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Les accidents

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Les accidents

 Se couper un doigt avec un couteau à viande

Les bons gestes

Les-accidents

Passez rapidement votre doigt sous le robinet d’eau de façon à éliminer les souillures, puis comprimez la plaie doucement avec une compresse stérile (ou à défaut, un torchon propre) pour arrêter le saignement. Évitez le coton qui colle à la peau avec le sang séché. Attendez quelques minutes : la coagulation se fait spontané¬ment en moins de trois minutes.

Attelez-vous ensuite à la désinfection : nettoyez doucement la plaie à l’eau et au savon, en partant du centre vers la périphérie. Utilisez un désinfectant habituel (type Hexomédine). Assurez-vous qu’aucun organe profond n’a été touché, que vous pouvez plier votre doigt et que la sensibilité de l’extrémité du doigt est normale. Si la plaie est profonde ou large, il faut rapidement se rendre dans un service « S.O.S. mains » désigné en téléphonant au 15. Un chirurgien réalisera la suture des vaisseaux, des filets nerveux et des tendons et sauvegardera ainsi la fonction du doigt.

Si la plaie est assez superficielle, et ses bords nets, recouvrez-la d’un pansement autocollant pour suture cutanée (type Stéri-Strip) ; sinon, contentez-vous de poser un pansement de façon à éviter la poursuite ou la reprise du saignement. Au terme de 48 heures, retirez le pansement et laissez la plaie cicatriser à l’air libre.

Si vous constatez quelques jours plus tard que votre coupure suppure et enfle, consultez un médecin. Une plaie en voie de cicatrisation est toujours sèche, propre et non douloureuse.

S’ébouillanter avec une casserole d’eau bouillante

S’ébouillanter fait partie des brûlures les plus courantes. 11 s’agit souvent de brûlures du deuxième degré ou de brûlures intermédiaires avec formation de petites cloques remplies de liquides.

Les bons gestes

Aspergez immédiatement la zone brûlée sous l’eau fraîche pendant 10 à 15 minutes jusqu’à ce que la douleur disparaisse. Si le liquide s’est renversé sur un vêtement, refroidissez la zone brûlée à travers, car s’il colle à la peau, vous risquez d’arracher la peau en voulant l’ôter.

Si la plaie est peu étendue, désinfectez la plaie en utilisant de l’eau savonneuse ou un désinfectant (type Septavon) et recouvrez la brûlure avec du tulle gras ou une compresse de gaze stérile. Consultez rapidement un médecin.

Si la brûlure est étendue, c’est-à-dire supérieure à la surface de la paume de la main, ou se situe sur la main, le pied ou sur une articulation, recouvrez la brûlure avec une compresse stérile ou un linge propre et alertez un centre de traitement des brûlés ou le SAMU.

L’arête de poisson avalée (ou l’esquille d’os de lapin)

C’est l’accident bête par excellence. Il est souvent bénin mais nécessite toujours une consultation pour extraire l’intrus. L’urgence dépend de la localisation du corps étranger.

Le plus souvent, l’arête reste bloquée dans la partie haute de la gorge, dans les amygdales par exemple. C’est gênant et douloureux, mais il n’existe pas de danger immédiat. Il faut se rendre dans une unité O.R.L. pour une extraction.
L’arête peut aussi être coincée dans la partie basse de la gorge. Dans ce cas, la personne a du mal à avaler, parfois à respirer, et salive énormément. Asseyez-la, le plus confortablement possible, et conduisez-la dans une unité O.R.L. pour extraire l’arête.

Les esquilles d’os de lapin peuvent blesser la gorge ou se bloquer à l’entrée de l’œsophage (conduit étroit situé entre la gorge et l’estomac). La victime est incapable d’avaler quoi que soit, salive et éprouve une douleur intense au niveau du bas de la gorge. Le risque est alors que l’esquille perfore l’œsophage. Le blessé doit être examiné dans une unité O.R.L. pour effectuer une laryngoscopie permettant de repérer et d’extraire le corps étranger.

 Le bouchon de champagne dans l’œil

C’est le cas classique : un joyeux convive secoue la bouteille, fait mine d’envoyer le bouchon en direction d’un convive, et, de fait, ce dernier le reçoit dans l’œil. Cela peut se solder par un œil au beurre noir (voir page 58), mais, hélas, c’est souvent la cornée qui est lésée. L’œil est rouge, larmoyant et ne peut pas rester ouvert.

Les bons gestes

L’application d’une compresse froide permet d’atténuer la douleur et l’inflammation, mais cela reste insuffisant : il faut rapidement consulter un ophtalmologiste, en particulier si la vision est altérée et que des éclairs de lumière blancs parasitent la vision, indiquant un décollement de rétine (membrane tapissant l’intérieur de l’œil).

Avaler de travers (« la fausse route alimentaire »)

Alors qu’une gorgée d’eau « avalée de travers » ne prête pas à conséquence, les morceaux d’aliments empruntant une « fausse route » peuvent menacer la vie de la personne qui en est victime.

Cela se déroule la plupart du temps à table. Sous l’effet d’un éclat de rire, un convive se met brusquement à étouffer ; il porte les mains à son cou, tente en vain de parler, a les pupilles qui se dilatent et le visage violacé, il est en train de s’asphyxier. Un gros fragment d’aliment s’est trompé de voie, au lieu de se diriger vers le tube digestif, il s’est bloqué dans les voies respiratoires.

Les bons gestes

Sans céder à la panique, il faut d’urgence désobstruer les voies respiratoires en pratiquant la manœuvre d’Heimlich (voir page 25). Le corps étranger sera alors violemment expulsé par la bouche.

Si la personne est déjà inconsciente, allongez-la sur le dos et placez-vous à califourchon sur ses cuisses ; posez une main à plat, au-dessus de son nombril, et superposez votre autre main. Appuyez alors brusquement vers le haut, puis lâchez la pression.

Si l’aliment n’est pas expulsé par la bouche, recommencez la manœuvre.

 Se brûler la bouche et la gorge en buvant son café

Depuis la généralisation des fours à micro-ondes, ce type de brûlure connaît une progression exponentielle. Vous faites réchauffer votre café au micro-onde, et alors que le bol est à peine chaud, son contenu est brûlant, et la douleur qui s’ensuit, cuisante.

Les bons gestes

Si vous n’avez avalé qu’une petite gorgée que vous avez immédiatement recraché, contentez-vous de faire des bains de bouche à l’eau froide pendant 5 minutes, jusqu’à disparition de la douleur, et mangez froid pendant 24 heures ; évitez les aliments irritants (vinaigrette, épices, citron). Consultez toujours un O.R.L.

Si votre gorge est très douloureuse, buvez immédiatement plu-sieurs gorgées d’eau froide pour diminuer la douleur et l’inflammation des tissus de la gorge. Contactez le SAMU, car le gonfle-ment de la gorge peut empêcher l’air de passer et rendre difficile la respiration. En attendant les secours, essayez de garder votre calme, ne paniquez pas, car cela aggraverait votre état.

Bébé est tombé de sa table à langer

Le temps de trouver ses vitamines dans l’armoire à pharmacie, et votre bébé s’est retourné et est tombé tête la première sur le carrelage de la salle de bains.

Les bons gestes

Si l’enfant a perdu connaissance, même brièvement, il devra être conduit d’urgence à l’hôpital afin de dépister une éventuelle fracture ou une autre lésion cérébrale. Neuf fois sur 10, vous reviendrez à la maison avec lui, munie d’un document remis par le médecin où seront consignés les points sur lesquels axer votre surveillance et qui vous auront été expliqués.

A cet âge, le risque d’une hémorragie intracrânienne (hématome) est rare, mais il peut y avoir une contusion du cerveau (destruction de quelques neurones avec inflammation et rupture de minuscules vaisseaux) avec ou sans fracture.

Si l’enfant a pleuré, crié, mais n’a pas perdu connaissance, et semble se remettre doucement de son choc, vous pouvez joindre son pédiatre qui pourra juger utile de l’examiner, mais le plus important après une chute sur le crâne est de se montrer particulièrement vigilant pour dépister à temps une complication. La plupart des complications surviennent en effet dans les 48 heures qui suivent l’accident. Il faut se méfier des accès de pâleur, des changements brusques de l’humeur (agitation, somnolence ou apathie soudaine), de l’apparition de troubles visuels (strabisme) ou de vomissements. La première nuit, une surveillance accrue est recommandée, et il ne faut pas hésiter à réveiller l’enfant régulière¬ment pour s’assurer qu’il est conscient. Si une hémorragie intracrânienne se déclarait, l’enfant pourrait passer du sommeil au coma sans que les parents s’en aperçoivent. En présence d’une quelconque anomalie de l’état de conscience ou du comportement, appelez le SAMU ou bien, s’il n’y a pas de risque vital, conduisez rapide¬ment l’enfant à l’hôpital où un bilan sera fait (radio, scanner) et une surveillance effectuée.

L’enfant a avalé une plaquette de tranquillisants

Les médicaments les plus fréquemment impliqués dans les intoxications d’enfants sont ceux qui sont les plus consommés par l’adulte. Les tranquillisants (type Temesta) sont ainsi responsables d’un tiers des intoxications médicamenteuses. Leur présentation en pilulier comprenant des microcomprimés de couleur est tentante pour les enfants et ces comprimés sont facilement ingérables en grande quantité. L’intoxication se manifeste dans les premiers temps par des troubles comportementaux : agitation, démarche proche de celle de l’ivresse, chutes répétées, faiblesse musculaire des membres inférieurs ; par la suite, apparaissent des troubles de la conscience avec somnolence et difficultés respiratoires.

Les bons gestes

Mettez l’enfant en position latérale de sécurité et appelez le 15 ou le centre antipoison régional (voir page 181) en indiquant si possible le nombre de comprimés et l’heure probable à laquelle l’enfant les a avalés, l’heure de son dernier repas, le poids de l’enfant et l’état dans lequel se trouve l’enfant. L’interlocuteur vous indiquera la marche à suivre en attendant l’évacuation du malade vers l’hôpital. La plupart de ces intoxications ne sont pas mortelles, excepté lorsque le malade est découvert tardivement et qu’il souffre de troubles respiratoires importants avec coma.

La conserve-maison pas fraîche

Lorsque toute la famille se retrouve la nuit dans le couloir pour cause de nausées, l’intoxication alimentaire n’est pas loin. Les conserves qui n’ont pas été préparées dans les règles, tout comme les plats mal congelés ou les restes de nourriture conservés trop long¬temps au réfrigérateur, provoquent des intoxications dues au développement de bactéries (staphylocoques) dans les aliments. Ses manifestations sont celles d’une gastro-entérite : diarrhées, vomissements, maux de ventre.

Les bons gestes

La plupart du temps, ces troubles sont sans conséquences et guérissent spontanément en deux ou trois jours avec une diète. La mise au repos de votre tube digestif est en effet le premier traitement, puis il faut boire abondamment pour compenser la perte d’eau des diarrhées et des vomissements, mais évitez les boissons acides tels que le jus d’orange, ainsi que le thé ou le café qui augmentent les spasmes digestifs. Eau, tisane, bouillon, Coca-Cola, eau de Vichy ou eau au bicarbonate de soude sont plus indiqués. Dès que vous vous sentirez mieux, faites un repas, mais adapté à vos maux. Par exemple : riz à l’eau, jambon blanc et yaourt nature qui combattent la diarrhée. Vous pouvez également prendre des antispasmodiques (type Spasfon®) ou des anti-infectieux intesti-naux (type Intétrix).

Si diarrhées, vomissements, maux de ventre s’accompagnent de forte fièvre, de vision floue, de bouche sèche et de difficultés respiratoire ou à avaler, vous pouvez être victime de botulisme. Cette maladie rare, mais grave, est due à une toxine qui se développe dans des conserves artisanales mal cuites. Elle entraîne une paralysie musculaire progressive et d’autres troubles du système nerveux et nécessite l’hospitalisation immédiate.

Le stylo enfoncé dans le palais en tombant

Votre enfant court un stylo bille à la bouche, et en chutant s’enfonce la pointe dans le palais. Bien que bénin, cet accident est parfois impressionnant. Le saignement est souvent assez important.

Les bons gestes

Asseyez l’enfant et demandez-lui de recracher le sang contenu dans sa bouche (du sang avalé peut provoquer des vomissements). Comptez environ 10 minutes pour que le sang parvienne à coaguler. Consultez un O.R.L., car ces blessures peuvent s’infecter.

L’écharde enfoncée dans le doigt

Dans l’élan du grand nettoyage de printemps, vous sciez du bois pour confectionner des étagères et vous vous enfoncez une écharde dans le doigt.

Les bons gestes

Nettoyez à l’eau courante et au savon la zone atteinte pour enlever les éventuelles souillures (terre, poussière) et installez-vous confortablement avec un bon éclairage.

Si l’écharde dépasse de la peau, utilisez une pince à épiler stérilisée à la flamme en veillant à ne pas casser l’écharde. Désinfectez la plaie et posez un pansement pour éviter les infections. Normale¬ment, la cicatrisation est très rapide. Dans les jours qui suivent, toute rougeur ou douleur apparaissant au niveau de la plaie doit éveiller l’attention. C’est sans doute le signe qu’un petit morceau resté au fond de la plaie est en train de déclencher une infection.

Consultez un médecin.

Si l’écharde résiste ou se casse, ne vous acharnez pas : contentez-vous de bien désinfecter la petite plaie (avec un désinfectant type Hexomédine®), posez un pansement et consultez sans tarder un médecin.

Votre enfant a avalé de l’eau de Javel

L’eau de Javel est le premier produit ménager absorbé accidentellement par les jeunes enfants. Age de tous les risques ? Les 12- 30 mois, et ce sont les garçons qui sont le plus souvent intoxiqués. La majorité des intoxications par l’eau de Javel ne sont pas dangereuses, car il s’agit le plus souvent d’eau de Javel diluée à 12° chlorométriques simplement irritante pour les intestins. Il est conseillé de contacter le SAMU ou le centre antipoison régional (voir page 181) en vous munissant du flacon de façon à renseigner

 

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