la relation entre le pulsionnel et la compul­sion de répétition

> > la relation entre le pulsionnel et la compul­sion de répétition ; écrit le: 27 février 2014 par Hela modifié le 26 février 2015

La relation entre le pulsionnel et la compulsion de répétition

On revient alors à la question cruciale , celle de la relation entre le pulsionnel et la compulsion de répétition. La pulsion vise à la décharge, à la réduction, à la constance, à la suppression de la tension interne. La décharge de la pulsion vise l’homéostasie . Or nous avons constaté à quel point cela ne marche pas.

Des processus interfèrent qui conduisent au déplaisir, à la tension, à un au-delà du principe de plaisir, où entre en jeu une jouissance insupportable, qui envahit le sujet, le désorganise. Cette jouissance est en excès par rapport à tous les processus de régulation.

Dans cette perspective, le cerveau serait une sorte d’organe homéostatique, mais aussi une « machine à rater », qui rend impossible l’accomplissement de l’objectif, qui empê­che d’atteindre ce vers quoi tous nos processus physiolo­giques tendent.

Quelle est donc cette force qui s’origine dans le sujet et qui parasite tous les processus régulateurs à dispo­sition ? C’est la question sur laquelle bute Freud dans Au-delà du principe de plaisir. Faut-il y voir un maso­chisme originaire ou un sadisme retourné contre la per­sonne propre? D’où vient cette poussée de destruction et qu’en faire ?

On rejoint les interrogations de Freud sur la guerre et la désillusion qui lui est liée, où se démontre que le comportement des humains est déterminé par des motions pulsionnelles dont certaines peuvent conduire à la destruction, quand cède la tendance exercée pour les inhiber quant à leur but, que ce soit par le sujet lui-même, ses valeurs, ses idéaux, son surmoi, ou aussi par la civili­sation, la culture ou l’éducation.

Si jusque-là elles fonc­tionnaient masquées, combinées, dans des formations réactionnelles – où l’ egoïsme devient l’altruisme, où la cruauté devient la pitié , dans certaines situations extrê­mes, comme la guerre, elles peuvent réapparaître crû­ment, défaites de l’« ambivalence affective» par laquelle elles étaient jusque-là contenues.

Lorsque tout cela n’est plus lié, le dispositif pulsionnel « sur lequel repose notre aptitude à la civilisation », peut éclater, et les pulsions destructrices peuvent prendre le dessus, au-delà de tout ce que l’on aurait pu imaginer de personnes à l’apparence jusque-là plus ou moins civilisée.

Ce n’est pas seulement la psychanalyse qui conduit à ce constat, l’histoire de nos sociétés le révèle, à travers l’évidence de cruautés inimagi­nables qui peuvent s’y déclencher, comme l’explicite aussi à sa manière Milan Kundera : « La plupart des gens évo­luent dans un cercle idyllique entre leur foyer et leur tra­vail…

Ils vivent dans un territoire paisible par-delà le bien et le mal. Ils sont sincèrement épouvantés à la vue d’un homme qui assassine. Mais, en même temps, il suffit de les faire sortir de ce territoire tranquille et ils deviennent des assassins sans savoir comment. »

Pour tenter de saisir les sources de cette destructivité, Freud remaniera sa théorie des pulsions, en supposant l’existence d’une pulsion de mort, que tous ces phénomènes  extrêmes et si envahissants l’obligent à postuler.

La pul­sion de mort, à la base de la tendance à la destruction, est pour Freud retour à l’inanimé, une force néantisante, de retour à un état antérieur à la vie, vers une chute du vivant au-dessous du seuil de ce que Freud postulait un temps comme le principe de constance que la vie maintient.

Tournée vers soi, la pulsion de mort conduit à l’auto- destmction ; dirigée vers l’extérieur, elle se manifeste comme pulsion de destruction, à la base de cette destructivité ahurissante qui fait le propre de l’humain.

La pulsion de mort, retournée contre soi, serait-elle à la base de la compulsion de répétition, cette compulsion où le sujet se remet sans cesse – inconsciemment – dans les conditions de ce qui peut lui nuire, dans la perspective d’un déplaisir assuré, au-delà du principe de plaisir ? Quelle force peut nous fixer à une telle répétition délé­tère ? Qu’est-ce qui peut même nous en rendre dépendant, au point de ne pas cesser d’y revenir, de servir ce qui nous dessert, ce qui nous détruit ? Il y a là comme une dépen­dance.

Les sujets dépendants ne disent-ils pas qu’ils sont conscients des effets négatifs de leur addiction, mais que, malgré cela, ils éprouvent une poussée irrésistible à répé­ter un geste dont ils savent pourtant qu’il les conduira à un déplaisir subséquent de plus en plus fort.

La compul­sion de répétition peut en effet conduire à une sorte d’addiction sans substance ; elle peut prendre la forme d’une addiction à un scénario inconscient, propre au sujet, c’est-à-dire effectivement à une addiction à un scé­nario de déplaisir, un scénario fantasmatique inconscient, une drogue unique à chacun. À chacun son fantasme,même si la dépendance compulsive à ce fantasme emprunte des mécanismes universaux, propres à toute dépendance.

Le fantasme est une fabrication que le sujet construit petit à petit au gré de ses impasses face au réel : au réel de la mort comme irreprésentable, de même qu’au réel de l’origine, tout aussi irreprésentable.

D’où je viens ? Pourquoi maintenant, et pas à une autre époque ? Pour­quoi ici, et pas ailleurs ? Y a-t-il un sens à tout cela ? Pour­quoi suis-je au monde ? Quel est le rôle de la relation que j’entretiens avec ces personnes qui se définissent comme mes parents ? Comment intégrer l’arrivée d’un frère ou d’une sœur ? Comment maîtriser ce désir sexuel qui me surprend ? Voilà toute une série de questions auxquelles le petit d’homme doit répondre.

Parmi les réponses qu’il va apporter, certaines sont inconscientes et constituent son scénario fantasmatique personnel. De fait, chacun de nous se construit à partir de scénarios faits pour expliquer l’inexplicable. L’expérience clinique nous enseigne que ces scénarios peuvent nous encombrer dans notre relation à la réalité, devenant de plus en plus coûteux : un scénario fantasmatique peut pousser à répéter les mêmes impasses, sans le savoir, de manière inconsciente, à l’insu de notre plein gré !

Un enfant dans la détresse peut trouver une solution en localisant la cause de son désarroi dans une menace extérieure, quelque chose qui lui fait peur, un monde qui l’effraie, un animal dont il devient craintif, toutes sortes de dispositions qui lui permettent de pacifier cette crainte, cette angoisse diffuse.

Par la suite, il peut se prendre au extrêmes et si envahissants l’obligent à postuler. La pul­sion de mort, à la base de la tendance à la destruction, est pour Freud retour à l’inanimé, une force néantisante, de retour à un état antérieur à la vie, vers une chute du vivant au-dessous du seuil de ce que Freud postulait un temps comme le principe de constance que la vie maintient.

Tournée vers soi, la pulsion de mort conduit à l’auto- destmction  dirigée vers l’extérieur, elle se manifeste comme pulsion de destruction, à la base de cette destructivité ahurissante qui fait le propre de l’humain.

La pulsion de mort, retournée contre soi, serait-elle à la base de la compulsion de répétition, cette compulsion où le sujet se remet sans cesse – inconsciemment – dans les conditions de ce qui peut lui nuire, dans la perspective d’un déplaisir assuré, au-delà du principe de plaisir ? Quelle force peut nous fixer à une telle répétition délé­tère ? Qu’est-ce qui peut même nous en rendre dépendant, au point de ne pas cesser d’y revenir, de servir ce qui nous dessert, ce qui nous détruit ? Il y a là comme une dépen­dance.

Les sujets dépendants ne disent-ils pas qu’ils sont conscients des effets négatifs de leur addiction, mais que, malgré cela, ils éprouvent une poussée irrésistible à répé­ter un geste dont ils savent pourtant qu’il les conduira à un déplaisir subséquent de plus en plus fort. La compul­sion de répétition peut en effet conduire à une sorte d’addiction sans substance .

elle peut prendre la forme d’une addiction à un scénario inconscient, propre au sujet, c’est-à-dire effectivement à une addiction à un scé­nario de déplaisir, un scénario fantasmatique inconscient, une drogue unique à chacun. À chacun son fantasme,même si la dépendance compulsive à ce fantasme emprunte des mécanismes universaux, propres à toute dépendance.

Le fantasme est une fabrication que le sujet construit petit à petit au gré de ses impasses face au réel : au réel de la mort comme irreprésentable, de même qu’au réel de l’origine, tout aussi irreprésentable. D’où je viens ? Pourquoi maintenant, et pas à une autre époque ? Pour­quoi ici, et pas ailleurs ? Y a-t-il un sens à tout cela ? Pour­quoi suis-je au monde ? Quel est le rôle de la relation que j’entretiens avec ces personnes qui se définissent comme mes parents ? Comment intégrer l’arrivée d’un frère ou d’une sœur ? Comment maîtriser ce désir sexuel qui me surprend ? Voilà toute une série de questions auxquelles le petit d’homme doit répondre.

Parmi les réponses qu’il va apporter, certaines sont inconscientes et constituent son scénario fantasmatique personnel. De fait, chacun de nous se construit à partir de scénarios faits pour expliquer l’inexplicable. L’expérience clinique nous enseigne que ces scénarios peuvent nous encombrer dans notre relation à la réalité, devenant de plus en plus coûteux : un scénario fantasmatique peut pousser à répéter les mêmes impasses, sans le savoir, de manière inconsciente, à l’insu de notre plein gré !

Un enfant dans la détresse peut trouver une solution en localisant la cause de son désarroi dans une menace extérieure, quelque chose qui lui fait peur, un monde qui l’effraie, un animal dont il devient craintif, toutes sortes de dispositions qui lui permettent de pacifier cette crainte, cette angoisse diffuse. Par la suite, il peut se prendre au

piège de ce scénario et identifier tout autre comme méchant, menaçant, lui voulant du mal. Ce faisant, il se piège dans sa solution. Cela est une caractéristique de la phobie qui procède comme un rempart contre l’angoisse, mais peut devenir une source permanente d’angoisse, de malaise, limitant la liberté du sujet qui va, petit à petit, s’organiser autour de son symptôme phobique. L’objet phobique vient boucher le trou de l’angoisse.

Il apaise l’angoisse tout en pouvant la déclencher. La phobie, comme tout symptôme, est le produit d’un conflit psychique entre une motion pulsionnelle et une série de défenses que le sujet construit. Elle piège le sujet dans sa solution.

La compulsion de répétition, elle, est plus insidieuse que le symptôme. Elle est plus énigmatique, puisqu’elle met en jeu tous les mécanismes de plaisir pour produire du déplaisir. Le fantasme peut promouvoir une répétition, mais la compulsion de répétition qui est liée au paradoxe plaisir/déplaisir est d’un autre ordre.

Un sujet invente des fictions pour traiter le réel hors sens ,celles-ci ont peut- être fonctionné à une époque précoce de la vie, en tout cas elles ont donné l’impression de fonctionner. Le petit enfant, en identifiant ses angoisses à un dragon ou à un monstre sous son lit, les met de côté, il les tamponne, les neutralise et, finalement, trouve un certain apaisement.

Néanmoins, au fur et à mesure qu’il se développe, au fur et à mesure que la vie se complexifie, ses fictions qui le servaient peuvent devenir inopérantes. Difficile de penser que l’on résout l’angoisse liée à un conflit professionnel en identifiant son chef à un dragon : cela ne marche plus nécessairement ! Ainsi, ce qui a pu créer du plaisir à un moment, créerait-il du déplaisir plus tard.

Piégé dans ses  instructions, il va alors trouver une satisfaction dans ses impasses, jouir de son symptôme, aimer ses impossibilités plus que lui-même, en reproduisant compulsivement pourtant, le dessert.

Vidéo:La relation entre le pulsionnel et la compulsion de répétition

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur: La relation entre le pulsionnel et la compulsion de répétition

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