intermédiaire d’anticorps de type IgE ; une petite quantité d’aliment peut suffire à déclencher une réaction. L’intolérance, comme l’intolérance au lactose, relève d’un autre mécanisme, souvent digestif, et dépend davantage de la quantité consommée. Pour en savoir plus, voir Les intolérances alimentaires.
Les aliments le plus souvent en cause
Chez l’enfant, les allergènes les plus fréquents sont :
- le lait de vache, surtout chez le nourrisson ;
- l’œuf ;
- l’arachide (cacahuète) et les fruits à coque ;
- le poisson et les crustacés ;
- le blé, le soja et le sésame.
Dans l’Union européenne, quatorze allergènes majeurs doivent être signalés sur l’étiquette des aliments préemballés et pouvoir être indiqués pour les plats servis en restauration. Voir aussi Les agents allergisants.
Les signes d’alerte
Les manifestations sont variées :
- sur la peau : urticaire, rougeurs, gonflement des lèvres ou des paupières, poussée d’eczéma ;
- sur le plan digestif : vomissements, douleurs abdominales, diarrhée ;
- sur le plan respiratoire : toux, voix rauque, sifflements, gêne pour respirer.
La réaction la plus grave est l’anaphylaxie : atteinte rapide de plusieurs organes, difficulté respiratoire, malaise, chute de tension. C’est une urgence absolue : il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112, et utiliser le stylo d’adrénaline si le médecin en a prescrit un.
Le diagnostic
Le diagnostic repose sur l’interrogatoire, qui précise l’aliment suspecté, le délai et les symptômes, puis sur des examens prescrits par le médecin ou l’allergologue : tests cutanés, dosage d’anticorps dans le sang et parfois test de réintroduction de l’aliment, réalisé uniquement en milieu médical. Il est déconseillé de supprimer de soi-même de nombreux aliments du régime d’un enfant : cela expose à des carences sans bénéfice prouvé.
Vivre avec une allergie alimentaire
Le traitement principal consiste à éviter l’aliment en cause, en lisant attentivement les étiquettes. À l’école ou à la crèche, un projet d’accueil individualisé (PAI) organise les repas et la conduite à tenir en cas de réaction. L’évolution dépend de l’aliment : beaucoup d’enfants allergiques au lait ou à l’œuf acquièrent une tolérance en grandissant, alors que l’allergie à l’arachide persiste plus souvent. Un suivi régulier permet de réévaluer la situation.
Concernant la prévention, les recommandations actuelles ne conseillent plus de retarder l’introduction des aliments allergisants chez le nourrisson ; le calendrier de diversification se discute avec le pédiatre, en particulier dans les familles où les allergies sont fréquentes.


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