Audition et notion de base en audiométrie:Audiométrie vocale
L’audiométrie vocale est l’examen qui mesure la capacité d’une personne à entendre et à comprendre la parole, et non plus seulement à percevoir des sons purs. Elle complète l’audiométrie tonale, qui détermine les seuils d’audition fréquence par fréquence. Réalisée par un médecin ORL ou un audioprothésiste, elle renseigne sur la gêne réelle d’une personne dans la vie quotidienne.
Déroulement de l’examen
Le patient, installé en cabine insonorisée, porte un casque ou écoute par des haut-parleurs. On lui fait entendre des listes de mots à des intensités calibrées, exprimées en décibels, et il doit répéter chaque mot entendu. L’examinateur compte le pourcentage de mots correctement répétés pour chaque niveau sonore. En France, on utilise notamment des listes de mots de deux syllabes, comme celles de Fournier, et des listes de mots d’une syllabe, comme les listes cochléaires de Lafon, plus exigeantes car elles offrent moins d’indices pour deviner le mot.
Les résultats : seuils et courbe d’intelligibilité
Les résultats sont reportés sur un graphique, la courbe d’intelligibilité, qui relie le niveau sonore au pourcentage de mots compris. On en tire plusieurs repères :
- le seuil d’intelligibilité, niveau auquel la moitié des mots sont correctement répétés ;
- le maximum d’intelligibilité, meilleur score obtenu, qui atteint normalement 100 % ;
- la forme de la courbe, qui oriente vers le type de surdité.
Le seuil d’intelligibilité doit être cohérent avec la moyenne des seuils tonaux mesurés sur les fréquences de la conversation, autour de 500, 1 000 et 2 000 Hz. Un écart important entre les deux examens fait rechercher une erreur de mesure ou une cause particulière.
Ce que révèle l’audiométrie vocale
Dans une surdité de transmission, qui touche l’oreille externe ou moyenne, la courbe est décalée vers les intensités élevées mais garde sa forme : en parlant plus fort, la compréhension redevient complète. Dans une surdité de perception, qui touche l’oreille interne ou le nerf auditif, le maximum peut rester inférieur à 100 % : la parole est entendue mais déformée, et augmenter le volume ne suffit pas. Une perte sur les aigus, zone de nombreuses consonnes, réduit particulièrement l’intelligibilité. Une baisse de la compréhension aux fortes intensités peut évoquer une atteinte du nerf auditif et justifier des examens complémentaires.
Certaines atteintes ont des profils caractéristiques à l’audiogramme : la pente sur les aigus de la presbyacousie, l’encoche autour de 4 000 Hz du traumatisme sonore, la perte sur les graves, souvent fluctuante, de la maladie de Ménière.
À quoi sert-elle ?
L’audiométrie vocale aide au diagnostic et au suivi d’une surdité, et surtout à l’appareillage : elle permet de prévoir le bénéfice d’une aide auditive et de le vérifier une fois l’appareil réglé. Des variantes testent la compréhension dans le bruit, situation où les personnes malentendantes sont les plus gênées. En cas de baisse d’audition, un bilan chez un médecin ORL est la première étape.



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