Le traitement du cancer de la thyroïde

Le traitement du cancer de la thyroïde

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Le traitement du cancer de la thyroïde 150x150 Le traitement du cancer de la thyroïdeSi l’on compte plusieurs formes différentes de cancer de la thyroïde, tous ont en commun la croissance anormale des cellules qui détruisent les tissus sains. Ces cellules se mettent à croître de façon désordonnée et à se diviser rapidement. Il se forme ainsi du tissu excédentaire qui commence à former une tumeur. Lorsqu’elles sont cancéreuses, les tumeurs peu¬vent envahir les organes sains qui se trouvent proches ou vont, par le sang et le système lymphatique, se diffuser dans l’organisme et former de nouvelles tumeurs que l’on appelle les métastases.
Lorsque la biopsie confirme le diagnostic de cancer, il est nécessaire d’effectuer ensuite des examens complémentaires pour évaluer l’étendue de la maladie et de choisir ainsi le meilleur traitement.
On pratique généralement comme examens complémen¬taires :

  • une échographie abdomino-pelvienne qui va permettre de rechercher des métastases au niveau du foie.
  • une radiographie pulmonaire afin de déceler des méta¬stases au niveau des poumons.
  • un scanner de la région du cou afin de rechercher d’éventuels ganglions et de détecter une extension du cancer à ce niveau.
  • une scintigraphie osseuse pour rechercher la présence de métastases au niveau osseux (pour cet examen on injecte au patient une substance radioactive dans le sang qui va se fixer sur le squelette et détecter les zones anormales).

La chirurgie est le principal traitement du cancer de la thy­roïde. Lors de l’opération, on enlève la totalité de la glande. Pendant opération, le chirurgien fait analyser les ganglions lym­phatiques afin de déceler des foyers cancéreux. Les ganglions sont, en effet, les premiers sites d’extension de la maladie.

Comment se déroule l’opération ?

Le patient est généralement admis à l’hôpital vingt-quatre heures avant son opération après avoir subi les examens pré­opératoires indispensables à tout acte chirurgical (électrocar­diogramme, radiographie pulmonaire, tests de fonction thy­roïdienne). Lors de l’opération, le chirurgien pratique une incision dans la partie centrale inférieure du cou. Il sépare ensuite les muscles du cou et enlève toute la glande thyroïde. Il doit ensuite rechercher une extension possible de la tumeur aux ganglions lymphatiques du cou. Si ces derniers sont atteints, il les enlèvera. Dans ce cas, il se peut que l’incision de thyroïdectomie soit agrandie le long du cou. Une fois l’opération terminée, le chirurgien suture la plaie. Les fils peuvent être enlevés dès le cinquième jour après l’opération. En règle générale, le patient rentre chez lui quelques jours après l’acte chirurgical.

Après l’ablation totale de la glande thyroïde, on effectue un traitement à l’iode radioactif – appelé également radiothéra­pie métabolique – qui permet de détruire le tissu thyroïdien restant. Ce traitement est effectué un mois après l’opération, laps de temps pendant lequel le patient ne doit prendre aucun traitement hormonal thyroïdien. L’hospitalisation est, pour ce traitement, de trois à cinq jours. Bien supporté, il n’y a pas de conséquence génétique ou cancérigène.

Contrairement à la chirurgie ou à la radiothérapie qui contrô­lent localement la tumeur, le traitement par iode radioactif intéresse l’ensemble de l’organisme. Ce traitement est souvent préconisé chez les patients atteints de cancers différenciés.

À la suite de ce traitement, un traitement par hormones thy­roïdiennes qui permet de compenser l’absence de la thyroïde et de maintenir le taux de TSH doit être suivi à vie.

Dans les cas rares des cancers indifférenciés et des médul­laires, en complément de la chirurgie, une radiothérapie peut être prescrite. Cette technique utilise des radiations à haute énergie qui vont détruire les cellules malignes et empêcher leur développement dans l’organisme. La radiothérapie est un traitement local qui peut être associée à d’autres traite­ments.

L’hormonothérapie délivre les hormones nécessaires à l’or­ganisme. En cas de cancer différencié, les cellules cancé­reuses sont stimulées par la TSH dont le rôle est de provoquer la sécrétion des hormones thyroïdiennes. La production de la TSH dépend du taux de thyroxine circulante : lorsque le taux est bas, la TSH augmente, lorsque le taux est élevé la TSH diminue. Le traitement sera donc adapté pour obtenir une TSH basse et éviter la stimulation des éventuelles cellules cancéreuses restantes.

La chimiothérapie est un traitement complémentaire dont la diffusion se propage dans tout l’organisme. Souvent utili­sée en complément d’un traitement local, elle n’est utilisée que pour soigner les rares cancers indifférenciés (anapla- siques) ou médullaires mais pas dans les cancers différenciés.

Les effets secondaires des traitements:

Complications chirurgicales : après l’opération, le patient peut éprouver à l’endroit de l’incision une petite enflure. Il peut avoir mal à la gorge et des difficultés à avaler ainsi qu’un inconfort au niveau de la nuque. Parfois, peuvent survenir, un dérèglement dans la production de la voix, une paralysie d’une corde vocale ou une hypoparathyroïdie. Ces troubles sont tous trois le plus souvent réversibles et disparaissent en quelques semaines. Il arrive que du liquide s’accumule sous l’incision. La plupart du temps, il suffit de pratiquer une ponc­tion à l’aide d’une seringue. Il est rare qu’un geste chirurgical soit à nouveau nécessaire. S’il se produit d’autres complica­tions, ce sont celles qui sont inhérentes à tout acte chirurgical (cicatrisation, infection…). On remarque cependant que chez certaines personnes, notamment les adolescents ou les per­sonnes de couleur, il peut se former, au niveau de la cicatrice, des chéloïdes (cicatrices disgracieuses qui s’élargissent pro­gressivement et qui font saillie). On traite généralement ces lésions par des injections de cortisone.

Parfois après une ablation de la glande thyroïde, le niveau de calcium baisse par atteinte des parathyroïdes. Pour pallier à cet effet secondaire, le médecin doit prescrire, au patient, un supplément de calcium et de vitamine D. Ce traitement, si la baisse du calcium persiste, à distance de la chirurgie, doit être pris en permanence.

  • Complications dues à la prise d’iode radioactif : bien sup­porté, ce traitement n’entraîne, en général, pas d’effets secon­daires.
  • Complications dues à la radiothérapie : lors d’une radio­thérapie quelques effets secondaires peuvent survenir comme une difficulté à déglutir, une rougeur cutanée ou une modification de la voix. Ces effets secondaires sont tous réversibles.
  • Complications dues à la chimiothérapie : la chimiothéra­pie entraîne souvent des effets secondaires comme une fatigue, des nausées, des vomissements, une faiblesse de l’or­ganisme qui résiste moins aux infections, une perte d’appétit, des vomissements, des stomatites, une chute des cheveux et une inflammation de la muqueuse buccale. Comme pour la radiothérapie, ces effets secondaires cessent lors de l’arrêt du traitement.

Quel est le suivi du traitement ?

Lors d’un cancer de la thyroïde, après avoir subi un ou plu­sieurs des traitements cités ci-dessus, le patient devra être suivi étroitement par le spécialiste et son médecin traitant afin de s’assurer qu’il n’y a aucune récidive.

Ces examens consistent :

  •  pour les cancers anaplasiques ou différenciés en un exa­men clinique, une radiographie du thorax, une scintigraphie à l’iode 131 et un dosage de la thyroglobuline.
  •  pour les cancers médullaires, la surveillance se fait par un dosage de la calcitonine dans le sang.

Une fois le traitement terminé, le patient peut reprendre une vie normale et garder à l’esprit quelques règles d’hy­giène :

  • manger raisonnablement et sainement
  • avoir une activité physique régulière
  • savoir gérer son stress
  • se relaxer

Quels sont les risques de récidive ?

Il arrive parfois que le cancer récidive dans la région de la thyroïde ou forme des métastases. C’est pourquoi il faut être extrêmement vigilant et ne jamais oublier les visites de rou­tine. La maladie peut récidiver de nombreuses années après le traitement. Des études ont montré que certaines tumeurs pouvaient réapparaître dans les quarante ans qui suivent le traitement initial à hauteur de 35 % chez les patients ayant développé un cancer différencié. Pour les cancers différen­ciés dans 20 % des cas, le cancer récidive après dix ans, le plus souvent localement (ganglion).

Comment se passe la réinsertion du patient ?

Pendant ou après le traitement, le patient peut se faire aider par une assistante sociale qui l’aidera à résoudre certains problèmes liés à son hospitalisation ou à son traitement. Ce suivi facilite la reprise d’une vie normale. Si l’organisation professionnelle le permet, si le malade peut adapter ses horaires en fonction de son traitement, il est souhaitable, pour son équilibre psychologique, qu’il réintègre son emploi progressivement. La loi permet d’ailleurs, dans ce cas, des aménagements du temps de travail.

Vivre avec la maladie:

Savoir que l’on est atteint d’un cancer est une épreuve trau­matisante qui provoque chez les patients des perturbations psychologiques. En apprenant la nature du mal dont il est atteint, le patient passe par toutes sortes d’émotions. Parfois contradictoires, ces émotions éprouvées sont la peur de la maladie, la peur de la mort, la peur du traitement, l’anxiété, le découragement, mais également la rage de vivre, l’opti­misme. le courage. Aux phases d’envie de gagner et de gué­rir peuvent succéder ces phases d’abattement au cours des­quelles le patient n’a plus envie de lutter et se dit “à quoi bon”. Toutes ces réactions sont normales par rapport au choc éprouvé lors de l’annonce d’une maladie qui, aujourd’hui encore, peut être mortelle.

Si les patients sont bien entourés par leur famille ou des amis, ils affronteront plus facilement la maladie. Ils ne doivent pas non plus hésiter à demander conseil à leur médecin ou leur chirurgien qui saura répondre à toutes leurs ques­tions.

Les principales questions que se posent les malades sont :

  • À quel stade est la maladie ?
  • Quelles sont mes chances de guérison ?
  • Combien de temps va durer le traitement ?
  • Quels sont les risques de ce traitement ?
  • Quels sont les effets secondaires ?
  • Vais-je pouvoir continuer à mener une vie normale ?

Si le patient est bien informé sur sa maladie et les traite­ments, sa guérison sera plus facile et son état psychique sera meilleur.

Le rôle de la famille ou des amis est extrêmement important car c’est auprès d’eux que le malade va puiser la force de se battre et de se soigner. L’entourage doit se montrer présent, patient et à l’écoute du malade.

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